TCHAD - REBELLION : LE TERRITOIRE CENTRAFRICAIN SERVIRAIT DE BASE AUX REBELLES TCHADIENS

Publié le par AFRIQUE CENTRALE INFO

 

Crise tchadienne : inquiétudes à Bangui - 29/4/2006

Même si elles ont formellement fermé leur frontière avec le Soudan, les autorités centrafricaines sont convaincues que leur territoire sert de base arrière aux rebelles hostiles au régime tchadien et s’inquiètent d’une possible contagion des troubles à leur pays.
 
Par deux fois, un avion cargo non identifié a violé cette semaine l’espace aérien centrafricain pour se poser discrètement sur la piste du village de Tiringoulou, à plus de 800 km au nord-est de Bangui, non loin des frontières du Tchad et du Soudan, a affirmé une source militaire.
 
Lors d’une première rotation mardi, cet Antonov An-32, qui arborait une immatriculation "empruntée" à un avion de l’Onu, a débarqué une cinquantaine d’hommes en armes, bien équipés et portant des treillis, qui se sont ensuite "égayés à pied dans la nature", a précisé la même source.
 
Le lendemain, le même avion a déchargé du matériel sur la même piste de Tiringoulou, avant de repartir pour une destination inconnue.
 
Révélées mercredi soir par un communiqué officiel, ces incursions sont clairement liées, pour les autorités de Bangui, aux événements qui agitent le Tchad voisin et ami du président Idriss Deby Itno.
 
"Certaines personnes voudraient entraîner la Centrafrique dans le conflit qui oppose la République soeur du Tchad et les rebelles qui veulent renverser le président Deby", a souligné le communiqué du gouvernement.
 
"Cet avion est venu de l’est, et il n’y a pas un autre pays à l’est de la Centrafrique que le Soudan", a déclaré vendredi à l’AFP le ministre des Affaires étrangères Jean-Paul Ngoupandé, se refusant toutefois à désigner clairement les "hommes armés" débarqués dans son pays.
 
"Pour le moment, nous considérons que ce sont des personnes non identifiées, arrivées sur notre sol dans des conditions scandaleuses", a-t-il précisé. Officieusement, leur identité ne fait toutefois plus le moindre doute. "Ce sont clairement des rebelles tchadiens venus du Soudan", a assuré à l’AFP un proche conseiller du président François Bozizé.
 
Et de rappeler le passage, les 8 et 9 avril, d’une colonne d’une vingtaine de pick-ups chargés de rebelles du Front uni pour le changement (Fuc) venus du Soudan et qui ont "coupé" par le territoire centrafricain pour attaquer la localité tchadienne d’Haraz Mangueigne.
 
Révélée au lendemain de la victoire de l’armée tchadienne sur les rebelles du Fuc devant N’Djamena, cette incursion avait entraîné la fermeture théorique de la très poreuse frontière qui sépare la Centrafrique du Soudan, accusé de soutenir les rebelles.
 
Les mouvements aériens de cette semaine n’ont fait que renforcer l’inquiétude de Bangui, qui ne souhaite pas, selon ses déclarations, "faciliter une agression contre le Tchad à partir de son territoire" et encore moins "se laisser entraîner dans ce conflit".
 
"On a déjà observé des mouvements de troupes dans la région, mais là, deux atterrissages d’avion en deux jours, ça nous interpelle", a commenté une source militaire. "Laisser s’établir dans la région une base de rebelles tchadiens serait dangereux", a-t-elle ajouté.
 
Autre souci exprimé par certains officiels banguissois, le risque d’un rapprochement entre ces rebelles tchadiens et les groupuscules proches de l’ex-président Ange-Félix Patassé qui défient depuis quelques mois le pouvoir de Bangui dans le nord du pays.
 
"Ces gens ne représentent pas une menace, mais s’ils s’allient avec les Tchadiens, ça change tout", a reconnu une source militaire.
 
Pour éviter que cette "zone des trois frontières" ne soit gagnée par les troubles, l’armée centrafricaine a y renforcé ses effectifs et les avions militaires français déployés au Tchad ont déjà, selon cette même source, commencé à surveiller le secteur.

Publié dans L'AFRIQUE

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