Centrafrique / Afrique - Universalisme : L’Afrique centrale a perdu le rythme insufflé par Barthélemy Boganda

Publié le par APA

APA Bangui (Centrafrique) L’Afrique centrale qui était «au cœur des idées fédéralistes de M. Kwamé NKrumah et Barthélemy Boganda est aujourd’hui, très nettement à la traine de ce débat continental», a regretté Raphaël Kopessoua, le Secrétaire général de la Fédération Syndicale des Travailleurs de la Communication (FSTC) de Centrafrique.

M. Kopessoua qui est également Conseiller en Communication et Nouvelles technologies du Premier ministre Centrafricain s’est dit «exaspéré de voir l’Afrique Centrale hésiter encore à aller vers l’union ; tout simplement parce que chaque Président cherche habilement, à protéger des lambeaux de souveraineté.

«Ils se préoccupent peu de l’Afrique», et la plupart des décideurs de notre sous région «n’ont plus qu’un vague souvenir des idées généreuses des panafricanistes» des premières années d’indépendances qui avaient pourtant fait de cette sous région, «le pivot de leurs stratégies unionistes».

La République Centrafricaine (Rca) rappelle Kopessoua, avait été le premier Etat à proposer au reste du continent une Assemblée d’Etats.

Son leader le plus en vue de l’époque, Barthélemy Boganda l’appelait l’Afrique Latine qui devrait se constituer à partir des quatre pays que sont : le Tchad, le Gabon, le Congo et l’Oubangui-Chari (la RCA actuelle).

Boganda préconisait d’étendre ensuite cet embryon unitaire, à l’ensemble de l’Afrique Australe, qui engloberait alors, le Congo-Belge, l’Angola et le Zimbabwe.

Le Ghanéen Kwamé NKrumah qui pensait et œuvrait comme lui, en faveur de l’Union Africaine, ne lui trouvait guère meilleur capitale que la République Centrafricaine, en raison précisément de sa position au cœur de l’Afrique et quasiment, à équidistance avec toutes ses autres sous régions.

Raphaël Kopessoua a cependant récusé l’idée du gouvernement confédéral en Afrique et propose plutôt, des Etats Africains Unis à l’exemple des Etats-Unis d’Amérique.

«Je ne parle plus de la confédération, ce serait encore une autre sorte de balkanisation de l’Afrique. L’idée à laquelle je souscrit c’est que l’Afrique arrive d’abord, à un gouvernement continental, à une Union Africaine, forte comme les Etats-Unis», a déclaré Kopessoua au cours d’un entretien à Bangui, avec APA.

«Il faudrait qu’on arrive maintenant à l’Unité politique de l’Afrique. Il existera des Etats, mais avec un seul Président de comme aux Etats-Unis.

Ainsi l’Afrique disposerait du potentiel et de la capacité réelle de se transformer et de se développer le plus rapidement possible» grâce notamment à l’abondance de ses richesses tant humaines que naturelles».

M. Raphaël Kopessoua, a rappelé qu’à l’issue de la réunion de Tripoli, il était question effectivement d’asseoir un gouvernement africain avec une armée africaine, une monnaie unique africaine, et au moins six (6) ministères qui seraient africains comme aux Etats-Unis, ou comme bientôt l’Europe qui elle aussi, œuvre pour la coordination de ses positions et la centralisation de ses richesses.

«Aujourd’hui, c’est à la jeunesse africaine qu’il appartient de se lever pour faire entendre sa voix en vue de cette Union véritable de l’Afrique sans laquelle elle n’a pas d’avenir» avertit le conseiller centrafricain.

Publié dans L'AFRIQUE

Commenter cet article