Un mandat d'arrêt libanais contre Kadhafi

Publié le par Bbc Afrique

A Beyrouth, c’est un vieux dossier qui vient de sortir des tiroirs de la Justice : il s’agit de la disparition en 1978 du chef de la communauté chiite.

Un juge vient d’inculper et demander l’arrestation du colonel Mouammar Kadhafi accusé d’avoir enlevé le dignitaire religieux.

Une décision qui risque toutefois de rester sans lendemain.

Un réveil bien tardif?

Vingt ans après la disparition de l’Imam Moussa Sadr, la justice libanaise a réactivé le dossier et inculpé Mouammar Kadhafi en demandant son arrestation. Il s’agit en fait d’une vieille histoire.

Août 1978. Moussa Sadr, chef spirituel de la communauté chiite libanaise, disparaissait avec deux de ses compagnons au cours d’un voyage en Libye.

Fondateur du mouvement chiite Amal, dont le chef actuel est le président du Parlement Nabih Berri, l’imam était à l’époque au faîte de son influence.

Il n’a plus donné signe de vie depuis cette visite et beaucoup pensent ici que le chef religieux avait été tué après son enlèvement..

La justice libanaise avait bien mené une enquête après cette disparition, mais les Libyens ont toujours nié avoir détenu le dignitaire religieux.

Ils avaient même prétendu en ce temps qu’il avait terminé sa visite en Libye et qu’il était reparti pour l’Italie. Mais les recherches dans ce dernier pays n’avaient rien donné.

Enlèvement

Dans ses attendus, le juge libanais accuse le colonel Kadhafi d’incitation à l’enlèvement, à la guerre civile au Liban et au conflit armé entre confessions.

Selon la loi libanaise, ce dernier chef d’inculpation est passible de la peine de mort.

Six autres ressortissants libyens ont été également inculpés pour participation à l’enlèvement.

Comme le chef de l’Etat libyen n’avait pas répondu à une précédente convocation, le juge a décidé d’émettre un mandat d’arrêt à son encontre.

La question qui se pose est de savoir pourquoi la justice libanaise a-t-elle décidé brusquement de réactiver ce dossier.

Il faut savoir que l’équilibre communautaire local a énormément changé depuis 1978.

En profil bas depuis de nombreuses années, la communauté chiite a depuis gagné en puissance avec l’émergence du tout puissant Hezbollah.

Ce qui fait que la disparition de l’Imam est brusquement revenue sur le tapis avec l’exigence de faire toute la lumière sur sa disparition.

Bien évidement, on ne voit pas comment la justice libanaise pourra donner une suite concrète à sa décision, le colonel Kadhafi étant un chef d’Etat en exercice.

Déjà que la police locale est dans l’incapacité d’arrêter les responsables d’une série d’attentats meurtriers qui avaient secoué le pays au cours des trois dernières années, les commentateurs estiment que la décision judiciaire d’arrêter le colonel Kadhafi relève davantage de la gesticulation politique.

 

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