Le Centrafrique en deuil : décès tragique de Maître Nganatoua Wanfiyo Goungaye

Publié le par L'Indépendant - Juliette Abandokwe

Maître Nganatoua Wanfio Goungaye a été tué dimanche matin 28 décembre 2008 tragiquement dans un accident de la circulation à Damara, à 75 km de Bangui. Joseph Bendounga, alors qu’il était dans son champ, a appris la nouvelle par radio gendarmerie, et s’est rendu à la morgue de l’hôpital communautaire de Bangui où il a reconnu le corps.

Monsieur Sony Léonard est en train de prendre des dispositions pour qu’une équipe se rende sur les lieux de l’accident accompagné par des gendarmes pour le constat d’accident et pour investiguer les circonstances de l’accident.

Bangui est choqué. « C’est une véritable catastrophe nationale » disent ceux qui sont au courant. Car malgré que sa mort n’est pas encore élucidée à l’heure qu’il est, nul ne doute un seul instant qu’il ne s’agisse d’un assassinat.

Président de la Ligue centrafricaine des droits de l’homme, avocat, et initiateur du Manifeste pour un Dialogue Politique véritablement Inclusif, il était le seul véritable représentant de la société civile centrafricaine.

Interpellé de manière très agressive en septembre dernier, il avait été libéré le même jour par les autorités, faute de motif d’inculpation.

Selon l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), des informations avait été reçues le 17 juin 2008, que M. Goungaye Wanfiyo avait été abordé dans la rue par un inconnu, qui l’avais informé que « quelque chose se tramait » contre lui et qu’il devait faire très attention à ce qu’il ne lui arrive pas la même chose qu’à Me Nicolas Tiangaye, ancien président de la LCDH, et Me Bandassa, faisant référence à l’attaque du domicile du premier par des hommes armés en janvier 2006 et à l’assassinat du second, le 12 juin 2006.

L’inconnu lui avait également précisé que, lors d’une réunion qui se serait tenue au début du mois de juin 2008 en présence de membres des forces armées, il aurait été dit que Me Goungaye Wanfiyo « a fait délivrer un mandat d’arrêt - contre le Président Bozizé pour faire procéder à son arrestation par la Cour pénale internationale ». Certains des participants auraient alors demandé aux militaires d’agir en conséquence.

Ces menaces sont en lien avec l’arrestation, le 25 mai dernier, de M. Jean-Pierre Bemba Gombo, ancien Vice-président de la République démocratique du Congo et président du Mouvement pour la libération du Congo (MLC), sur mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI), ainsi qu’avec les activités menées par M. Goungaye Wanfiyo en tant que président de la LCDH et pour son action auprès de la CPI, en faveur des victimes.

La mort de Goungaye Wanfiyo signe la mort du caractère inclusif du Dialogue Politique tant appréhendé par Bozizé et sa clique. Le peuple centrafricain est en deuil, car aujourd’hui c’est un homme d’une valeur inestimable qui a été arraché au Centrafrique.

Paix à son âme.

Publié dans DROITS DE L'HOMME

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