Dialogue Politique : La Centrafrique invitée à baliser son chemin vers la paix

Publié le par Afp

BANGUI (AFP) — Pouvoir, opposition, société civile et mouvements rebelles de Centrafrique ont appelé samedi à Bangui à appliquer les recommandations issues de leur forum sur la paix - le "Dialogue politique inclusif" - qui préconise notamment la formation d'un gouvernement d'ouverture.

Dans le rapport final de ce forum, qui s'était ouvert le 8 décembre, il est notamment demandé au président centrafricain François Bozizé, arrivé au pouvoir en 2003 à la faveur d'un coup d'Etat puis élu en 2005, de former "un gouvernement réunissant les entités parties prenantes" aux assises, et ce, "au sortir du Dialogue".

Une des missions assignées à cette équipe est de "ramener la paix et la sécurité" dans un pays confronté à l'insécurité - marquée notamment par des exactions de rebelles, bandits et forces de sécurité - et mis à genoux par des années de crises économique et sociale.

Le forum, qui a regroupé quelque 200 délégués, a également préconisé d'organiser des élections locales (2009) et générales (2010) "transparentes et équitables", de réaliser des audits dans plusieurs secteurs économiques, de désarmer et réinsérer les ex-combattants, de créer une Commission vérité et réconciliation. Il a également appelé à mettre en place un comité de suivi chargé de l'application de ces recommandations.

François Bozizé a dans la foulée invité les participants au Dialogue à une rencontre, le 23 décembre, pour proposer des noms en vue de la formation du gouvernement d'ouverture et de ce comité de suivi.

"Différentes exigences ont été formulées sans pour autant préciser les moyens de leur réalisation", a aussi déclaré le président Bozizé, qui avait à ses côtés son homologue du Gabon, Omar Bongo Ondimba, médiateur pour la paix en Centrafrique.

Il a ajouté que les recommandations nécessitant des financements importants seraient "mises en oeuvre progressivement", prévenant que les crises et difficultés "ne (seraient) pas résolues comme par enchantement", d'autant que la Centrafrique "est un pays pauvre très endetté".

"Si ces recommandations sont appliquées, plus rien ne sera comme avant" en Centrafrique, a affirmé l'ex-chef de l'Etat burundais Pierre Buyoya, qui a été remercié par plusieurs participants et ovationné pour sa gestion des débats - souvent houleux - du Dialogue qu'il présidait.

"Il vous appartient maintenant de mettre en oeuvre le fruit de vos réflexions, afin que la paix et la stabilité s'établissent de manière durable dans votre beau pays", a de son côté dit aux Centrafricains M. Bongo, dont la médiation a permis la signature d'accords de paix entre le gouvernement centrafricain et des mouvements rebelles actifs essentiellement dans le Nord.

Un avis partagé par les participants au forum pour qui les précédentes et "multiples" initiatives du genre "n'ont pas permis d'ancrer la République centrafricaine de façon définitive dans la paix, la stabilité et le développement, comme en témoignent l'insécurité et les événements tragiques que connaît actuellement le nord du pays".

Ont pris part à ces pourparlers des opposants résidant dans le pays comme Me Henri Pouzère, coordonnateur de la coalition de l'Union des forces vives de la Nation (UFVN), ou en exil comme l'ex-président Ange-Félix Patassé (1993-2003), revenu du Togo après plus de cinq ans d'absence.

M. Patassé a annoncé samedi qu'il reconnaissait comme président son "petit frère" François Bozizé qui l'avait renversé en 2003.

Pour le Dialogue, les chefs rebelles Jean-Jacques Demafouth, de l'Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD), établi depuis 2002 en France, et Abakar Sabone, du Mouvement des libérateurs centrafricains pour la justice (MLCJ), vivant depuis cinq ans au Bénin, ont également mis fin à leur exil, tandis qu'Abdoulaye Miskine, du Front démocratique pour le peuple centrafricain (FDPC), est arrivé vendredi de Libye.

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