Côte d'Ivoire : l'ex-rébellion "recommande" le report de la présidentielle

Publié le par Afp

BOUAKE (AFP) — L'ex-rébellion ivoirienne des Forces nouvelles (FN), qui contrôle toujours la moitié nord de la Côte d'Ivoire, a "recommandé" samedi le report de l'élection présidentielle, dont le premier tour est prévu le 30 novembre.

"Nous recommandons le report des élections", a déclaré André Ouattara Deha, le directeur de cabinet adjoint du chef des FN, Guillaume Soro, à l'issue d'un séminaire organisé à Bouaké (centre) par l'ex-rébellion pour tirer le bilan de l'accord de paix de Ouagadougou, signé le 4 mars 2007 avec le président Laurent Gbagbo.

Cette proposition, qui ne mentionne pas de nouvelle date pour le scrutin, faisait partie d'une série de recommandations lues à la fin du séminaire par M. Ouattara Deha.

Attendue depuis la fin du mandat de Laurent Gbagbo, en octobre 2005, la présidentielle a été sans cesse repoussée en raison de la crise politico-militaire née de la tentative de coup d'Etat des FN en septembre 2002.

Les FN ont constaté différents problèmes comme le "ralentissement de l'opération d'identification" (des populations pour la mise à jour des listes électorales) ou encore la "non-sécurisation des lieux d'enrôlement".

Le mouvement a aussi reconnu des difficultés au niveau "du regroupement et du désarmement des ex-combattants", ainsi que l'absence de solution à la question du nombre d'ex-rebelles à intégrer dans l'armée nationale et des grades à leur attribuer.

Le général Soumaïla Bakayoko, chef d'état-major de la branche militaire, a affirmé que "11.000 ex-combattants", sur les 36.000 éléments revendiqués par les FN, ont été déjà "regroupés malgré les difficultés".

Il a toutefois reconnu que le regroupement de ses éléments, première étape dans le programme de désarmement, était "suspendu", faute de moyens.

Le général Bakayoko a souhaité une "adéquation entre la vitesse de regroupement et la capacité de résorption par les structures spécialisées", en allusion aux Programme national de réinsertion (PNRRC) et Programme du service civique national (PSCN).

Les FN ont proposé l'intégration dans l'armée nationale de 10.000 ex-combattants et la réinsertion dans la vie civile des 26.000 autres via le PNRRC et le PSCN. Cette proposition est toujours en négociations entre les FN et le camp du président Gbagbo, muet sur ce sujet.

Le chef d'état-major des FN a par ailleurs suggéré que les allocations forfaitaires allouées à ses éléments pendant la phase de regroupement "soient remplacées par des fonds d'aide à la réinsertion directe". Le non-versement de ces allocations ont provoqué des mouvements de colère à répétition au sein des FN.

La lenteur de l'application de l'accord de paix est régulièrement dénoncé par l'entourage du président Gbagbo qui réclame un désarmement effectif avant la présidentielle.

Les pro-Gbagbo réclament aussi la réunification du pays et l'unicité des caisses de l'Etat.

Publié dans L'AFRIQUE

Commenter cet article