Centrafrique - Après Dialogue Politique : Une autre paire de manche !

Publié le par Le Confident

Après moult tergiversations, le régime de Bangui, sous la pression de la communauté nationale et internationale, s’est ouvert au dialogue politique inclusif.

Ce dialogue tant réclamé par la communauté internationale, dès le déclenchement des hostilités avait pour but de trouver un terrain d’entente et éviter le pire. Aujourd’hui, le pire est arrivé par le simple fait de minimiser le danger qui avait guetté le pays au lendemain de la naissance des différents mouvements rebelles qui ont écumé le nord et le nord-est du pays. Au départ, le Général François Bozizé, par le truchement des ses proches collaborateurs, avait hésité de prendre une décision souveraine allant dans le sens de l’apaisement. Il a fallu de temps pour que l’homme du 15 mars 2003 puisse réagir, mais un peu tardivement. Pendant ce temps, les différents mouvements avaient pris pied. De fait, le Général-Président François Bozizé aurait vu dans cette concertation nationale, un raccourci illégal pour le dépouiller de ses prérogatives (refondation de la République, organisation d’une transition) ou fragiliser son régime pour réaliser l’alternance au pouvoir.

La pugnacité de l’opposition démocratique a payé
Depuis le 05 décembre 2008, le dialogue politique inclusif qui a démarré ses travaux officiellement le 8, prendra fin le 20 décembre 2008. Du bilan à mi-parcours fait par les observateurs lucides de la vie politique nationale, il ressort que les partisans du Général François Bozizé ou du moins, ceux en qui il a placé sa confiance, n’ont pas été percutants au cours de ce forum pour faire des propositions et recommandations concrètes qui soient retenues par le bureau du DPI. Une question qui mériterait d’être est celle de savoir si ’homme du 15 mars 2003 est bien entouré par des hommes capables pour défendre ses idéaux ?

Selon les indiscrétions d’une personnalité de la majorité présidentielle, le DPI est mal préparé par les tenants du pouvoir. Cette impréparation a permis à l’opposition démocratique de damer le pion à la majorité présidentielle qui a su exploiter ses carences à fond. Il en est de même pour l’opposition armée qui a fait passer la majeure partie de ses recommandations parce qu’elle a des arguments appropriés et des propositions concrètes.

A la veille de la clôture de cette concertation nationale, des voix s’élèvent non seulement au sein de la population, mais aussi au sein des partenaires au développement pour s’interroger sur la volonté des acteurs du DPI à mettre à exécution les différentes recommandations qui ont été consensuellement arrêtées par les forces vives de la nation. La volonté du peuple centrafricain à aller au dialogue, se justifie par le fait que le pays a traversé des moments les plus durs de son histoire plus d’une décennie. En commençant par les différents coups d’Etat manqués ayant engendré plusieurs pertes en vies humaines, les crises militaro-politiques dont les conséquences sont lourdes sur son développement notamment, la destruction des structures économiques, des biens meubles et immeubles etc. Ajoutés à cela, les milliers de compatriotes déplacés et exilés à l’étranger.

Une nouvelle base de société est jetée
Aujourd’hui, une nouvelle base de la société est jetée à travers les différentes recommandations qui seront issues de ce forum. Il n’est nullement question de placarder ces différentes recommandations car, il y va de l’intérêt national. Tous les calculs politiciens ont été écartés. Ce travail n’est abattu que pour le bien-être de la population centrafricaine, et surtout pour les compatriotes des zones rurales, voire de conflits qui ont perdu tous leurs repères et vivent comme des animaux dans la brousse.

L’expérience a démontré que depuis 1981, des concertations ont été organisées à grands frais et mobilisées des énergies pour trouver des solutions aux maux qui minent la société centrafricaine. Malheureusement, guidés par des calculs politiciens, les dirigeants qui se sont succédés à la tête du pays, n’ont jamais exécuté les recommandations et résolutions retenues pour le développement économique et social du pays. Le prétexte avancé couramment selon les gouvernés, leur forfaiture est la rareté des ressources financières et matérielles qui ne leur permettent pas de mettre en exécution les différentes recommandations qui ont été élaborées. Et pourtant, l’exécution de certaines recommandations n’exige pas la mobilisation des ressources financières. Il faut oser de fois pour attendre de bons résultats. Il est question de volonté politique pour sortir la RCA de l’impasse. Se dire tout d’abord que le pouvoir n’appartient à personne et qu’il est pour le peuple et appartient au peuple lui-même, ce n’est que de cette manière que les esprits mesquins seront surmontés et la RCA trouvera véritablement le chemin de la paix par le concours des partenaires au développement qui ne cessent de soutenir le pays pendant toute cette période de vache maigre. Une chose est sûre, la stricte mise en application des différentes recommandations émanant du DPI ne pourra que relancer la mobilisation des ressources. En principe, si la volonté existe d’utiliser les différents remèdes à travers tous les fora par les princes qui nous gouvernent, les partenaires au développement et les pays amis n’hésiteront pas de voler à notre secours pour sauver la paix en Centrafrique.

Il est désormais urgent pour les pouvoirs publics à s’atteler dans la mise en application des différentes recommandations qui seront issues de ces assises. Des débats riches en couleurs, parfois teintés de passion, mais la sagesse du président du praesiduim Pierre Buyoya lui a permis d’éviter toutes déviations dans le cadre de ce rendez-vous du siècle pour la sortie définitive des différentes crises militaro-politiques qui ont mis à genoux l’économie nationale. Le seul souci, c’est de voir les compatriotes qui sont gagnés par la psychose et hésitent toujours à sortir des brousses pour reconstituer leur vie. L’important pour le peuple centrafricain et la communauté internationale est que ces recommandations qui constituent un bréviaire soient appliquées dans toute leur globalité.

Jeudi 18 Décembre 2008
Stéphane CHANTILLY

Publié dans ACTUALITES NATIONALES

Commenter cet article