TCHAD - FRANçAFRIQUE : TOUT FAIRE POUR SAUVER LE SOLDAT DEBY ITNO

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Du supposé coup d’Etat raté du 14 mars à l’élection présidentielle du 3 mai : le peuple Tchadien otage de la mafieuse France-Afrique
(Laleonline.com 27/03/2006)


Le 14 mars 2006, peu avant 16 heures plusieurs véhicules quittent le camp d’Amsénéné vers l’est du pays. Ce camp est situé juste à côté de la Base Adji Kossei où est logé l’opération Epervier français.

Informée, l’armée française prend position vers 18 heures autour de l’aéroport international de N’Djaména. Le quartier Goudji qui jouxte l’aéroport est complètement bouclé. Vers 19 heures tous les quartiers allant de Farcha à la présidence de la République sont pris d’assaut par les militaires français. Des chars français sont sortis et prennent position notamment stationnés au carrefour des TP, qui se trouve en face du camp Adji Kosseï où est basé le détachement français (opération Epervier) ; au rond point de l’ancienne présidence (Hisseine Habré) d’où part la rue vers l’aéroport au bord de laquelle trône l’immeuble personnel d’ Idriss Deby Itno (IDI) ; au rond point de la BICIS située dans l’immeuble de l’ancienne Renault ; au rond point de la garde nationale et nomade du Tchad (GNNT), au rond point situé entre le Palais de Justice et la BEAC etc.

Le quartier présidentiel ainsi mis sous coupe réglée, l’Ambassadeur de France téléphone à l’Elysée pour annoncer le coup d’Etat manqué. Informé, Idriss Déby Itno prend l’avion affrété et mis à sa disposition pour débarquer à N’Djaména. Arrivé à 21 heures à N’Djaména, l’avion est discrètement conduit à l’aéroport militaire où l’attendaient l’Ambassadeur Jean-Pierre Berçot (JPB) et les militaires français de haut rang. Pas de Ministres (même pas le Premier Ministre) pas d’officiels, pas de services secrets ou militaires tchadiens etc.).

Le faiseur de roi, l’Ambassadeur de France, l’emmènera à sa résidence sous bonne garde de l’armée française. Une fois à la résidence de l’Ambassadeur, il ne sortira que le lendemain toujours sous bonne garde de l’armée française pour la présidence de la République. Depuis lors, on ne sait pas où IDI dort la nuit bien que ce sont les militaires français qui prennent garde à la présidence. Selon les rumeurs publiques, il continue à occuper la chambre que lui a prêté l’Ambassadeur JPB à son arrivée de Bata. Il semble aussi qu’il simule se rendre à la cité de l’OCAM à bord de hors-bord pour y passer la nuit alors qu’il prendra le taxi pour la résidence JPB. Cette stratégie a pour but de piéger ceux qui lui en veulent du mal.

Le lendemain de son arrivée à N’Djaména, IDI remis dans sa peau de chef de l’Etat se rend au camp d’Amsénéné, procède à l’arrestation et aux tortures des colonels Egrey et Ali Nour respectivement commandant de l’escadron léger et commandant de l’escadron lourd qui se trouvaient là parce qu’ils n’ont rien à se reprocher. Plusieurs autres gradés et hommes de rang sont également mis aux arrêts et auraient été abattus par Idris Déby en personne. Si IDI n’a pas tué ces deux officiers et leurs hommes, il faut qu’il les montre à la presse.

Informés de la présence d’ID à Amsénéné, le Ministre de la Défense nationale et le chef d’Etat-major général qui voulaient le rejoindre ont été refoulés comme des malpropres par ses gardes du corps qui ne sont autres que ses propres enfants, ceux de ses frères et sœurs.

Election présidentielle : JPB et Daoussa Déby (le grand frère de l’autre) font les portes à porte des leaders de la CPDC pour tenter de recruter les candidats moyennant financement de leur campagne électorale pour rendre crédible la réélection d’IDI. Il s’agit, entre autres, de Lol Mahamat Choua, Kamougué Waddal Abdelkader, Saleh Kebzabo, Naïmbaye Lossimian, Ali Golhor etc. Harcelés, deux de ces derniers (Kamougué et Saleh Kebzabo) ont fui : le premier à Sarh puis à Moïssala pour se mettre à l’abri des visites nocturnes et autres appels téléphoniques insolites et l’autre carrément hors du Tchad à Bamako (Mali) et ce, en attendant la clôture des candidatures.

Devant le refus catégorique des candidats crédibles, quatre membres de la mouvance présidentielle sont invités à présenter leurs candidatures moyennant financement de leur campagne. Id donne des instructions à un de ses collaborateurs d’honorer les factures de campagne électorale de ces faire-valoir que sont l’ancien premier Ministre d’IDI et actuel allié Kassiré Coumakoye, l’allié, plusieurs fois Ministre et le Ministre de l’Agriculture Pahimi Padacké, l’allié et Ministre Mahamat Abdoulaye et l’allié Koulamallah commerçant.

Face à cette situation inédite et à la situation explosive du Tchad, la communauté internationale représentée par le représentant-résident du PNUD, le représentant de l’UA, les Ambassadeurs des Etats-Unis d’Amérique, de la République Fédérale d’Allemagne, de l’UE etc. offre sa médiation. Elle a rencontré, le 16 mars 2006 au siège du PNUD, l’opposition composée de la CPDC (plus d’une vingtaine de partis politiques) et le FAR/Parti fédération de M. Yorongar. Une fois au courant du compte-rendu de cette première rencontre, M. Kofi Annan, secrétaire général des Nations-Unies envoie son représentant spécial, le général Cissé, le dernier Ministre sénégalais de l’intérieur du Président Abdou Diouf grâce auquel l’alternance a lieu au Sénégal. Le général Cissé a assisté, le 24 mars 200-, à la toute première rencontre de M. Ngarlejy Yorongar et le premier Ministre d’Idriss Déby Itno en l’occurrence M. Pascal Yoadimnadji.
 Bien que IDI réunit notamment le Premier Ministre, les Ministres concernés par les élections dont le Ministre de l’Administration du Territoire, le Président du conseil Constitutionnel, le Président de la CENI etc. pour examiner point par point ces 19 propositions (cf. lettre à la communauté internationale), rejette en bloc toutes ces propositions.
 La communauté internationale appréciera.

laleonline.com, 26 mars 2006 -

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