Le Cambodge toujours miné par la corruption, d’après Transparency International

Publié le par Cambodgesoir/Afp

Le détournement d’argent public est un sport pratiqué à l’échelle de la planète, avec de fortes disparités entre les pays du nord et du sud, où cette pratique est encouragée par la pauvreté. Le 23 septembre, les prévaricateurs de la planète ont tremblé.
Transparency International (TI), un organisme qui traque et dénonce la corruption sur tous les continents a publié son indice de perception 2008, qui fait office de baromètre au niveau mondial.
Cette année, le Cambodge figure à la 166e place sur un total de 180, aux côtés du Kirghizistan, du Zimbabwe, du Turkménistan et de l’Ouzbékistan. Tous ces pays reçoivent la même note de 1,8 sur 10. Le royaume dégringole de 4 places par rapport au classement de 2007, dans lequel il était coincé entre la République Centrafricaine et le Venezuela.

TI explique que le « score attribué à chaque pays ou territoire évalue le niveau de corruption dans le secteur public, tel que perçu par les entreprises et les experts ». Les notes vont de 10 pour les très bons élèves jusqu’à 0 pour les pires.

En 2008, les pays où règne l’honnêteté sont le Danemark, la Suède et la Nouvelle-Zélande, avec chacun une note de 9,3 sur 10. À l’opposé, les corrompus de tout poil ont intérêt à se rendre en Somalie, qui avec un petit 1 sur 10 se classe en queue de peloton.

À ce jour, la loi contre la corruption au Cambodge, dans les cartons depuis des années, n’a toujours pas été votée.

La corruption dans les pays pauvres est une véritable “catastrophe humanitaire” qui tue, avertit l’ONG Transparency International, dont le rapport 2008 publié mardi à Berlin montre du doigt l’Irak, la Somalie, la Birmanie ou encore Haïti.

 

La corruption tue, avertit l’ONG Transparency international


“Dans les pays les plus pauvres, la corruption peut être une question de vie ou de mort, par exemple quand de l’argent pour des hôpitaux ou de l’eau potable est en jeu”, souligne la présidente de l’ONG basée à Berlin, Huguette Labelle, dans un communiqué.

Depuis 1995, l’ONG publie chaque année un indice de perception de la corruption (CPD) classant 180 pays selon l’analyse d’un groupe international d’hommes d’affaires, d’experts et d’universitaires.

“La persistance des hauts niveaux de corruption et de pauvreté touchant nombre des sociétés internationales est comparable à une catastrophe humanitaire permanente et ne saurait être tolérée”, a relevé Mme Labelle.

L’indice va de 10 pour un Etat perçu comme “propre” à zéro pour un Etat perçu comme “corrompu”.

Les meilleurs de la classe des pays “propres” sont le Danemark, la Suède et la Nouvelle-Zélande, avec chacun un indice de 9,3 points, suivis de Singapour, avec 9,2.

Les plus nets reculs sont ceux de la Bulgarie, du Burundi, des Maldives, de la Norvège et du Royaume-Uni, tandis que des progrès significatifs ont été réalisés par l’Albanie, Chypre, la Géorgie, l’île Maurice, le Nigeria, Oman, le Qatar, la Corée du Sud, Tonga et la Turquie, selon l’ONG.

TI attire l’attention sur le déclin de certains pays européens qui devraient, selon l’ONG, faire davantage pour éviter que leurs entreprises ne cherchent à corrompre les responsables de pays étrangers, ou ferment les yeux sur la provenance de fonds suspects déposés dans leurs établissements financiers.

“L’existence de double standards est inacceptable et n’est pas légale (…) car elle mine la crédibilité des pays aisés lorsqu’ils appellent à lutter contre la corruption dans les pays pauvres”, souligne Mme Labelle.

Que les pays soient riches ou pauvres, la lutte contre la corruption nécessite un bon fonctionnement des institutions gouvernementales et de celles de la société civile, affirme Transparency.

Les pays pauvres sont souvent touchés par une justice corrompue et un système parlementaire inefficace. Les pays aisés souffrent quant à eux d’une régulation insuffisante du secteur privé et d’un manque de contrôle des institutions et des transactions financières, selon TI.

“Lutter contre la corruption nécessite un contrôle fort via des parlements, des forces d’exécution de la loi, des médias indépendants et une société civile dynamique”, considère Mme Labelle.

“Lorsque ces institutions sont faibles, la spirale de la corruption échappe à tout contrôle avec d’horribles conséquences pour le peuple, et plus généralement pour la justice et le respect des égalités”, a-t-elle relevé.

Dans les pays pauvres, la corruption menace la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) que se sont fixés les Nations unies d’ici 2015, car elle risque d’alourdir la facture de 35 milliards d’euros, selon des calculs de l’organisation.

L’ONG espère que son constat encouragera les pays donateurs –qui se réunissent le 25 septembre à New York en marge de l’Assemblée générale de l’ONU– à doubler leur aide pour renforcer les institutions dans les pays pauvres.

Les quinze premiers et les quinze derniers pays au classement international 2008 du degré de perception de corruption:

©AFP

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