Bulletin d'Information Humanitaire République Centrafricaine (RCA) 29 septembre - 06 octobre 2008

Publié le par Reliefweb

Points saillants

- Am Dafok dans l'extrême nord-est de la RCA, attaqué par des rebelles

- Loi d'amnistie générale adoptée le 29 septembre

- Lancement le 29 septembre, du rapport de suivi des Objectifs du Millénaire pour le Développement en République Centrafricaine.

Contexte et sécurité

Am Dafok attaqué par des rebelles

Une faction rebelle de la Centrafrique a attaqué le 29 septembre la brigade d'Am Dafok, proche de la frontière soudanaise à 70 km à l'est de Birao. Les rebelles se seraient livrés au pillage du village tandis que la totalité de la population aurait fui dans la brousse au moment de l'attaque.

La vingtaine d'assaillants, qui ont désormais quitté Am Dafok seraient des membres des Forces pour l'unification de la République centrafricaine (FURCA), une nouvelle faction rebelle issue de l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR). Elle serait dirigée par Oumar Sodiam, qui refuse l'accord de paix signé par le chef de l'UFDR, Damane Zakaria, avec le président centrafricain François Bozizé dans le cadre des accords préalables au dialogue politique inclusif.

Loi d'amnistie générale adoptée

L'Assemblée Nationale a adopté le 29 septembre la loi d'amnistie générale qui était une des préconditions de la tenue du dialogue politique. Cette amnistie couvre les responsables du gouvernement et des mouvements rebelles des crimes commis après le 15 mars 2003.

Ange-Félix Patassé, l'ancien président, Jean-Jacques Démafouth, coordonnateur de l'Armée Populaire pour la Démocratie (APRD) et Martin Koumtamadji alias Abdoulaye Miskine des Forces démocratiques pour le peuple centrafricain (FDPC), font objet d'une mention spéciale, indiquant qu'ils sont amnistiés pour détournement des deniers publics et assassinats.

Actualités

Projets de nutrition et d'eau dans le nord

L'ONG, International Partnership for Human Development (IPHD) met en oeuvre des projets de nutrition et d'eau et assainissement dans plusieurs zones touchées par le conflit en RCA. Dans les préfectures de l'Ouham, de la Nana-Grébizi et de la Bamingui-Bangoran, l'ONG réalise des programmes financés par le Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF) visant à améliorer l'état sanitaire et nutritionnel des enfants provenant de près de 250 villages.

L'IPHD exécute également un programme de nutrition en ciblant les catégories les plus vulnérables de la population avec des dons de soupes concentrées.

L'initiative est financée par l'Agence des Etats-Unis pour le Développement International (USAID). Dans les mois suivants, l'ONG prévoit la réparation d'environ 100 pompes et la construction de 1.000 latrines à Bossangoa, Nana-Bakassa et Bouça, dans la sous-préfecture de l'Ouham.

L'IPHD encourage également les communautés locales à développer leur autonomie et à améliorer leur situation économique à travers le programme «alimentation pour le progrès » réunissant les composantes suivantes: des banques alimentaires, des crédits pour les agriculteurs et les pêcheurs et des subventions pour les veuves.

Pour plus d'informations : c.bindea@iphd-africa.com

Rapport de suivi des OMD en RCA

En présence du Premier Ministre centrafricain, Faustin Archange Touadéra, le rapport de suivi des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) en République Centrafricaine a officiellement été lancé le 29 septembre.

La publication du Rapport national donne l'occasion de mesurer le chemin parcouru depuis la Déclaration du millénaire. Certaines avancées ont été observées dans le domaine de l'éducation, de l'accès à l'eau potable et celui de l'environnement mais l'évolution actuelle des indicateurs ne permettra pas d'atteindre les objectifs assignés en 2015. « Notre pays ne sera pas au rendez-vous de 2015. Ayons le courage de le reconnaître et de prendre conscience de l'ampleur de ce qui nous attend. C'est un défi que chaque centrafricaine et chaque centrafricain doit relever.», a déclaré le Premier Ministre.

Ainsi l'indicateur de pauvreté est passé de 62,5% en 1992 à 67,2% en 2003. Le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans est passé de 157 pour mille en 1995 à 220 pour mille en 2003. La mortalité maternelle a atteint un taux record de 1.335 pour 100.000 naissances en 2003 contre 683 en 1988. Le SIDA reste une grande préoccupation, avec 6,7 % de taux de prévalence, le plus élevé dans la sous-région. Le paludisme progresse et fait des ravages chez les enfants de moins de 5 ans.

Le rapport sur : http://www.cf.undp.org/omd_car.htm

Prise en charge des personnes vivant avec le VIH

Le Programmes des Nations Unies pour le Développement (PNUD) « Renforcement de la prise en charge globale des personnes vivant avec le VIH en RCA » financé par le Fonds Mondial contre la lutte du SIDA, la tuberculose et le paludisme a débuté le 1er novembre 2003 et devait prendre fin le 30 septembre 2008. Cependant au vu d'un reliquat prévisionnel d'environ 4 millions $, il a été prolongé jusqu'au 31 janvier 2009.

Pour ce qui est des résultats, la mise en oeuvre de ce programme a permis la construction de 16 centres de dépistage volontaires dont deux sont à Bangui et 14 dans les provinces. A ce jour, ces centres sont tous opérationnels. Au total 91.331 personnes ont pu être dépistées parmi lesquelles 5.298 femmes dont la moitié a été prise en charge par le programme de la prévention de la transmission du VIH aux enfants.

Enfin, 8.887 personnes infectées par le VIH sont sous traitement anti rétroviraux (ARV).

Pour plus d'informations : abdoulaye.bagnou@undp.org

Lutte contre le tétanos maternel néo natal

Une mission du Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF) basée en Espagne et représentée par Sara Cortes, et de l'ambassadrice de bonne volonté, le top model espagnol Estefania Luyk, s'est rendue en Centrafrique du 24 septembre au 02 octobre afin de soutenir une campagne de vaccination contre le tétanos maternel et néo-natal instiguée par le Ministère de la santé appuyé par l'UNICEF basé en Centrafrique.

La mission, a effectué une tournée dans le nord-ouest notamment à Kaga Bandoro où elle a pu assister à la vaccination des femmes et d'enfants de la région venus nombreux.

Cette campagne a été financée par l'UNICEF/Espagne en partenariat avec l'entreprise espagnole Dodot qui produit des couches culottes et qui pour l'occasion a lancé le slogan « un paquet de couches-culottes acheté = un vaccin ».

L'ambassadrice de bonne volonté Estafania a promis sensibiliser les mamans de son pays à ce sujet, ce qui permettra d'augmenter le nombre de vaccins anti tétanique en RCA.

Le tétanos maternel néonatal fait parti des dix première causes de mortalité en RCA qui demeure un des plus élevé en Afrique. L'une des causes principales est le manque de respect des règles de l'hygiène par les formations sanitaires.

Mission de la FIDH en RCA

Une mission de la Fédération Internationale de la Ligue des Droits de l'Homme (FIDH) a séjourné à Bangui du 25 septembre au 2 octobre. En effet, depuis 2001, la FIDH se rend en RCA tous les ans et cette année, elle est venue évaluer la prise en compte du respect des droits de l'Homme dans le cadre des accords de paix, de la loi d'amnistie et du futur dialogue politique inclusif.

Après divers entretiens avec les autorités judiciaires, des représentants de la société civile, des victimes de conflits récurrents en RCA, la FIDH note une certaine volonté du respect des droits de l'Homme dans les accords de paix, dans l'amnistie et futur dialogue mais reste dubitative quant à la prise en compte des droits des victimes en Centrafrique.

De même, la FIDH se dit sceptique en ce qui concerne l'exclusion des crimes internationaux dans cette nouvelle loi d'amnistie où les juridictions centrafricaines doivent juger les auteurs de crimes internationaux. La FIDH, explique cela en évoquant trois raisons qui sont, d'une part les crimes internationaux qui ne figurent pas dans le code pénal centrafricain et le code de justice militaire, ce qui ne donnerait aucune possibilité aux juges de juger les auteurs de ces crimes suivant la disposition de ces codes en vigueur.

D'autre part, la Fédération dit avoir constaté le délabrement de la justice centrafricaine qui selon elle n'a pas la capacité d'enquêter sur les faits de violations graves des droits humains. Enfin, la FIDH dit avoir analysé l'absence de volonté des autorités judiciaires ainsi que des autorités politiques pour juger ces crimes.

Coordination

Nouvelles

Jean-Nicolas Marti a quitté la position de Chef de Délégation du Comité Internationale de la Croix- Rouge (CICR). Il est remplacé par Max Ashmore.

Contacts: bangui.bng@icrc.org | 75 20 28 58

Pour toutes informations, veuillez contacter: UN OCHA RCA
Nancy Snauwaert, snauwaert@un.org|+236 75 54 22 78
Gisèle Willybiro, willybiro@un.org|+236 75 54 90 31

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