Afrique subsaharienne : La France se désengage

Publié le par APPABLOG

L’Organisation non gouvernementale (ONG) française, Oxfam France, a dénoncé le 24 octobre la suspension massive par le gouvernement français des aides au développement aux pays d’Afrique subsaharienne. Une note circulaire diffusée aux représentations africaines de la coopération française ferait état de l’arrêt d’une série de financements destinés aux secteurs vitaux des pays d’Afrique subsaharienne, qui comptent parmi les plus pauvres de la planète. Malgré les appels lancés par les agences des Nations unies pour la poursuite du financement des programmes de réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), la France se dédit une semaine après le sommet de la Francophonie.

L’Organisation non gouvernementale (ONG) française, Oxfam France, a dénoncé le 24 octobre la suspension massive par le gouvernement français des aides au développement aux pays d’Afrique subsaharienne. Une note circulaire diffusée aux représentations africaines de la coopération française ferait état de l’arrêt d’une série de financements destinés aux secteurs vitaux des pays d’Afrique subsaharienne, qui comptent parmi les plus pauvres de la planète. Malgré les appels lancés par les agences des Nations unies pour la poursuite du financement des programmes de réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), la France se dédit une semaine après le sommet de la Francophonie.

  Une série de documents diffusés largement au sein du réseau de la coopération française annoncent que l’instruction des projets de subventions destinées au soutien des projets nationaux de lutte contre la pauvreté en Afrique subsaharienne, via l’Agence française de développement (AFD), pourrait être «suspendue sine die». Oxfam France révèle que pour la seule région Afrique de l’Ouest, un soutien aux projets nationaux de 49 millions d’euros était prévu en 2008 et en 2009, une ligne budgétaire qui n’apparaît plus dans le document présentant le détail de la Programmation triennale 2009-2011 de l’aide au développement de la France. Le constat est le même pour les 19 millions d’euros consacrés en 2008 à l’Afrique centrale. Les réductions de l’aide au développement devraient également toucher l’initiative internationale pour la mise en œuvre accélérée du programme Éducation pour tous. Un projet de courrier diplomatique en cours d’élaboration à Matignon informerait que l’AFD «continuera, sur un nombre de pays limité compte tenu de la limite des enveloppes de subvention disponibles au niveau central, des petits projets de micro finances ou d’ONG à forte visibilité politique». La concentration géographique des subventions voulue par le gouvernement se fera sur quatre pays «à forte visibilité politique », mais pas en Afrique puisqu’il s’agira d’Haïti, de l’Afghanistan, des Territoires Autonomes Palestiniens et des Comores. Parallèlement, les documents officiels révèlent une augmentation exponentielle des prêts. L’appui au secteur de la santé au Mali, au Rwanda, au Togo, au Congo ou encore à Madagascar sera touché par ces coupes arbitraires, ainsi que le secteur de l’éducation au Niger, en RDC, au Bénin ou en Guinée. Alors que les forums mondiaux se multiplient pour contrer la crise alimentaire, les subventions françaises aux secteurs agricoles africains seront également suspendues. «Comme le craignait Oxfam France depuis le début des arbitrages budgétaires en mai dernier, la France taille à grands coups de sabre dans son aide, c’est aujourd’hui l’Afrique sub-saharienne qui en fait les frais», a déploré Sébastien Fourmy, d’Oxfam France.

 «La crise financière ne doit pas servir d’explication ou d’excuse, les hésitations du gouvernement ne datent pas d’hier. Avant d’être un problème de finances, c’est un manque de volonté politique clair de faire de la réalisation des objectifs de développement internationaux une priorité pour la France», a ajouté monsieur Fourmy. «Le gouvernement a voulu faire croire qu’avec un budget de plus en plus serré pour la coopération, la France pourrait honorer toutes ses promesses internationales. Aujourd’hui les conséquences de cette politique se feront immédiatement ressentir dans les pays africains», poursuit le membre d’Oxfam France. Pour la première fois depuis l’an 2000, le montant de l’aide française pour les engagements de la France sur les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) a reculé en 2007. Le président français s’était par ailleurs engagé à consacrer 0,7% du Revenu national brut à l’APD d’ici à 2015. Nicolas Sarkozy avait même alerté l’assemblée des Nations unies à New York le 22 septembre dernier «qu’aucun pays africain n’est dans les temps pour atteindre tous les objectifs du Millénaire pour le développement». Il avait alors demandé à la communauté internationale de ne pas répéter les «erreurs du passé», et de ne pas préparer «une nouvelle crise de la dette africaine pour 2030». Mais un moi après ces déclarations, la France annonce une suspension massive des dons et une augmentation significative des prêts. «La France a annulé les dettes de plusieurs pays pauvres ces dernières années. Ces annulations ont été utilisées pour gonfler artificiellement le montant de son aide publique au développement. Désormais, le gouvernement va ré-endetter les pays africains pour tenter de tenir ses engagements internationaux, sans réel effort budgétaire», dénonce Oxfam France. «Avec une telle politique, la France efface d’un trait tous les efforts entrepris ces dernières années pour lutter contre la pauvreté en Afrique et soutenir des stratégies établies par les pays africains eux-mêmes. C’est un retour de 20 ans en arrière. Au final, les mêmes erreurs sont répétées, et une fois de plus les populations des pays pauvres vont trinquer», déplore enfin Sébastien Fourmy. Un bel exemple de la solidarité pour les pays membres de la francophonie! Une série de documents diffusés largement au sein du réseau de la coopération française annoncent que l’instruction des projets de subventions destinées au soutien des projets nationaux de lutte contre la pauvreté en Afrique subsaharienne, via l’Agence française de développement (AFD), pourrait être «suspendue sine die». Oxfam France révèle que pour la seule région Afrique de l’Ouest, un soutien aux projets nationaux de 49 millions d’euros était prévu en 2008 et en 2009, une ligne budgétaire qui n’apparaît plus dans le document présentant le détail de la Programmation triennale 2009-2011 de l’aide au développement de la France. Le constat est le même pour les 19 millions d’euros consacrés en 2008 à l’Afrique centrale. Les réductions de l’aide au développement devraient également toucher l’initiative internationale pour la mise en œuvre accélérée du programme Éducation pour tous. Un projet de courrier diplomatique en cours d’élaboration à Matignon informerait que l’AFD «continuera, sur un nombre de pays limité compte tenu de la limite des enveloppes de subvention disponibles au niveau central, des petits projets de micro finances ou d’ONG à forte visibilité politique».

 La concentration géographique des subventions voulue par le gouvernement se fera sur quatre pays «à forte visibilité politique », mais pas en Afrique puisqu’il s’agira d’Haïti, de l’Afghanistan, des Territoires Autonomes Palestiniens et des Comores. Parallèlement, les documents officiels révèlent une augmentation exponentielle des prêts. L’appui au secteur de la santé au Mali, au Rwanda, au Togo, au Congo ou encore à Madagascar sera touché par ces coupes arbitraires, ainsi que le secteur de l’éducation au Niger, en RDC, au Bénin ou en Guinée. Alors que les forums mondiaux se multiplient pour contrer la crise alimentaire, les subventions françaises aux secteurs agricoles africains seront également suspendues. «Comme le craignait Oxfam France depuis le début des arbitrages budgétaires en mai dernier, la France taille à grands coups de sabre dans son aide, c’est aujourd’hui l’Afrique sub-saharienne qui en fait les frais», a déploré Sébastien Fourmy, d’Oxfam France. «La crise financière ne doit pas servir d’explication ou d’excuse, les hésitations du gouvernement ne datent pas d’hier. Avant d’être un problème de finances, c’est un manque de volonté politique clair de faire de la réalisation des objectifs de développement internationaux une priorité pour la France», a ajouté monsieur Fourmy. «Le gouvernement a voulu faire croire qu’avec un budget de plus en plus serré pour la coopération, la France pourrait honorer toutes ses promesses internationales. Aujourd’hui les conséquences de cette politique se feront immédiatement ressentir dans les pays africains», poursuit le membre d’Oxfam France. Pour la première fois depuis l’an 2000, le montant de l’aide française pour les engagements de la France sur les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) a reculé en 2007. Le président français s’était par ailleurs engagé à consacrer 0,7% du Revenu national brut à l’APD d’ici à 2015. Nicolas Sarkozy avait même alerté l’assemblée des Nations unies à New York le 22 septembre dernier «qu’aucun pays africain n’est dans les temps pour atteindre tous les objectifs du Millénaire pour le développement». Il avait alors demandé à la communauté internationale de ne pas répéter les «erreurs du passé», et de ne pas préparer «une nouvelle crise de la dette africaine pour 2030». Mais un moi après ces déclarations, la France annonce une suspension massive des dons et une augmentation significative des prêts. «La France a annulé les dettes de plusieurs pays pauvres ces dernières années. Ces annulations ont été utilisées pour gonfler artificiellement le montant de son aide publique au développement. Désormais, le gouvernement va ré-endetter les pays africains pour tenter de tenir ses engagements internationaux, sans réel effort budgétaire», dénonce Oxfam France. «Avec une telle politique, la France efface d’un trait tous les efforts entrepris ces dernières années pour lutter contre la pauvreté en Afrique et soutenir des stratégies établies par les pays africains eux-mêmes. C’est un retour de 20 ans en arrière.

Au final, les mêmes erreurs sont répétées, et une fois de plus les populations des pays pauvres vont trinquer», déplore enfin Sébastien Fourmy. Un bel exemple de la solidarité pour les pays membres de la francophonie!

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