Centrafrique : Le gouvernement accuse une rébellion d'exécutions sommaires

Publié le par Romandie news

BANGUI - Le gouvernement centrafricain a accusé jeudi la rébellion de l'Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD) d'avoir exécuté "au moins 16 personnes" depuis trois mois après des jugements sommaires dans la partie du nord-ouest de la Centrafrique qu'elle contrôle.

"Au cours de ces trois derniers mois, ils (l'APRD) ont procédé à l'exécution d'au moins seize personnes condamnées par une cour de justice dont ils sont les juges", a affirmé à la radio nationale le général Guillaume Lapo.

Selon ce porte-parole du ministère de la Défense, les partisans de l'APRD, "transformés en bandits de grand chemin (...) multiplient les actes de violence particulièrement à l'endroit de la frange la plus vulnérable de la population qu'ils prennent en otage, la dépouille de ses biens".

Il estime que ces actions sont une source de financement pour l'APRD.

Le général Lapo a encore indiqué qu'"il y a quelques heures seulement", des éléments de l'APRD avaient attaqué le village de Baloua au nord de Bozoum (300 km au nord-ouest de Bangui), tuant sept personnes, tandis que dans un autre village "deux femmes, dont l'une enceinte" ont été tuées après avoir été violées.

Ces exactions ont provoqué la fuite de 1.200 personnes. Des éleveurs ont quitté le pays pour se réfugier au Tchad ou au Cameroun.

L'APRD s'était retirée le 1er août du processus de paix et du "Dialogue politique inclusif" qui doit rassembler toutes les parties centrafricaines (pouvoir, rébellions, opposition, société civile) pour sortir le pays de la crise sociale et financière et pacifier le pays.

"Après son retrait du processus du dialogue politique inclusif, l'APRD s'est placée résolument dans une logique de violence et s'emploie à mettre le pays à feu et à sang", a poursuivi le porte-parole.

L'APRD, un des trois grands mouvements rebelles présidé par l'ancien ministre de la Défense Jean-Jacques Demafouth, avait signé le 21 juin à Libreville un "accord de paix global" constituant un préalable à l'organisation du "dialogue politique inclusif".

Elle s'en était retirée en raison de désaccords sur certains points des lois d'amnistie en cours d'examen par le parlement.

La Centrafrique, pays enclavé figurant parmi les plus pauvres de la planète, est en proie depuis 2005, année de l'élection de M. Bozizé, à l'insécurité dans le nord, où groupes rebelles, "coupeurs de routes" et soldats gouvernementaux commettent de nombreuses exactions.

(©AFP / 04 septembre 2008 11h07)

Publié dans ACTUALITES NATIONALES

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