Centrafrique - Politique : Nouvelle médiation de Libreville dans le conflit centrafricain

Publié le par Gaboneco

Pouvoir et mouvements rebelles centrafricains sont à nouveau réunis à Libreville pour rétablir le consensus en vue de la tenue du dialogue politique inclusif sensé ramener une paix durable dans ce pays. Scellé par l'accord de paix global signé en juin dernier à Libreville, la tenue effective du dialogue politique inclusif achoppe depuis la tentative du gouvernement centrafricain de diluer les acquis relatifs à l'amnistie des groupes rebelles qui ont entraîné la suspension de la participation des principaux mouvements rebelles au processus de paix.

Les négociations entre le gouvernement de centrafricain et la rébellion de l'Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD) ont repris le 13 septembre dernier dans la capitale gabonaise, face à l'enlisement de la situation entre les deux parties, qui demandent mutuellement la démission de leurs chefs de file respectifs.

"Je suis arrivé jeudi à Libreville pour la reprise des pourparlers entre l'APRD et le gouvernement. La délégation gouvernementale est attendue ce jour (vendredi) à Libreville" a déclaré Jean Jacques Demafouth, condamné à l'exil en raison de poursuites judiciaires pour "assassinat et complicité d'assassinat" dont il fait l'objet dans son pays.

Le chef rebelle a également annoncé que le représentant spécial du secrétaire général de l'ONU en République Centrafricaine, François Lonsény Fall, sera également présent.

Le président de l'APRD, Jean-Jacques Demafouth avait suspendu la participation de son mouvement au processus du dialogue politique inclusif le 1er août dernier, estimant que le projet de loi d'amnistie générale en faveur des rébellions soumis par le gouvernement à l'Assemblée nationale n'était pas conforme à ce que qui avait été convenu lors de l'accord de paix du 9 mai.

Jean Jacques Démafouth a également annoncé son retrait de cet accord du 9 mai entre l'APRD et le gouvernement ainsi que de l'accord global de paix signé le 21 juin à Libreville entre le gouvernement, l'APRD et l'UFDR.
Le retrait de l'APRD du processus du dialogue politique inclusif est suivi d'une guerre de communiqués entre cette rébellion active dans le nord-ouest et le gouvernement qui s'accusent mutuellement de violations.

Dans un communiqué publié la semaine dernière, le gouvernement a accusé l'APRD d'avoir exécuté seize civils dans les régions du nord-ouest.

La rébellion armée a repris toutes les positions qu’elle occupait mais son état-major militaire a également procédé, dans les localités qu’elle contrôle, à la nomination des sous-préfets, maires, chefs de villages, receveurs et autres agents de recouvrement ainsi que des chefs de tribunaux de première instance.

Le 3 septembre dernier, le médiateur de la République, le professeur Abel Goumba, s’était insurgé contre toute tentative de balkanisation du pays et avait exhorté toutes les personnes qui s’engageraient dans une telle «aventure» à «renoncer à leur manœuvre»..

Le 6 août, le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en Centrafrique, François Lonseny Fall, avait appelé à une nouvelle médiation du président gabonais Omar Bongo Ondimba, président du comité ad hoc de la CEMAC pour les questions centrafricaines, afin d’aider la RCA à surmonter la crise politique actuelle qui empêche la tenue du dialogue politique inclusif.

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