Côte d'Ivoire : Gbagbo et Soro entretiennent la "Flamme de la paix"

Publié le par Afp

BOUAKÉ (AFP) — Un an après avoir brûlé des armes à Bouaké pour marquer leur réconciliation, le président Laurent Gbagbo et le chef de l'ex-rébellion Guillaume Soro se sont retrouvés mercredi dans cette ville du centre de la Côte d'Ivoire pour entretenir la "Flamme de la paix".

Comme au 30 juillet 2007, le chef de l'Etat ivoirien et Guillaume Soro ont célébré la paix à Bouaké, fief de l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN), en présence du chef de l'Etat burkinabè Blaise Compaoré, "facilitateur" dans le dialogue inter-ivoirien.

Le président malien Amadou Toumani Touré devait également participer à la cérémonie avant de se faire finalement représenter.

Après une prière oecuménique, le président Gbagbo a rapidement fait le point sur les avancées depuis la "Flamme de la paix", une cérémonie organisée pour marquer la fin de la crise, moins de cinq mois après la signature de l'accord de paix de Ouagadougou.

A l'époque, la "Flamme de la paix" avait été d'autant plus symbolique que M. Gbagbo n'avait pas mis les pieds dans la zone sous contrôle FN depuis que cette rébellion avait tenté de le renverser en septembre 2002 avant de prendre le contrôle de la moitié nord du pays.

Plusieurs chefs d'Etat africains avaient alors fait le déplacement à Bouaké.

La Côte d'Ivoire est aujourd'hui "aux portes des élections", a affirmé M. Gbagbo en référence à la présidentielle du 30 novembre.

Les principaux acteurs de la crise ivoirienne étaient d'ailleurs là mercredi à Bouaké, notamment Guillaume Soro, chef des FN devenu Premier ministre, ainsi que l'ancien chef de l'Etat Henri Konan Bédié et l'ex-Premier ministre Alassane Ouattara.

"Avec les élections, toutes les plaies ne seront pas cicatrisées (...)", a toutefois admis M. Gbagbo, promettant, une fois le scrutin passé, de continuer à "travailler pour que la paix advienne".

"Il faut faire les élections pour passer à autre chose (...). Il faut que la Côte d'Ivoire s'attaque à son développement", a-t-il plaidé.

Avant lui, M. Soro a invité les leaders politiques de son pays au "dialogue vertueux" pour trouver "des solutions appropriées" à la crise, soulignant que "les hommes politiques doivent réapprendre à se parler".

Ce premier anniversaire de la "Flamme de la paix" intervient au lendemain d'une visite d'Etat historique du président Gbagbo au Burkina Faso, pays qui avait été accusé par son régime de soutenir la rébellion au début du conflit.

A cette occasion, le Burkina Faso et la Côte d'Ivoire ont signé mardi à Ouagadougou un "traité d'amitié et de coopération" pour "dynamiser" les relations entre les deux Etats.

Mercredi, la France s'est "réjouie" de cet accord, soulignant qu'il traduisait la "normalisation" entre les deux pays.

Le chef de l'Etat ivoirien ne s'est pas encore déclaré candidat à sa propre succession, même si son parti bat déjà campagne depuis des mois en sa faveur.

Les deux autres poids lourds de la scène politique ivoirienne, MM. Bédié et Ouattara, ont d'ores et déjà annoncé leurs candidatures au nom de leurs partis respectifs.

Des incertitudes pèsent cependant sur la tenue du scrutin du 30 novembre en raison de retards dans la mise à jour des listes électorales. Ces listes datent de la dernière présidentielle, en 2000, qui avait vu la victoire de M. Gbagbo.

Publié dans L'AFRIQUE

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