République centrafricaine - USA : Une ancienne enseignante amène l’espoir en République centrafricaine

Publié le par Us Departement of State

BANGUI, République Centrafricaine, December 25, 2008/African Press Organization (APO)/ — Micheline Mbathas, aujourd’hui retraitée, a consacré vingt années de sa vie à enseigner le français en République centrafricaine. Veuve et mère de onze enfants, elle a décidé de construire une école.

Dans un pays où 67 % de la population dispose de moins de 1 dollar par jour, Mme Mbathas est d’avis que les enfants ont besoin d’acquérir les connaissances qui leur permettront de sortir de l’agriculture de subsistance qui, selon l’ONU, est le seul moyen de survie de 80 % de la population.



Ces derniers mois, la République centrafricaine a fait l’objet d’efforts intensifs de la part de l’ONU en vue de stopper la violence aveugle perpétrée par des groupes de rebelles et des bandits qui ont détruit des exploitations agricoles et plongé des milliers de personnes dans la misère. Mme Mbathas est convaincue que ces problèmes ne cesseront que lorsque les gens seront instruits, prendront soin d’eux-mêmes et bâtiront une société fonctionnelle qui ne perpétue pas la violence.


En novembre 2008, l’ONU a estimé à 197.000 le nombre de personnes déplacées, surtout dans le nord du pays, par les attaques perpétrées contre les villages, et à près de 50.000 le nombre de celles qui vivent dans la forêt. En outre, plus de 100.000 réfugiés de la République centrafricaine se sont installés dans des camps au Cameroun, au Tchad et au Soudan.


Le 8 décembre, l’ONU a lancé une série de pourparlers entre quelque 35 factions représentant des groupes rebelles, l’opposition politique et l’ancien président du pays, M. Ange-Félix Patassé. Ce dialogue politique inclusif, qui a pris fin le 20 décembre, était censé sortir le pays d’un cercle vicieux de coups d’État, de rébellions et de banditisme, qui a placé ses 4,3 millions d’habitants parmi les peuples les plus pauvres de la planète.


Pierre par pierre


Mme Mbathas est venue aux États-Unis en 2004 afin de participer à une conférence de l’ONU et a obtenu l’asile politique. Même si elle espère rentrer un jour dans son pays, elle pense qu’étant donné les difficultés que traverse son pays, elle est mieux à même de l’aider en habitant à Washington.


Après avoir pris sa retraite, elle a commencé à travailler dans le sud du pays, qui est aussi pauvre que le reste du territoire, mais pas aussi exposé à la violence. C’est également dans cette région que vivent les pygmées indigènes qui manquent des services les plus élémentaires tels que les soins médicaux et l’eau potable.


Mme Mbathas, qui étudie maintenant l’anglais dans un collège universitaire du Maryland, a d’abord visité le village de Kongbo et réuni les habitants. « Je leur ai vanté les mérites d’une école.» Ils ont compris et ont voulu aider à en construire une, mais ils ne savaient pas par où commencer.


Elle a essayé d’obtenir l’aide des pouvoirs publics, mais on lui a répondu qu’il n’y avait pas d’argent. « J’ai du tout faire par moi-même.»


Elle a soumis une demande de dons à une organisation caritative internationale et, grâce à l’intervention d’une église locale, a réussi à obtenir des fonds pour acheter le matériel. Les villageois ont fourni la main-d’oeuvre.


Achevé en 2007, l’établissement comprend trois salles de classe, chacune accueillant un enseignant pour deux niveaux de cours allant de la préparatoire à la sixième, qui est le niveau d’étude le plus élevé obligatoire en République centrafricaine. Il y a entre 50 et 60 élèves par classe. Les enseignants viennent de Bangui, la capitale, et vivent au village durant l’année scolaire.

Faire des études au-delà de la sixième est pratiquement impossible, parce qu’il existe très peu de lycées. Les élèves doivent se rendre dans la ville la plus proche ou la capitale provinciale dotée d’un tel établissement, mais dans la plupart des cas ils n’ont aucun moyen de subvenir à leurs besoins.


Transmettre son message avec confiance


Du fait de son ouvre dans ce village, Mme Mbathas a été invitée à participer à la Troisième session de l’Instance permanente des Nations unies sur les questions autochtones qui s’est tenue en mai 2004 au siège de l’ONU. Elle y a évoqué la situation des populations de pygmées qui se heurtent à de nombreuses difficultés d’ordre humanitaire, y compris celle de l’esclavage.

Elle a récemment eu l’idée de construire un hôpital dans le même village que l’école. Le manque de soins médicaux empêche souvent les enfants de fréquenter l’école parce qu’ils sont malades ou qu’un membre de leur famille est en mauvaise santé. De plus, les gens sont plus susceptibles de tomber gravement malades s’ils n’ont pas accès à des soins de prévention.

Elle se souvient notamment du cas particulier des membres d’une famille qui ont poussé le père sur un chariot jusqu’à l’hôpital le plus proche. Ils ont ainsi parcouru un cinquantaine de kilomètres pour constater à l’arrivée que le médecin n’était pas là. Lorsque ce dernier est arrivé le lendemain, le père était mort d’une hernie, un problème qui est pourtant facile à traiter.

« L’éducation et la santé sont les éléments essentiels de la vie, a dit Mme Mbathas. Si les enfants ne sont pas en bonne santé, ils ne peuvent pas étudier. »

Aux États-Unis, elle ne cesse de faire connaître les besoins de son pays. Elle a reçu des offres d’aide, souvent sous forme de dons en nature, notamment des uniformes scolaires et de la craie, qui sont des articles rares dans son pays. Ensuite, elle doit trouver les moyens d’expédier ces articles en République centrafricaine et de les distribuer à ceux qui en ont besoin.

Son ouvre n’est pas passée inaperçue dans son pays. L’information s’est rapidement répandue d’un village à l’autre. « Ils m’attendent. Ils me disent : quand vous aurez fini cette école, venez chez nous, nous avons besoin de vous. Mais je ne peux pas faire tout toute seule. »

SOURCE : US Department of State

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