Dialogue en Centrafrique : des opposants dénoncent un silence imposé

Publié le par Acap

BANGUI - Des partis de l'opposition centrafricaine, regroupés dans l'Union des forces vives de la Nation (UFVN), ont protesté mardi contre le silence imposé, selon eux, à leurs représentants à l'ouverture, lundi à Bangui, du "Dialogue politique inclusif" pour la paix en Centrafrique.

Les participants à ce forum rassemblant jusqu'au 20 décembre pouvoir, opposition, rébellions et société civile, devront examiner cette protestation soumise par l'UFVN, a expliqué à l'AFP Gabriel Koyambounou, délégué au Dialogue du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC), fondé par l'ex-président Ange-Félix Patassé.

Selon lui, l'UFVN, dont le MLPC est membre, était censée s'exprimer mais a été privée de parole lors de la cérémonie d'ouverture en présence de 500 personnes, dont le président centrafricain François Bozizé et son homologue gabonais Omar Bongo Ondimba, médiateur pour la paix en Centrafrique.

Le Rassemblement démocratique centrafricain (RDC) de l'ex-président André Kolingba, également membre de la coalition, a de son côté adressé une lettre officielle de protestation dans le même sens à l'ex-chef de l'Etat burundais Pierre Buyoya, qui préside le forum.

"Notre surprise fut grande de réaliser qu'à l'ouverture de ce Dialogue, le président Bozizé a donné la parole à tout le monde sauf à l'ancien chef d'Etat André Kolingba et à l'opposition démocratique représentée par l'UFVN", écrit le secrétaire général du RDC, Pascal Koya Méné, dans cette lettre dont l'AFP a obtenu copie.

Selon M. Koya Méné, également porte-parole de l'UFVN, le parti n'a pas réagi immédiatement "par respect pour le doyen des chefs d'Etat, le président du Gabon", mais exprime sa "vive protestation" au président du Dialogue, dénonçant "une politique d'exclusion" du pouvoir.

Plusieurs personnalités, dont l'ex-président Patassé, des dirigeants de rébellions et MM. Bozizé et Bongo, se sont exprimées lors de la cérémonie d'ouverture du Dialogue, mais aucun responsable de parti politique - opposition comme majorité - n'a pris la parole, selon un journaliste de l'AFP.

Mardi après-midi, Pierre Buyoya a indiqué avoir pris bonne note des protestations de ces partis qui pourront selon lui "délivrer leurs messages" mercredi à la reprise des travaux.

Le programme initialement prévu n'a pu être respecté jusqu'ici, notamment à cause d'une affluence inattendue de participants, selon les organisateurs.

"Certaines entités ont envoyé plus de participants que (les 200) prévus. Nous allons (leur) donner un peu de temps" pour se conformer à leurs quotas, a expliqué à l'AFP le ministre de la Communication, Cyriaque Gonda, coordonnateur du Dialogue.

Ce forum est censé permettre à la Centrafrique de sortir d'une crise et de rébellions qui la déstabilisent depuis plusieurs années, notamment depuis l'élection en 2005 de M. Bozizé, qui avait renversé deux ans plus tôt M. Patassé.

Outre des difficultés financières et sociales, le pays est en proie, surtout dans le Nord, à des exactions de rebelles, "coupeurs de routes" et militaires gouvernementaux.

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