Fonctionnaire de l'Immigration accusé d'injures racistes: plainte classée sans suite

Publié le par Afp

CRÉTEIL(AFP) (AFP) — La plainte pour diffamation et injures raciales déposée en avril par un vigile d'une grande surface de la banlieue parisienne contre un fonctionnaire du ministère de l'Immigration a été classée sans suite, a-t-on appris mardi de sources concordantes.

L'avocat du vigile, Me Patrick Klugman, a aussitôt annoncé l'ouverture dans les jours à venir d'une plainte avec constitution de partie civile, et non plus une plainte simple, afin d'obtenir l'ouverture d'une information judiciaire.

"Au bout de trois mois d'enquête, la plainte pour diffamation et injures raciales déposée par M. Pierre-Damien Kitenge contre M. Gautier Béranger, ainsi que la plainte pour subornation de témoin déposée par (l'association) SOS Racisme, ont toutes deux été classées sans suite par décision du parquet de Créteil en date du jeudi 17 juillet dernier", a écrit l'avocat de M. Béranger, Me Mathieu Davy, dans un communiqué.

Pierre-Damien Kitenge, agent de sécurité du magasin Carrefour de Charenton-le-Pont (Val-de-Marne) avait porté plainte le 26 avril pour diffamation et injure à caractère racial après s'être fait, affirmait-il, traiter de "sale noir" et de "sans-papiers" par Gautier Béranger, adjoint du secrétaire général du ministère de l'Immigration, en charge de la communication interne.

SOS Racisme avait déposé plainte contre X le 20 mai pour subornation de témoins, M. Kitenge ayant fait état de pressions pour qu'il retire sa plainte et que des employés présents ne témoignent pas en sa faveur.

"C'est la justice à plusieurs vitesses, c'est honteux, je n'ai pas le bras long, moi!", a réagi auprès de l'AFP M. Kitenge, confirmant le classement de sa plainte.

"Je continue à maintenir ce que j'ai dit, sans ajouter, ni retrancher quoi que ce soit", a-t-il poursuivi, soulignant que M. Béranger avait "donné plus de quatre versions" des faits et qu'"aucune confrontation" n'avait été organisée.

"Nous avons l'intention de déposer une plainte avec constitution de partie civile pour obtenir l'ouverture d'une instruction car dans ce dossier on a un problème de preuves", a déclaré à l'AFP Me Klugman, qui s'est dit "scandalisé".

"Le parquet n'a rien fait et ne s'est pas donné les moyens de trouver des preuves", a-t-il encore dénoncé. "Il y a un aspect curieux dans ce dossier: M. Béranger a apporté lui-même à la police les témoignages des caissiers qui le mettaient hors de cause", a-t-il dit.

M. Kitenge a par ailleurs indiqué que la société de sécurité pour laquelle il travaillait avait mis fin à son contrat le 4 juillet. Selon son avocat, il se trouvait en période d'essai au sein de cette entreprise.

Après le dépôt de la plainte, M. Béranger avait nié "avoir prononcé une quelconque injure, de surcroît à caractère raciste (...) comme tout propos relatif à son état civil" et Carrefour avait démenti toute pression sur le vigile comme sur les témoins.

Publié dans DROITS DE L'HOMME

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