Point chaud : Sans ciment, pas de Cinq chantiers

Publié le par Digitalcongo

Un sac de ciment à 37 dollars à Kinshasa, au lieu de 10,5 Usd, voici deux semaines ! Inimaginable mais, pourtant, c’est la dure réalité qui risque d’affecter longtemps les chantiers de l’immobilier et des infrastructures à l’Ouest de la RDC.
Le point de départ de ce désagrément est, officiellement, l’accident survenu à la Cimenterie de Lukala à la suite de récentes grosses pluies. A moins de recourir aux importations, les pé­nuries actuelles auront un impact négatif sérieux sur le calendrier de réalisation des Cinq chantiers. Pas de ciment pas de Cinq chantiers. La menace est à pren­dre au sérieux, au vu de l’am­pleur des dégâts causés par la récente tornade sur les installa­tions de la Cimenterie de Lukala (Cilu), dans la province du Bas-­Congo. La plénière de l’Assem­blée nationale en a pris cons­cience hier mardi.

Le député Bamanisa - président honoraire de la Fédé­ration des entreprises du Congo (F EU) à Kisangani - a introduit une motion incidentielle en rap­port avec la situation de la cimen­terie sinistrée. Déjà à l’époque de sa splendeur, celle-ci ne pro­duisait qu’à peine 450.000 ton­nes, une production jugée insuf­fisante par rapport aux besoins. Au lendemain de l’accident, a dit le député, la Cilu n’est plus en mesure de répondre aux pressantes demandes du mar­ché. Un marché du ciment ca­ractérisé par “ des recommanda­tions ” émises par différentes autorités politiques, de l’armée et de la police au profit de leurs hommes de main.

A cause de ces perturba­tions, Un sac de ciment revient à 37 dollars US à l’œuvre qu’il est, alors qu’il coûtait, il y a quelques mois, 10,5 $. Conséquence pré­visible, selon l’Honorable Bamanisa, il y a risque de diffé­rer la concrétisation des Cinq chantiers de la République. C’est pourquoi, par souci d’anticipation, soutient le député de la Province Orientale, “ nous sollicitons de la plénière d’initier une question orale, avec débat, au ministre de l’Indus­trie et de l’Economie natio­nale. Notre démarche vise à ce qu’il prenne des mesures efficaces pour parer à la situation. Notamment en examinant la possibilité d’importer le ciment d’ailleurs, d’une part, et de venir en aide aux autres cimen­teries du pays, d’autre part.

Pas de tergiversations

Le président de l’Assem­blée nationale, qui avait soumis la motion au débat, a suggéré que la Commission économique et fi­nancière (Ecofin) puisse étudier la question sous toutes les cou­tures avant de la soumettre au prochain gouvernement (qui prendra bientôt ses fonctions). Et ce, dans le but de protéger le secteur et de stabiliser les prix du ciment.

Les retombées de l’arrêt des usines de la Cilu affecteront également les pays limitrophes la République du Congo et la République Centrafricaine. Tous les deux avaient, l’année der­nière, sollicité et obtenu du gou­vernement de Kinshasa, après d’âpres négociations, l’importa­tion en urgence d’un certain quota de ciment produit au Bas-Congo, en raison des urgences qui étaient les leurs pour des tra­vaux de reconstruction nationale.

Kinshasa avait accédé aux pressantes requêtes de ses deux voisins malgré le fait que les besoins nationaux, en RDC, n’étaient même pas satisfaits. A titre de rappel : la production de deux usines situées à proximité de Kinshasa -Cilu et Cinat -n’équivaut pas à la moitié de la demande. Les dés sont à présent pi­pés. Le gouvernement ne peut pas tergiverser. Ce qu’ il convient de faire, dans l’immédiat, c’est d’autoriser les importations. Du reste, sous M’Zee ED. Kabila, face aux mêmes pénuries chro­niques, la RDC a dû importer du ciment gris de l’Egypte. A de bien meilleures conditions.

Donc, pour pousser sur les “ Cinq chantiers ”, sans trop diffé­rer le calendrier d’exécution des travaux, au risque de démobili­ser les citoyens, la voie des im­portations demeure l’idéal. Toutefois, il serait nocif de laisser les partenaires chinois exporter du ciment de la Chine. Ce serait ouvrir la porte en gon­flement de leur créance et, en même temps, hypothéquer sur près d’un demi siècle leur mainmise sur les ressources congo­laises à eux attribuées dans le cadre du contrat “ infrastructures contre ressources minières ”. Alors, il faut bouger. Pour que les “ 5 Chantiers ” ne soient pas un slogan creux.

(SL/Th/GW/Yes)

Le Potentiel

Publié dans ECONOMIE

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