RDC : la MONUC attaque des rebelles pour protéger des civils

Publié le par La Presse Canadienne

GOMA, Congo — Des soldats de la Mission des Nations unies au Congo (MONUC) ont utilisé lundi des hélicoptères de combat contre les rebelles dans l'est du Congo, essayant d'arrêter la progression des insurgés, alors que les troupes gouvernementales reculaient précipitamment et que des civils attaquaient des bâtiments de l'ONU pour demander une protection.

Selon Sylvie van den Wildenberg, porte-parole de la Mission de l'ONU, les soldats de la force de maintien de la paix ont tiré sur des forces rebelles à Kibumba, une ville située à une quarantaine de kilomètres au nord de Goma, la capitale provinciale.

Le général rebelle Laurent Nkunda a menacé de prendre le contrôle de Goma, la capitale de la province Nord-Kivu, au mépris des appels que lui avaient lancés le Conseil de sécurité de l'ONU pour qu'il respecte un cessez-le-feu signé en janvier sous l'égide des Nations unies.

C'est la deuxième fois cette année que des soldats de la MONUC tirent sur les rebelles dirigés par Laurent Nkunda.

Bertrand Bisimwa, porte-parole des rebelles, a confié à l'Associated Press que des combattants insurgés se trouvaient à une dizaine de kilomètres de Goma.

Des centaines de soldats à bord de chars, de jeeps ou à pied se sont retirés lundi de la ligne de front, dans ce qui semble être un recul des forces gouvernementales.

Plusieurs dizaines de milliers de civils ont également quitté leurs maisons en raison de l'avancée des rebelles. Des soldats empêchaient l'accès à Goma par le nord de la ville, craignant apparemment que des rebelles essayent de s'infiltrer parmi les civils déplacés.

Un peu plus tôt, des milliers de manifestants ont attaqué quatre bâtiments de la Mission des Nations unies au Congo, ont annoncé des responsables de la MONUC.

Les manifestants ont lancé des pierres par dessus le mur d'enceinte du siège de l'ONU à Goma, brisant des vitres et endommageant des voitures stationnées.

Selon un témoin, Emmanuel Kihombo, un soldat de la MONUC a tiré directement sur la foule et a atteint un homme au niveau de l'estomac.

Sylvie van den Wildenberg a affirmé que deux personnes auraient été tuées quand des soldats de la MONUC ont ouvert le feu. Elle a ajouté qu'un étudiant aurait aussi été tué.

Les manifestants protestaient contre l'incapacité des 18.000 soldats de la Mission des Nations unies au Congo présents de protéger la population d'une attaque rebelle qui s'est produite à seulement 40km au nord de la ville.

Le gouvernement congolais a une nouvelle fois attaqué lundi le gouvernement rwandais, dirigé par des tutsis, d'envoyer des troupes de l'autre côté de la frontière pour combattre aux côtés de Laurent Nkunda. Une accusation que le Rwanda dément et que l'ONU considère comme non fondée.

A New York, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé à la cessation immédiate des hostilités.

Dimanche, les forces du général rebelle congolais Laurent Nkunda se sont emparées d'un important camp de l'armée régulière dans le Nord-Kivu après d'intenses combats qui ont provoqué la fuite de milliers de civils. Ces nouveaux affrontements ont coûté la vie à un nombre indéterminé de militaires, rebelles et civils.

Des troupes gouvernementales avaient convergé dimanche au nord de Goma, la capitale du Nord-Kivu, en vue d'une contre-attaque. Des combats se poursuivaient en parallèle à une vingtaine de kilomètres du camp de Rumangabo, tombé pour la deuxième fois aux mains des rebelles depuis la reprise le 28 août des affrontements entre l'armée et le mouvement du général Nkunda, qui affirme vouloir protéger le territoire de la minorité tutsie.

Selon l'ONU, plus de 200.000 personnes ont fui la région au cours des deux derniers mois, rejoignant les quelque 1,2 million de Congolais déplacés dans l'est du pays depuis le début de ces combats en 2007.

Les soldats de la paix de la MONUC n'ont pas réussi à faire cesser ces affrontements dans cette province rurale et forestière.

Publié dans L'AFRIQUE

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