Etats Unis - Presidentielle 08 : Barack Obama veut faire de John McCain l'homme du passé

Publié le par Afp

GREEN BAY (AFP) — Le candidat démocrate à la Maison Blanche Barack Obama s'est montré particulièrement mordant lundi à l'encontre de son adversaire républicain, l'accusant d'être sous l'emprise des lobbyistes et d'avoir encouragé la dérégulation des marchés.

"Après 26 ans passés à faire partie de la +culture en vigueur+ à Washington, tout ce que (John McCain) a changé est son slogan de campagne en vue de l'élection présidentielle. Et les gens qui dirigent sa campagne prouvent que si nous élisions John McCain comme président, ce n'est pas une équipe de francs-tireurs que nous enverrions à la Maison Blanche, mais une équipe de lobbyistes", a lancé M. Obama au cours d'une réunion électorale à Green Bay (Wisconsin, nord).

Le sénateur de l'Illinois n'a pas ménagé son rival, le faisant sans cesse apparaître comme un homme du passé.

"Quand il parle des intérêts particuliers, mon adversaire ressemble à Bob Lafollette le teigneux", a dit M. Obama, en référence à un sénateur républicain du Wisconsin du début du XXe siècle, connu pour son obstination et ses combats en solitaire contre les caciques de son propre parti.

"Mais quand M. McCain agit, c'est comme quelqu'un qui a passé trois décennies de sa vie à Washington", a-t-il dit, niant les qualités de réformateur du sénateur de l'Arizona.

M. McCain "a placé des représentants des sept plus importantes sociétés de lobbying pour les compagnies d'assurance, du pétrole, de gouvernements étrangers au sein de sa campagne. Freddie Mac et Fannie Mae (deux organismes de refinancement hypothécaire impliqués dans la crise financière, ndlr) ont payé environ 2 millions de dollars à son directeur de campagne pour les défendre contre des règles plus strictes", a fait remarquer M. Obama.

"Je suppose que (ces sociétés) en ont eu pour leur argent", a-t-il ajouté sous les applaudissements de quelque 6.000 personnes.

"Après 26 années à Washington au cours desquelles il a voté en faveur des politiques qui nous ont plongé dans ce gâchis, il prétend désormais être celui qui nettoiera cela", s'est faussement étonné le sénateur de l'Illinois, ironisant sur la "conversion électorale" du sénateur de l'Arizona.

"Laissez-moi être clair. Quand il était question de réformes de bon sens pour réguler (les marchés financiers) et qui nous auraient permis d'éviter cette crise, M. McCain les a combattu encore et encore", a affirmé le candidat démocrate.

"Son plan économique a été écrit par Phil Gramm, l'architecte au Sénat des lois de déréglementation", a-t-il dit.

Principal conseiller économique de M. McCain, le nom de M. Gramm est associé à une loi dite "loi Gramm-Leach-Bliley", datant de la fin des années 1990, qui visait à améliorer la compétitivité des institutions financières du pays en faisant tomber les murs dressés pendant la Grande Dépression entre les banques, les sociétés d'investissement et les compagnies d'assurance.

C'est ce texte, ardemment défendu à l'époque par M. McCain, qui a permis à la société d'assurance AIG de participer à la ruée vers l'or sur le marché mondial de la banque et de l'investissement.

"Même avec ce que nous savons maintenant, le sénateur McCain dit que les déréglementations ont aidé la croissance de notre économie. C'est peut-être vrai en ce qui concerne les profits de quelques PDG, mais ça ne l'est certainement pas en ce qui concerne la prospérité de l'Amérique", a dit M. Obama.

Le sénateur de l'Illinois devrait avoir l'occasion d'expliquer directement son point de vue à son adversaire vendredi, à l'occasion du premier débat télévisé entre les deux candidats à la Maison Blanche.

Publié dans LE MONDE

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