Afrique du Sud : Mbeki démissionne

Publié le par Bbc Afrique

Le président sud-africain a donné sa démission, après avoir été poussé vers la sortie par son propre parti, le Congrès national africain. Thabo Mbeki a cependant rejeté les accusations d'instrumentalisation de la justice dans les démêlés judiciaires du président de l'ANC, Jacob Zuma.

C'est pourtant sur la base de ces allégations avancées par un juge sud-africain que le parti a exigé le départ prématuré du président Mbeki.

"Aujourd'hui, j'ai remis ma démission des hautes fonctions de président de la République d'Afrique du Sud à la présidente du Parlement", a notamment déclaré le président Mbeki dans un discours radiotélévisé.

Le chef de l'Etat sud-africain a remercié l'ANC de lui avoir "donné l'opportunité de servir ce pays pendant 14 ans comme vice-président, puis comme président de la République".

Thabo Mbeki a également rappelé qu'il a milité pendant 52 ans dans le parti qui a demandé et obtenu sa tête, soulignant qu'il a rejoint l'ANC à l'âge de 14 ans.

Dans son bilan, celui qui est à la tête de l'Afrique du Sud depuis 9 ans admet cependant quelques insuffisances, affirmant notamment que malgré les avancées économiques réalisées, il serait "le premier à reconnaître qu'avec la croissance économique soutenue, les fruits de ces bons résultats ne sont pas encore totalement et équitablement partagés au peuple".

"Nous continuons, a encore reconnu Thabo Mbeki, à trouver une abjecte pauvreté cohabiter avec une extraordinaire opulence".

Le président sud-africain a, par ailleurs, rejeté les accusations d'instrumentalisation du ministère public, dans les démêlés judiciaires de son camarade de parti qui était pressenti pour lui succéder à la tête de l'Etat.

Ces allégations avancées par un juge ont poussé l'ANC à contraindre Thabo Mbeki à la démission avant la fin de son mandat dans moins d'un an.

"Nous n'avons jamais compromis la liberté du parquet général sur le choix de qui doit faire objet de poursuites et de qui ne doit pas être poursuivi. Ceci est valable pour la douloureuse affaire du camarade Jacob Zuma", a juré Thabo Mbeki.

L'ANC doit proposer aux députés son candidat au poste de "président par intérim" censé diriger le pays jusqu'à la tenue des prochaines élections générales.

Même si de nombreux observateurs notent que la crise à la tête de l'exécutif sud-africain n'est pas très bonne pour le moral de l'économie et la confiance des investisseurs, quelques-uns d'entre eux font tout de même remarquer que cette situation peut avoir des effets positifs.

Ces observateurs expliquent que la crise est révélatrice du fait que dans une démocratie, un président de la République n'est pas un intouchable, et que son poste n'est garanti que par ceux qui l'ont élu.

Or Thabo Mbeki, estiment-ils, semblait s'être enfermé dans une espèce de tour d'ivoire, coupé du peuple et de son parti qui n'avait pas l'impression d'être sur la même longueur d'ondes que le président.

Publié dans L'AFRIQUE

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