Centrafrique - Anniversaire du chef de l'Etat : La bourde d'un ministre de la République

Publié le par Le Confident

Le 14 octobre dernier, le Chef de l’Etat, le général François Bozizé célébrait son 62ème anniversaire. Depuis sa prise de pouvoir le 15 Mars 2003, cet anniversaire est généralement célébré avec les enfants de la rue auxquels le président de la République consacre une journée de sacrifice.

Symbole de la résistance et de la victoire

cette année 2008, les ‘‘libérateurs’’, anciens compagnons de lutte du général François Bozizé dans le maquis et pour la conquête du pouvoir, ont souhaité qu’il en soit autrement. C’est ainsi que, sur l’initiative du colonel Mamboro, une cérémonie a été organisée au Camp du Bataillon d’Infanterie Territoriale (BIT 2), situé au PK 11 à la sortie Nord de la capitale.

Le Camp de l’ancien Régiment de Défense Opérationnelle du Territoire (RDOT) a été choisi à dessein comme un lieu de souvenir. C’est dans ce Camp des ‘‘terribles du Territoire’’ que s’est organisée la résistance quand les sbires de Patassé, sur ordre de leur ‘’mentor’’, ont voulu procéder à l’arrestation du général François Bozizé le 2 Novembre 2001.

C’est aussi la base de commandement du RDOT qui a servi aux ’’libérateurs’’ lors de leur entrée triomphale à Bangui le 15 mars 2003. Pour beaucoup de libérateurs, la base du PK 11, est non seulement le symbole de la résistance, amis aussi celle de la victoire. La cérémonie du 62ème anniversaire était une occasion de franchise qui a permis ‘’aux libérateurs’’, compagnons de lutte de laisser parler leur cœur, car souvent cette opportunité ne leur était pas offerte lors des célébrations du 15 mars. Le général François Bozizé aux appels, aux revendications et aux récriminations des uns et des autres, a tout aussi répondu franchement, puisque l’occasion l’exigeait pour éviter tout malentendu.

La gaffe d’un ministre zélé

A la cérémonie du PK 11, n’avaient été conviés que les ministres militaires du gouvernement. Les autorités civiles et membres du gouvernement n’avaient donc pas eu l’opportunité de présenter leurs vœux au Chef de l’Etat. C’est ainsi qu’ils ont organisé une cérémonie qu’ils ont jugée intime au Palais de la Renaissance.

Cette modeste cérémonie de vœux a été minutieusement préparée et les personnalités chargées de remettre des cadeaux au Chef de l’Etat étaient choisis d’avance pour éviter tout désordre et improvisation qui viendraient perturber l’occasion ou créer des désagréments. Mais en pareille circonstance, même dans une classe disciplinée, on ne peut maîtriser tous les élèves. Après la remise des cadeaux, les ministres en rang devaient passer un à un pour présenter leurs vœux au Chef de l’Etat. Au grand dam de l’assistance, qui n’en croyant pas ses yeux, un ministre qui pour l’occasion avait son sac en bandoulière, s’est arrêté et a retiré de son sac des espèces sonnantes et trébuchantes, même pas contenues dans une enveloppe et les a remises au Président de la République. Les regards se sont figés sur ce spectacle et l’indignation était à son comble.

Le général François Bozizé, face à ce manquement, n’a pas manqué de faire une boutade qui n’a certainement pas été comprise par le ministre gaffeur. Malgré la solennité de l’événement et les liens particuliers que ce membre du gouvernement avec le Chef de l’Etat, ne pouvait-il pas mettre cet argent dans une enveloppe ? Le respect de l’autorité passe aussi par là. Par ailleurs, au lieu de remettre une aussi importante somme d’argent (2 millions de francs CFA) au Chef de l’Etat, ne pouvait-il pas attendre une occasion plus discrète, la ranger dans une enveloppe et évoquer des circonstances atténuantes en disant par exemple.’’ Excellence, mieux vaut tard que jamais, Bon anniversaire’’. Cette discrétion aurait été largement suffisante pour éviter des interprétations tendancieuses. Ce ministre très zélé a-t-il voulu acheter publiquement la conscience du Chef de l’Etat ?

C’est un véritable coup d’épée dans l’eau, car le geste a été très mal interprété par toute l’assistance qui y a vu un manque de respect pour le Président de la République, et une manière de remettre en question le processus de lutte contre la corruption dans lequel s’est engagée la République Centrafricaine.

Jeudi 23 Octobre 2008
Madimba -Nimba

Publié dans ACTUALITES NATIONALES

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