RDC : le gouvernement refuse l'ouverture de pourparlers directs avec les rebelles

Publié le par La Presse Canadienne

GOMA, Congo-Kinshasa — Le gouvernement du Congo-Kinshasa a rejeté mardi la demande de pourparlers directs faite par le chef des rebelles, Laurent Nkunda, pour essayer de résoudre le conflit qui a fait 250.000 déplacés dans l'est depuis le mois d'août. Les insurgés ont averti que ce refus de Kinshasa pourrait se traduire par de nouveaux combats.

Des accrochages ont opposé dans la journée les rebelles tutsis de Nkunda à une milice pro-gouvernementale à Kiwanja, au nord de Goma, le chef-lieu de la province du Nord-Kivu (est), a expliqué la porte-parole de l'ONU Sylvie van den Wildenberg.

L'administration du président congolais Joseph Kabila est "ouverte au dialogue" avec tous les groupes et les milices rebelles dans la région, mais il ne veut pas rencontrer que le mouvement de Laurent Nkunda, a affirmé à Kinshasa le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende.

"A part le dialogue, il ne reste que la guerre", a répondu Bertrand Bisimwa, porte-parole des rebelles. "S'ils ne négocient pas avec nous, alors ils nous laissent peu de choix. Nous recommencerons à combattre et nous continuerons jusqu'à ce que nous prenions Kinshasa. Nous l'avons dit avant, et je le dirai à nouveau".

Bertrand Bisimwa a aussi accusé l'Angola et le Zimbabwe de mobiliser des troupes pour combattre en République démocratique du Congo (RDC), ce qui pourrait constituer une répétition de la guerre qui, de 1998 à 2002, avait impliqué les armées d'une demi-douzaine de pays africains.

Bertrand Bisimwa n'a fourni aucune preuve pour étayer ses accusations, démenties par le Zimbabwe. L'Angola n'a fait aucun commentaire.

Le gouvernement du Congo-Kinshasa avait demandé la semaine dernière l'aide de l'Angola, un allié de longue date.

A New York, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a annoncé qu'il rencontrerait M. Kabila et le président rwandais Paul Kagame d'ici le début de la semaine prochaine. Kigali exerce une influence très importante sur Laurent Nkunda.

A La Haye, Luis Moreno-Ocampo, le procureur général de la Cour pénale internationale (CPI), a affirmé quant à lui qu'il enquêtait sur les crimes de guerre au Nord-Kivu, et que les responsables "ne resteraient pas impunis".

Quelque 250.000 personnes ont été déplacées dans l'est du Congo-Kinshasa depuis la reprise des affrontements, en août, entre les hommes de Nkunda et l'armée gouvernementale.

Le conflit est alimenté par des haines ethniques datant du génocide de 1994 au Rwanda, et de la guerre qui a dévasté le Congo-Kinshasa de 1996 à 2002. En 1998, une demi-douzaine de pays étaient impliqués dans cette guerre. L'Angola et le Zimbabwe combattaient pour Kinshasa en échange d'un accès à des concessions de cuivre et de diamants. Le Rwanda et l'Ouganda soutenaient des factions rebelles rivales.

Publié dans L'AFRIQUE

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