Koweit : Esclavagisme au pays de l'or noir

Publié le par Afrique-Asie

Au moment où les pays du Golfe arabo-persique, grâce à la montée du brut, accumulent des plus-values pharaoniques, englouties dans des investissements pour le moins hasardeux (gratte-ciel, îles artificielles, hôtels sept étoiles, spéculation boursière…), des fissures commencent à apparaître dans ce que certains historiens assimilent à des États-comptoirs ayant prospéré au XIX e siècle.


Particularité de ces monarchies de droit divin : la main d’oeuvre étrangère représente 90 % de la population. Corvéables à merci, travaillant dans des conditions inhumaines, ces immigrés (majoritairement asiatiques) commencent à bouger. Vers la mi novembre 2007, l’émirat de Dubaï avait déjà connu la première grève de son histoire, déclenchée en raison de la détérioration des conditions du travail et de la baisse de moitié de leurs salaires, à la suite de la dégringolade du dollar, monnaie d’échange dans ces pays.


Cette grève importante réprimée dans le sang et suivie d’expulsions massives n’a pas retenu à l’époque l’intérêt des médias. Cet été, dans un autre émirat, le Koweït, les ouvriers originaires du Bangladesh, l’un des pays les plus pauvres de la planète, ont pris la tête d’une contestation massive. Jusqu’ici, ces immigrés acceptaient n’importe quoi pourvu qu’à la fin du mois leur salaire (200 dollars) soit payé.

Or même ce salaire n’est pas honoré. Certains, auxquels on a promis près de 200 dollars mensuels au pays, ne perçoivent au Koweït que le quart de ce montant ! La répression n’a pas tardé : des milliers d’ouvriers ont été expulsés vers Dacca. En prévention, les autres émirats du Golfe, qui ne sont pas à l’abri d’une telle contestation, ont pris des mesures d’expulsion massive contre les Bangladeshi, notamment en Arabie Saoudite.

Publié dans DROITS DE L'HOMME

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