CENTRAFRIQUE - FORCES ARMEES : MILITAIRES , GENDARMES , ET POLICIERS RACKETTENT LA POPULATION

Publié le par LE CONFIDENT

QUARTIER COMBATTANT : RACKETS OFFICIALISES DES HABITANTS PAR DES FORCES MIXTES DE SECURITE

QUARTIER COMBATTANT : RACKETS OFFICIALISES DES HABITANTS PAR DES FORCES MIXTES DE SECURITE
Au rythme de deux à trois rafles par mois, une force mixte composée d'éléments de la gendarmerie nationale, des forces armées et de la police centrafricaines se déploie très souvent dans le 8ème arrondissement et plus précisément dans le quartier Combattant à la recherche de quoi, on ne sait.
 Les premières fois, pointés dans les coins des rues, ces éléments procédaient au contrôle de routine des pièces administratives des hommes mais, non pas sans exactions car, de jeunes mineurs composés à majorité des élèves étaient arrêtés et déportés à la Brigade de la gendarmerie territoriale de Bangui pour défaut de présentation de pièce administrative. Des parents affolés ont couru çà et là à la recherche de proches ou connaissances bien situés dans le sphère des dignitaires pour solliciter leur intervention .
 De simples coups de fils ont suffi pour libérer les uns alors que les malheureux autres qui n'avaient personne d'influent avaient dû être rançonnés qui de 5000 F, qui de 1500 F voire 100 F CFA comme prix de leur liberté. Les mêmes forces mixtes sont à nouveau intervenues dans la nuit du Samedi à Dimanche, de 2h à 9h du matin, cette fois-ci, allant de maison en maison pour un contrôle général.

Profitant de la fraîcheur retrouvée grâce à la fine pluie qui tombait, les habitants du quartier Combattant étaient plongés dans un agréable sommeil duquel ils ne souhaitaient aucunement être dérangés lorsque des énergumènes cognaient de maison en maison, qui à des portes, qui à des fenêtres pour demander, tout menaçant, qu'on leur ouvre. Effrayés par les menaces et surtout par l'esprit que les braqueurs opèrent ainsi et à défaut d'une déclinaison de leur identité, les occupants de la maison qui ne voulaient pas ouvrir aussitôt, s'entendaient traités de tous les noms de malfrats jamais désirables et des menaces de défoncer les portes avant que, sous l'effet de la colère, on crie du dehors que c'est un contrôle de la gendarmerie. Drôle de méthode d'approche.
 
 
Sans exagération, ce que la population du quartier Combattant a vécu hier matin lors de ce contrôle est une pire humiliation car, il n y avait aucune considération de la dignité de la personne humaine. Une fois la porte ouverte suite aux menaces, c'est un essaim d'hommes et de femmes en tenue arme au point, sans aucun signe de politesse qui vous assaille, les uns demandant aux hommes, même aux mineurs leurs pièces administratives, d'autres fouillant dans la maison et rassemblant appareils électroménagers, postes radio, chaînes voire des fers à repasser pour exiger qu'on leur présente les factures et à défaut, de l'argent, faute de quoi, ils emportent tout. Des camions de la gendarmerie ont ainsi fait des navettes de personnes et de biens entre la Brigade Territoriale de Bangui et le quartier Combattant.
 
La fréquence de ces rafles, la non précision de leur objet, le quartier Combattant pris pour cible et surtout le fait qu'elles sont transformées en des opérations de rackets de la population laissent perplexes les habitants du 8ème arrondissement qui ne savent à quel Saint se vouer pour leur sécurité la protection de leurs biens. Ce qui se passe à Combattant et uniquement à Combattant est de nature à faire penser que c'est une transposition à Bangui de la situation dans le nord du pays et plus précisément le différend entre les gbaya et les Kaba dont le commun des Centrafricains n'arrive pas à cerner les tenants et les aboutissants.

Prendre tout un quartier pour cible alors que ces rafles pouvaient aussi bien être menées ailleurs dans les autres quartiers de la Capitale ne peut avoir une autre signification que la mise en œuvre de l'esprit revanchard de Bozizé de se venger de tous ceux qui ne lui ont pas accordé leurs voix lors des dernières élections. Il l'a si bien dit à Bambari lors de la cérémonie de lancement officiel des activités de la Société Aurafrique. Maintenant que l'armée de Bozizé a réussi à chasser de leur maisons et villages les populations du nord qui se sont réfugiés soit dans la brousse, soit au sud du Tchad, ce qui les a plongé dans des conditions précaires de vie et des souffrances indescriptibles, la manœuvre est orientée maintenant sur la population du quartier Combattant supposé être le fief des Kaba, Talé, Sarha et autres ethnies du nord que Bozizé a juré d'exterminer.
Si là est l'intention profonde et la raison de nuire au quartier Combattant, le Président démocratiquement élu aura commis ou est en train de commettre la plus grave erreur politique.
 
 La Centrafrique, la région du Nord en général et le quartier Combattant en particulier sont des creusées humains où il y a tout un mélange d'ethnies dont le facteur principal de cohésion est la langue sango. Vouloir mener des actions punitives contre qui que ce soit et pour quelques raisons que ce soit serait que pure folie. Les populations du nord en général et plus précisément de Combattant sont des Centrafricains qui aspirent à la paix, à la sécurité et à la protection. Leur profond souhait est de voir se régler pacifiquement les problèmes qui surviennent entre les fils de la Centrafrique, c'est pourquoi, elles soutiennent pleinement la démarche du Comité de Suivi des Actes du Dialogue nationale (CSADN) tendant à faire accepter au le Président de la République, la tenue d'un dialogue entre les différents groupes rebelles et les responsables politiques du pays.
 
 
De grâce, que la gendarmerie nationale, la police et les forces armées centrafricaines cessent de se conduire en bourreaux aux paisibles citoyens ; même si elles ont des raisons d'effectuer des rafles, que la dignité de la personne humaine des centrafricains soit respectée, sa sécurité et la protection de ses biens assurées. C'est l'ensemble des centrafricains qui vit la pauvreté et la misère, ces quelques biens ont été acquis à la sueur de leur front ; les voir s'envoler sous quelques menaces qui friment des actes de brigandage ou de vol à mains armées exécutés par des éléments de nos forces de défenses et de sécurité n'augure pas ces différentes institutions républicaines.


Mercredi 29 Mars 2006
Grand. Petit-Jean
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Publié dans DROITS DE L'HOMME

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