Ange-Félix Patassé : « Je ne reconnais pas avoir ordonné le viol des filles et des femmes»

Publié le par DigitalCongo

Enfin, l’ancien président de la République Centrafricaine Ange-Félix Patassé a foulé le sol de Bangui, capitale de cet Etat enclavé de l’Afrique centrale.

Comme on le sait, celui-ci a perdu son pouvoir à l’issue d’un coup d’Etat militaire perpétré par le général François Bozizé, en mars 2003, après une première tentative avortée en octobre 2002.

Le retour de l’ex-chef de l’Etat dans son pays, qui vit depuis lors en exil au Togo, est consécutif à l’amnistie signé par l’actuel président, en prévision du dialogue intercentrafricain. à présence à Bangui de M. Ange-Félix Patassé était attendue de pied ferme par de très nom­breux Congolais intéressés d’une façon ou d’une autre au dossier de M. Jean-Pierre Bemba Gombo, président du parti politique Mou­vement de libération du Congo, en sigle Mlc. Alors en rébellion avec Kinshasa, les militaires de ce groupe ont été appelés à la res­cousse du président centrafricain d’alors en octobre 2002 et en mars 2003.

Au cours des combats en­tre les partisans de Patassé, ap­puyés par les rebelles congolais et ceux de Bozizé, plus de 1.000 jeunes filles et femmes ont été vio­lées, des activités commerciales ont été pillées dont des banques et on a enregistré plusieurs cas de violation des droits de l’homme. Des Ong de défense des droits humains et d’autres structures centrafricaines ont porté plainte contre le chairman du Mlc. Saisie de ces plaintes, la Cour pénale in­ternationale a mis aux arrêts le sénateur congolais, en mai dernier.

Depuis lors, de nombreux membres de ce mouvement politico-militaire, transformé en parti politique ont toujours espéré entendre l’ancien président centrafricain au sujet de ce dossier. Beaucoup d’entre eux estiment que ce dernier devrait être interpellé par la Cpi, parce que c’est lui qui a demandé à Jean-Pierre de lui envoyer des troupes. Il y a des arguments simplistes qui veulent que le président du Mlc soit extirpé de son geôle parce que la question est centrafricaino-centrafricaine.

Patassé est effectivement ren­tré à Bangui. Il a parlé entre autres aux journalistes. Dont ceux de Radio France internationale. Il a déclaré ce qui suit : « ... Le viol des femmes, vous voyez Patassé ordonner qu on aille violer nos filles, nos mamans ? Je dis que c est la justice qui va mettre des choses en évidence pour que la vérité soit connue ». Avant d’enchaîner qu’il était à la disposition de la Cour pénale internationale, qu’il souhaite que la Cpi, siège non pas à La Haye, aux Pays-Bas, mais plutôt à Bangui.

Patassé n’a pas ordonné qu’on viole les filles et les fem­mes. Il n’a pas demandé qu’on pille et qu’on vole. Mais, le pro­cureur de la Cpi Luis Moreno O’Campo détient un dossier de 7.000 pages qui renseigne sur l’effectivité des viols (près de 1.000 victimes), des vols, des pillages, des morts. Qui donc a donné l’ordre aux troupes de commettre ses crimes ? C’est ce que la juridiction internationale se doit de démontrer. Même si sa démarche ressemble à celle d’un caméléon.

Ange-Félix Patassé doit être entendu par la Cpi soit comme témoin, soit comme complice, pour éclairer sa lanterne. Afin d’arriver à un jugement équita­ble.

(TH/PKF)

Eden Nsi Bamfumu/La République

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