Paris - Kigali : pas d’avancées concrètes

Publié le par Afrique centrale infos

La situation entre la France et le Rwanda est toujours "bloquée" après la rencontre mardi à New York du président Nicolas Sarkozy avec son homologue Paul Kagame, a déclaré jeudi à la presse le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner.
"La situation est évidemment bloquée, puisque nous ne pouvons rien contre les mandats d'arrêt de la justice internationale", a dit M. Kouchner, qui était interrogé sur les résultats de l'entretien de M. Sarkozy avec M. Kagame.

Le Rwanda a rompu fin novembre 2006 ses relations diplomatiques avec Paris après que le juge Jean-Louis Bruguière eut réclamé des poursuites contre M. Kagame et d'autres responsables rwandais pour leur "participation présumée" à l'attentat contre l'avion de l'ex-président rwandais, Juvénal Habyarimana, le 6 avril 1994, qui avait déclenché le génocide.

"Ce sont les exigences qui ont été présentées et nous avons expliqué que nous n'y pouvions rien", a dit M. Kouchner, confirmant que M. Kagame avait demandé à son homologue français la suppression de ces mandats d'arrêt.

Le ministre français a fait valoir que "de l'autre côté non plus, la France ne peut rien après le rapport Mucyo, que nous examinons avec beaucoup d'attention et les accusations portées contre la France, qui sont évidemment insupportables".

La France a rejeté début août les conclusions d'un rapport de Kigali sur sa "participation" au génocide de 1994. Le président de la commission d'enquête rwandaise s'appelle Jean de Dieu Mucyo.

"Nous sommes dans une situation bloquée et on a intérêt à la débloquer", a poursuivi M. Kouchner. "Ca a toujours été la politique de la France d'avoir des relations normales avec le Rwanda qui, par ailleurs, est quand même le pays qui a le plus souffert", a-t-il dit.

La présidence française a confirmé jeudi que MM. Sarkozy et Kagame s'étaient rencontrés mardi à New York, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, comme le révèle le quotidien français La Croix dans son édition électronique.

La Croix affirme que les deux hommes ont eu un échange "franc" et que le président français est resté "ferme" sur l'impossibilité d'intervenir dans le contentieux judiciaire opposant les deux pays.

Publié dans DROITS DE L'HOMME

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