TCHAD / FRANCE - REBELLION : LE PARI RISQUE DE PARIS

Publié le par MISNA

TCHAD   18/4/2006   13.35  
RÔLE DÉTERMINANT DES FRANÇAIS CONTRE LA RÉBELLION, LA CRISE CONTINUE
Divers Divers, Standard

"Le climat est calme en ville mais on sent monter la colère contre les militaires français, considérés comme les principaux responsables de la défaite des rebelles qui ont tenté de prendre N’Djamena la semaine dernière. En effet, une grande partie de la population considère les mouvements rebelles nés ces derniers mois comme la seule possibilité de changement réel dans le pays. Certains voient en eux des libérateurs" explique ce matin une source contactée dans la capitale tchadienne, désireuse de conserver l’anonymat.

 Des sources proches du gouvernement ont confirmé à la MISNA le rôle déterminant du contingent français basé au Tchad, dans "l’opération épervier"" contre les assaillants du Fuc (Front uni pour le changement), mais ont catégoriquement démenti les rumeurs selon lesquelles des militaires français auraient été responsables de la mort de civils dans des bombardements aériens. "Les Français ont cependant été déterminants pour trois raisons" poursuit la même source : "ils ont réparé des véhicules que des militaires déserteurs avaient saboté, ils ont fourni des informations précieuses sur les mouvements des rebelles, avec des photos et des reconnaissances aériennes, et surtout, ils ont ramené avec leur aviation les troupes tchadiennes qui se trouvaient dans l’Est du pays.

 N’Djamena n’aurait jamais pu être défendue sans l’aide des troupes de Paris". D’autres sources confirment que depuis jeudi, l’armée tchadienne a connu de nouvelles désertions, notamment d’une dizaine d’officiers supérieurs ; ils se seraient unis à leurs anciens compagnons qui se sont retournés contre le président Idriss Déby pour le renverser, et surtout, à l’approche de l’échéance électorale du 3 mai, d’empêcher la tenue de la présidentielle. Des sources militaires tchadiennes confirment que les rebelles du Mdjt, ont pris des localités du pays; il y a quelques jours, ce mouvement avait annoncé avoir pris le contrôle des villes de Bardai et de Zouarké. Entre temps, le ministre des Affaires Étrangères a une nouvelle fois accusé le Soudan de soutenir la rébellion tchadienne et de la réarmer pour préparer une nouvelle offensive.

Le secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan, a déclaré que si la situation au Tchad s’aggrave, elle risque de déstabiliser la région et de faire sombrer dans la spirale de violence la République centrafricaine. Il a demandé au Conseil de sécurité des Nations unies, à l’Union africaine, à l’Union européenne et à tous les sujets intéressés de faire pression sur les deux pays afin que la tension ne monte pas davantage.

 Idriss Déby a pour sa part annoncé que sa production de pétrole se serait pas suspendue jusqu’à la fin du mois d’avril, à condition de trouver un accord avec la Banque Mondiale pour qu’elle débloque le compte bancaire britannique sur lequel sont versées les recettes des multinationales qui exploitent le pétrole tchadien.

 Le compte avait été gelé suite à une modification de la loi sur le pétrole, décidée par Déby, supprimant le fonds pour les générations futures et détournant la majeure partie de l’argent destiné au Tchad vers les Secteurs de la sécurité et de l’Intérieur. Le président Déby a également fait marche arrière sur sa menace d’expulser d’ici juin les 200.000 réfugiés soudanais du Darfour qui vivent depuis 2003 dans des camps situés à l’Est du pays.
[CC]


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referencement 24/04/2006 23:32

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