Cour Pénale Internationale - Centrafrique : Jean-Pierre Bemba devant la CPI

Publié le par l'Express

Arrêté à Bruxelles, M. Bemba, candidat malheureux à la présidentielle de 2006, a été transféré le 3 juillet 2008 à La Haye, siège de la Cour pénale internationale. Il est poursuivi pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis par ses hommes en Centrafrique entre octobre 2002 et mars 2003. Sa prochaine comparution est prévue le 4 novembre.

1962
Naissance de Jean-Pierre Bemba. Son père, Jeannot Bemba Saolona est un riche homme d'affaires congolo-portugais qui fait fortune sous le règne de Mobutu, dont il gère un temps les affaires personnelles.

1983
Après des études en Belgique, Jean-Pierre Bemba regagne le Congo-Kinshasa, où il mène « une vie trépidante de fils de milliardaire ».

1997
Mai : les hommes de Laurent-Désiré Kabila entrent dans Kinshasa. Jean-Pierre Bemba fuit, à Brazzaville puis en Europe. Après quelques mois, il réapparaît aux côté de Yoweri Museveni (Ouganda), prêt à affronter Kabila, président autoproclamé de la République démocratique du Congo.

1998
Septembre : Bemba crée à Kisangani le Mouvement de libération du Congo (MLC) et sa branche armée, l'Armée de libération du Congo (ALC) : 15 à 20000 hommes armés par la Lybie, entraînés par les Ougandais et encadrés par des anciens de Mobutu.

2001
Mai : les troupes de Bemba passent en République Centrafricaine pour la première fois. Ange-Félix Patassé, président de la Centrafrique, a besoin des hommes de Bemba pour contrer une menace de coup d'Etat contre lui. Premières exactions, premiers viols.

2002
Octobre : des miliciens de l'ALC viennent à nouveau au secours de Patassé contre le général Bozizé. Meurtres, viols de femmes, d'enfants et d'hommes commis, toujours en public.

2003
15 mars
 : sur pression de la France, du Gabon et du Congo-Brazzaville, Bemba retire ses hommes et lâche Patassé, renversé par le coup d'Etat du général Bozizé. Lors du retrait des troupes de Bemba, à nouveau viols et éxécutions.
Printemps : Bemba nie en masse les accusations portées contre lui alors qu'il s'apprête à devenir vice-président de la RDC. Il prétend n'avoir pas pris lui-même part à ces crimes de guerre, n'avoir pas donné d'ordres à ses troupes, dirigées selon lui par Patassé, et enfin avoir fait juger les hommes coupables de ces crimes.

2004
Décembre
: les autorités centrafricaines décident de poursuivre Ange-Félix Patassé, pour les crimes, viols, assassinats et pillages commis avec le MLC de Jean-Pierre Bemba. Le dossier est soumis à la Cour Pénale internationale (CPI). Plusieurs ONG adressent aussi des témoignages et rapports à la CPI.

2006
Avril :
la cour de cassation centrafricaine se déclare "incapable" de poursuivre les criminels inculpés. Elle renvoie à la CPI les cas de Patassé et Bemba (entre autres).
Octobre 
: candidat à l'élection présidentielle au Congo-Kinshasa, Bemba échoue au 2ème tour face à Kabila.

2007
19 janvier 
: Bemba est élu sénateur.
mars : Jean-Pierre Bemba fuit en Europe. Il réside en alternance au Faro (Portugal) et à Bruxelles où ses enfants sont scolarisés.
mai : ouverture d'une enquête par le procureur de la Cour Pénale internationale, Luis Moreno-Ocampo, sur un peu plus de 500 cas de viols commis à Bangui en 2002 et 2003. Plusieurs rapports et une mission menée en novembre 2005 concluent que les violences sexuelles commises contre la population civile résultent "d'une politique délibérée adoptée par tous les groupes armés, rebelles et forces loyalistes, parties prenantes au conflit".

2008
23 mai 
: diffusion d'un mandat d'arrêt international contre Jean-Pierre Bemba.
24 mai : arrestation de Jean-Pierre Bemba à Bruxelles par la police belge. Il est placé en détention préventive le 28 mai.

Publié dans JUSTICE

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