Bulletin d'Information Humanitaire République Centrafricaine (RCA) 04 août - 11 août 2008

Publié le par Reliefweb

Points saillants

- Le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies, François Lonseny Fall, appelle la poursuite du dialogue politique national en RCA.

- Un accident de la route à Balatete-Azene, près de Mbrés dans le nord-centre a fait 15 morts et 28 blessés.

Contexte et sécurité

L'ONU appelle la poursuite du dialogue politique

Dans un communiqué de presse paru le 6 août à Bangui, le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies (RSSG), François Lonseny Fall, a lancé un appel au chef de l'état gabonais, Omar Bongo Ondimba, président du comité ad hoc de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) pour les questions centrafricaines, afin d'aider les acteurs centrafricains à surmonter la crise qui compromet la tenue du dialogue politique inclusif.

Le RSSG, a également invité les protagonistes de la crise centrafricaine à faire preuve de bonne volonté politique, pour poursuivre harmonieusement l'élan déjà pris en vue de la restauration de la paix, conformément à l'accord global de paix signé à Libreville le 21 juin dernier. Selon M. Lonseny Fall, la crise politique actuelle est de nature à compromettre les acquis des efforts de paix et de réconciliation nationale et cela remettrait en cause la tenue d'un dialogue politique inclusif.

Trois, des cinq projets de loi déposés pour adoption à l'Assemblée Nationale par le gouvernement seraient à l'origine de l'actuelle crise politique en Centrafrique. Le premier concerne les infractions commises par les éléments des Forces armées centrafricaines (FACA) dans le cadre des opérations de maintien de l'ordre contre les mouvements rebelles, au cours du 15 mars 2003, tandis que le second a trait aux infractions commises par les éléments armés ayant participé au putsch militaire du 15 mars 2003. Le troisième concerne l'atteinte à la sûreté de l'Etat et à la défense nationale par des groupes politicomilitaires, notamment l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), le Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC) et l'Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD). L'article 3 de ce projet de loi précise notamment que sont exclus du bénéfice de l'amnistie, les éléments ou groupes rebelles qui auront refusé la démobilisation ou le cantonnement des troupes, ceux qui auront refusé de restituer ou dissimulé des armes et minutions, véhicules, engins ainsi que ceux qui auront refusé de se soumettre aux injonctions des autorités établies.

L'Union des Forces vives de la Nation (UFVN), regroupant les partis d'opposition démocratique, l'APRD de Jean Jacques Démafouth, le FDPC de M. Abdoulaye Miskine et l'Union des forces républicaine (UFR) du Lieutenant Florian Ndjadder ont exprimé leur désaccord avec les trois textes et ont décidé de suspendre leur participation au processus du dialogue politique.

François Lonseny Fall, a réitéré sa volonté de poursuivre les efforts nécessaires avec les autres facilitateurs internationaux, pour la restauration d'une paix durable en République centrafricaine et la tenue du dialogue politique inclusif.

Actualités

Un accident de la route mortel près de Mbrés

Un camion transportant des personnes et de la marchandise s'est renversé le 30 juillet à Balatete- Azene, près de Mbrés dans le nord-centre du pays. Il y a eu 15 morts et 28 blessés.

Les traumatisés ont reçus des premiers soins au centre de santé de Mbrés appuyé par l'ONG Aide Médicale Internationale. Les personnes plus gravement blessées ont été transférées à Bangui et à Kaga Bandoro où elles ont bénéficié des kits trauma de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Au 7 août, il y avait encore 5 accidentés grabataires à l'Hôpital Communautaire de Bangui.et l'OMS continu de suivre l'évolution des blessés.

Les moyens de transport ne répondent pas aux normes internationales en RCA et les nombreux accidents de la route sont nombreux à occasionner des pertes humaines.

Pour plus d'informations: kuotong2001@yahoo.fr

La sécurité alimentaire en RCA

Entre Janvier et Avril 2008, les prix des produits alimentaires en République centrafricaine ont augmenté en moyenne de 25%; alarmante, le prix du manioc, un aliment de base en RCA, a augmenté de moins de 50%.

Ces fortes hausses de prix pèsent lourdement sur la population centrafricaine, en particulier les 67% de la population qui vit avec moins de 1$ par jour. Avec l'augmentation du coût du carburant dans le monde entier, les prix des produits alimentaires va sans doute continuer à augmenter, mettant ainsi en danger la sécurité alimentaire et la nutrition en RCA.

En réponse à ces questions, le Gouvernement centrafricain a mis en place une équipe dirigée par le Ministre du développement rural. Jusqu'à présent, cette équipe a adopté un gel temporaire des prix du carburant et a mis en place un nouveau programme agricole visant à augmenter les semences locales et la production alimentaire.

Les membres du groupe sectoriel (cluster) de la sécurité alimentaire ont également commencé à prendre des mesures, en ciblant plusieurs objectifs, notamment l'obtention de meilleures données et augmenter la diversification des activités génératrices de revenus.

Mission exploratoire du PAM à Sam-Ouandja

Suite à une mission à Sam-Ouandja effectuée le 13 juin par Mme Sitta Kai-Kai, Représentante du Programme Alimentaire Mondial (PAM) en RCA, les habitants de la ville s'étaient plaints auprès d'elle, de la dégradation de leur situation alimentaire, avec la pénurie des denrées alimentaires sur le marché.

Du 20 au 23 juin, une équipe du PAM s'est rendue sur les lieux pour évaluer la situation afin de pouvoir cerner la nature et les causes de la crise, la categorie des personnes affectées, le type d'assistance requis et les partenaires potentiels d'execution.

La recrudescence de l'insécurité notamment causée par les coupeurs de route et les taxes élevées infligées aux transporteurs sur les axes routiers et à l'entrée de la ville rend difficile l'approvisionnement de la ville en produits alimentaires et en produits de première nécessité. La production agricole de Sam Ouandja est également très faible, car étant une ville diamantifère, les activités agricoles n'ont jamais été prioritaires. Il en résulte un niveau des stocks très bas, des prix élevés et des cas de malnutrition en hausse enregistrés au niveau du centre de santé appui par l'ONG International Medical Corps (IMC).

La mission du PAM a relevé quelques exemples du type d'assistance qu'il faudrait apporter à la population résidente. Ainsi, les enfants âgés de 0 à 5 ans ont besoin d'une assistance nutritionnelle pour une durée de 3 mois. Les enfants en âge d'etre scolarisés auront un apport nutritionnel à travers les cantines scolaires à partir de la rentrée.

Des appuis non alimentaires prioritaires selon l'avis de la population sont :

-le rétablissement de la sécurité
-l'encadrement technique agricole
-l'apport d'intrants agricoles
-la réhabilitation des infrastructures routières
-l'accès au microcrédit.

Pour plus d'informations:armelle.siopathis@wfp.org

Publié dans ACTUALITES NATIONALES

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