Zimbabwe : Un accord politique conclu

Publié le par L'Express

Robert Mugabe et Morgan Tsvangirai ont conclu un accord afin de partager le pouvoir. Le pays est plongé dans une crise politique qui paralysait le pays depuis les élections de mars dernier. Les deux leaders devraient annoncer la formation d'un gouvernement d'union nationale dans le courant de la semaine prochaine.

Le président sud-africain Thabo Mbeki, qui joue un rôle de médiateur dans les pourparlers, a déclaré que la Zanu-PF de Mugabe et le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) de Tsvangirai s'étaient mis d'accord sur toutes les questions litigieuses et qu'ils présenteraient un gouvernement d'union nationale lundi.

Mbeki a ajouté que la cérémonie de signature officielle se déroulerait en principe lundi à Harare en présence de dirigeants régionaux.

13 ministères seront attribués à l'opposition

Le président, au pouvoir depuis l'indépendance, présidera ce gouvernement tandis que l'opposant Morgan Tsvangirai présidera lui le conseil des ministres, a précisé le sénateur David Coltart.

Mugabe et Tsvangirai ont conclu jeudi un accord de partage du pouvoir censé pourrait mettre fin à la crise post-électorale dans laquelle est plongé le pays. Selon le président sud-africain Thabo Mbeki, le gouvernement d'union nationale devrait être présenté lundi.

Dans un communiqué, le sénateur Coltart précise que 13 ministères seront attribués au Mouvement pour le changement démocratique (MDC) de Tsvangirai, trois iront à la faction dissidente du MDC à laquelle il appartient et 15 seront réservés à la Zanu-PF.

"Je suis absolument certain que les dirigeants du Zimbabwe sont décidés à appliquer ces accords (...)", a dit Mbeki, tout en appelant la communauté internationale à "respecter le fait que le peuple du Zimbabwe ait pris une décision au sujet de son pays".

Aucune précision n'a été apportée sur les termes de l'accord et les concessions accordées par Mugabe à Tsvangirai. Or, cette question centrale déterminera pour nombre d'analystes la viabilité de l'accord.

"De nombreuses pièces du puzzle doivent encore trouver leur place"

"Je ne pense pas que nous soyons sortis de l'auberge", a déclaré Martin Rupiyah, directeur du département en recherches africaines à l'université de Cranfield. "Il y a de nombreuses pièces (du puzzle) qui doivent encore trouver leur place. L'une d'elles est la question du rôle de l'armée (...) Les infrastructures permettant une violence au service de l'Etat restent en place".

Pour John Makumbe, un analyste politique critique à l'égard de Mugabe, l'accord ne sera couronné de succès que si Tsvangirai se voit confier d'importants pouvoirs. "Tsvangirai a besoin de pouvoirs exécutifs significatifs et il doit avoir les mains dans la machinerie de l'Etat, notamment les services de sécurité".

La crise actuelle est née de l'élection présidentielle. Tsvangirai, qui avait devancé Mugabe au premier tour le 29 mars dernier, s'était retiré du second tour organisé en juin en invoquant des violences et des manoeuvres d'intimidation visant ses partisans.

Inflation de plus de 11 millions pour cent

Seul en lice, Mugabe, chef de l'Etat depuis 1980, a été proclamé vainqueur du scrutin mais cette réélection contestée lui a valu les foudres des chancelleries occidentales ainsi que de nouvelles sanctions internationales.

Le pays espère que l'accord politique permettra de redresser une économie en lambeaux. L'inflation dépasse 11 millions de pour cent au Zimbabwe, qui est en proie à de graves pénuries de produits alimentaires et de carburant.

Cette situation a poussé des millions d'habitants à chercher de quoi subsister dans les pays voisins, ce qui a créé des tensions avec les populations locales.

Le ministère sud-africain des Affaires étrangères a immédiatement appelé la communauté internationale à apporter "son soutien sans équivoque au peuple du Zimbabwe qui se lance sur une nouvelle voie".

Les différentes forces d'opposition au Zimbabwe disposeront d'un ministère de plus que la Zanu-PF du président Robert Mugabe dans le futur gouvernement issu de l'accord de partage du pouvoir, a déclaré vendredi un sénateur de l'opposition.

Publié dans L'AFRIQUE

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