Déclaration n°18/ADP/08 : Mise au point concernant les réactions du Pouvoir face aux graves conséquences du manque d'électricité à Bangui

Publié le par Olivier Gabirault

L’ADP (ALLIANCE POUR LA DEMOCRATIE ET LE PROGRES) a suivi les différentes réactions du pouvoir à la suite de sa déclaration n°017 du 05 Juillet 2008 concernant les très graves conséquences de l’absence prolongée d’électricité à BANGUI.

Ces réactions qui contiennent  des insinuations maladroites, d’ignobles impostures, de grossiers artifices tendant  visiblement à  empêcher  tout débat sur un aussi grave problème  tout en le réduisant à d’autres considérations, démontrent très clairement l’absence totale du sens de l’Etat, de responsabilité, d’honnêteté et surtout d’humanisme des dirigeants du pays qui se discréditent eux-mêmes de la sorte.

L’ADP aurait voulu ne pas répondre à ces réactions pour éviter toute polémique inutile. Cependant, la désaffection, l’insouciance, l’insensibilité, l’irresponsabilité de leurs auteurs dont la place devrait logiquement être hors des instances étatiques et surtout en prison du fait des  souffrances inhumaines et incalculables  consécutives à leurs carences manifestes, ne justifieraient nullement un tel silence.

L’ADP n’est pas surprise par les réactions des dirigeants au pouvoir qui ont toujours tendance à cacher  leurs insuffisances en invoquant les fautes des précédents régimes au sein desquels ils ont en majorité joué des rôles néfastes.

L’ADP rappelle par ailleurs que l’on n’accède pas au pouvoir juste pour en faire une rente personnelle mais pour prouver sa capacité à régler les problèmes que les prédécesseurs n’ont  pas pu résoudre si tel est réellement le cas.

On n’accède pas non plus au pouvoir pour laisser de côté tout ce qui a été amorcé positivement par ses prédécesseurs au lieu d’assurer la continuité rationnelle de l’Etat, pour les rendre ensuite responsables de ses propres carences, surtout lorsqu’il s’agit de solutions  prévues longtemps à l’avance pour faire éviter de graves problèmes prévisibles comme  présentement la rupture de l’électricité annoncée par des études techniques pour 2005.

On n’ accède par ailleurs pas  au pouvoir en comptant uniquement sur les armes,  la terreur, les intrigues, la manipulation permanente, la désinformation, l’intoxication, le mensonge tortueux pour cacher ses graves défaillances dont les conséquences  finissent par jaillir et crever  les yeux , se traduisant par  des DEGÂTS dans tous les domaines comme c’est présentement le cas  en ce qui concerne d’innombrables et quotidiennes pertes en vies humaines au sein de la population à cause de la vétusté pourtant prévisible des installations  fournissant l’électricité à BANGUI.

Lorsqu’on arrive au pouvoir, on jette un coup d’œil sur le passé, le présent, le tout dans la perspective de la construction d’un avenir meilleur.

L’ADP est un parti responsable qui a joué, joue et jouera son rôle dans le seul intérêt de la nation.

L’ADP et son Président National n’ont aucune leçon à recevoir des personnalités politiques ou partis de la Majorité Présidentielle auteurs des réactions malveillantes, contenant de l’imposture et de l’amalgame dignes de ceux qui manquent d’honnêteté, de reconnaissance et d’arguments face à une situation embarrassante.

 Sans répondre aux attaques personnelles du pouvoir, sans  aucune intention de publicité politique, et afin d’éviter que la malveillance discrédite gratuitement tout en détournant l’attention sur les questions importantes du pays, l’ADP rappelle ci-après publiquement, brièvement son passé ainsi que celui de son leader tout en demandant aux dirigeants  du pays de  faire  de même car ayant engagé eux-mêmes le débat vers une direction indigne.

1° L’ADP est tout d’abord un parti créé sur la base de l’unité nationale car formé spontanément par des cadres des diverses régions du pays à l’occasion de la lutte pour l’instauration du multipartisme en Centrafrique.

2° L’ADP n’a jamais géré le pouvoir en Centrafrique pour être accusée d’avoir « détruit le pays » ou de «  n’y avoir rien fait ».

3° L’ADP  ne recherche que l’intérêt supérieur de la nation, comme le prouvent le retrait de ses Ministres du Gouvernement en 1997 pour protester contre des dérives constatées dans la gestion de la nation ainsi que ses prises de position sur toutes les grandes questions du pays.

4° Le Président National de l’ADP a été, de 1987 à 1992,  Député de la Ville de BANGUI, VICE-PRÉSIDENT de l’Assemblée Nationale, VICE-PRÉSIDENT de la Commission Economie et Finances, Rapporteur Général du Budget de l’Etat.

A ces différents postes, il  a fait obtenir, par des actions déterminantes, pour n’en citer que quelques unes, la suppression du qittus de voyage, véritable entrave à l’époque à la liberté d’aller et venir, le déblocage partiel des salaires pour la période de 1981 à 1985( stade actuel), la prise en compte des derniers avancements dans le calcul des taux de pension, le rejet de la loi des Finances 1991 pour n’avoir pas suffisamment pris en compte les préoccupations profondes de la population.

Il a non seulement été le  seul député à avoir voté contre la révision de la constitution car tendant à maintenir le parti unique, autrement dit le seul à se prononcer en faveur de l’instauration du multipartisme, mais a fait modifier profondément 27 projets de lois sur les 32 présentés par le Gouvernement, sous un régime dirigé pourtant par des hommes politiques de sa propre ethnie, ce que l’esprit tribal étriqué actuel n’aurait jamais permis.

4° Comme  Membre du Bureau International de l’AIPLF et Président de la Section Centrafricaine de cette institution, l’actuel leader de l’ADP a fait réunir à BANGUI en 1991, la Commission Internationale des Affaires Culturelles de l’AIPLF qu’il a présidée et dont les travaux ont permis  la création de la chaîne de télévision francophone TV5 Afrique.

Désigné Chargé de Mission Afrique de cette institution, il a œuvré pour l’accession de l’Afrique aux instances supérieures de celle-ci, précisément à sa présidence, exercée jusque là par l’Europe et l’Amérique du Nord.

 Il a également dirigé en qualité de membre du Bureau international de cette institution, une délégation de Parlementaires africains en Europe et en Amérique du Nord et y a pris la parole au non de l’Afrique devant leurs Sénats respectifs dans le cadre du processus de démocratisation de ce continent.

Toujours en 1992, le leader actuel de l’ADP a représenté ce même continent  au Symposium Mondial sur la Démocratie au Québec,  au Sommet Mondial sur l’Environnement à RIO De JANEIRO et surtout aux discussions ayant abouti à l’institutionnalisation de l’AIPLF (actuelle Assemblée Parlementaire  de la Francophonie), comme volet parlementaire de la Francophonie, à la suite du Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernements de l’ÎLE MAURICE.

Tout cela a été récompensé par son élection en 1993 à la tête de l’une des quatre grandes commissions internationales de l’organisation, précisément comme Président de la Commission Internationale  de la Coopération et  du Développement, et sa distinction au grade d’Officier  de la Francophonie.

 

Pendant tout son mandat de député, toutes ses actions sur le plan national  qui ont été  incomprises, considérées même comme des actes d’opposition sous un régime de parti unique, plaçaient tout simplement l’intérêt supérieur de la nation au-dessus de toute autre considération face à des dirigeants de sa propre ethnie.

Pendant l’impasse politique de 1992 due à la double vacance des pouvoirs exécutif et législatif, soucieux de la paix et de l’unité du pays, ses initiatives et actions en compagnie de valeureux Centrafricains ont permis de réunir l’ensemble des forces vives de la nation, de créer l’Union des Forces Acquises au Changement (UFAC)  qu’il a dirigée jusqu’à l’obtention de la convocation du corps électoral, ce qui non seulement a évité  une conflagration nationale, mais conduit à l’organisation des élections générales de 1993.

5° Comme Ministre des Transports, Travaux Publics, de l’Habitat et de l’Aménagement du Territoire, sa gestion a été non seulement transparente, mais ses réalisations nombreuses et  visibles à ce jour dans le pays, quelques exemples parmi tant d’autres étant : la négociation et l’obtention du bitumage jusqu’à la frontière avec le CAMEROUN de l’axe reliant le pays à la mer, l’ouverture d’une voie reliant le pays au CONGO par MONGOUMBA et BETOU, le début du désenclavement de l’Est en direction du Soudan par OBO, la création de l’ONM (Office National du Matériel ) après la négociation et l’obtention du JAPON d’un don de 10 Milliards de matériels de Travaux publics, la signature  d’une convention mettant en place une zone franche à COTONOU en faveur de la République Centrafricaine (non utilisée malheureusement), la réfection des routes sur l’ensemble du territoire, la mise en place du Fonds d’Aménagement et d’Equipement Urbains, élément essentiel d’une politique de l’habitat dans un pays où le déficit dans ce domaine est cumulatif, quantitatif et qualitatif.

Tout cela a même fait de l’actuel leader de l’ADP, selon le sondage effectué par l’Unité de Recherches et d’Etudes Sociales de l’Université de BANGUI du 25 octobre 1994 (JOURES Spécial Sondage n°41), un « Ministre exemplaire » avec 86, 31% de satisfaits au sein de la population.

6° A la tête de la Mairie de BANGUI de 1995 à 1997, sa gestion a été non seulement transparente, mais ses réformes profondes, déterminantes ont permis l’organisation, le fonctionnement, l’assainissement des finances et la survie  de cette municipalité.

Ses efforts y ont été récompensés par de nombreux financement de projets, de  réalisations durables dans la Ville de BANGUI et  celles de l’intérieur du pays, entre autres  la restauration de l’actuel marché central,  la construction de marchés modernes dans les divers quartiers de BANGUI,  l’ouverture de plusieurs centaines de voies de desserte dans les zones non urbanisées et enclavées, l’assainissement etc.), projets dont certains se poursuivent à ce jour encore.

Au moment de quitter la Mairie de BANGUI, l’actuel  Président National de l’ADP s’était offert le plaisir de demander un contrôle de sa gestion comme  cela s’est passé dans les ministères qu’il a gérés auparavant.

Elu en 2003 Vice- Président du Comité de Suivi des Actes du Dialogue National, l’absence manifeste de volonté politique  du pouvoir d’appliquer les recommandations issues de ce forum qui auraient pu redresser le pays, l’a amené à démissionner de cette fonction en 2005.

En fermant cette parenthèse, l’ADP demande tout simplement aux dirigeants au pouvoir d’avoir réellement l’amour du pays et un tel esprit pour le construire, au lieu de chercher à jeter lâchement, gratuitement, par insinuation, du discrédit sur  tout le monde, dès que des critiques justifiées sont faites sur leur  mauvaise gestion ou lorsque leurs  ignobles actes sont dénoncés.

Alors que l’ADP s’attendait à des propos de nature à consoler, apaiser la population au sujet  des conséquences incalculables de l’absence prolongée d’électricité dans les hôpitaux où d’innombrables décès sont enregistrés quotidiennement depuis plusieurs semaines ainsi que des très graves perturbations dans les entreprises, c'est-à-dire sur l’économie du pays, le  Groupe  des Partis Politiques de la Majorité Présidentielle (GPPMP), indépendamment de son soutien inconditionnel au Président de la République  qui, selon ce groupement politique aurait « dès l’avènement du 15 mars 2003 pris le taureau par les cornes pour justement éviter ce désagrément à son peuple », a cru encore  mieux faire d’ignorer ces décès, faisant au contraire croire à la population que ce sont les ennemis de la République, sans les citer, qui seraient à l’origine de la crise, tout en  demandant  à celle-ci de veiller avec vigilance sur le patrimoine national.

Des déclarations comme celles là que l’on croyait révolues avec le totalitarisme renaissent avec le même esprit et les mêmes conséquences pour étouffer une démocratie que nous devons pourtant construire, encourager, car seulement naissante.

Nous devons faire preuve d’un esprit républicain car le sort du peuple doit être notre centre  d’intérêt commun, le carrefour autour duquel nous devons nous rencontrer en permanence.

La question n’est certes pas d’empêcher la Majorité de gouverner, mais elle doit le faire dans l’unique intérêt de la nation.

L’opposition ne doit pas non plus abandonner son rôle qui est de critiquer positivement et de faire des propositions constructives pour le seul intérêt supérieur de la nation.

Mais il s’agit d’abord que chacun comprenne son rôle tout en acceptant celui de l’autre, en se disant que toutes les actions doivent servir l’intérêt supérieur du peuple.

Si l’Opposition ne joue pas son rôle, soit par complaisance pour des intérêts égoïstes, ou parce que la Majorité au pouvoir l’en empêche, c’est la démocratie qui disparaîtra, surtout qu’elle n’est que récente chez nous, pour faire place au totalitarisme aveugle.

Le pouvoir ne gagnerait rien à la longue car le contrepoids qui lui permet de mesurer ses actions, de les équilibrer va manquer et la tendance de tout décider sans se soucier d’une opinion quelconque comme maintenant, le basculera dans un sens contre l’intérêt national comme présentement.

L’ADP rappelle pour cela  au pouvoir qu’une majorité doit être utilisée dans l’intérêt du pays au lieu d’être un simple instrument de domination politique.

Une majorité qui se réjouit de sa position et l’utilise pour ses intérêts est plus dangereuse qu’une opposition radicale  pour la simple raison que cette majorité se détourne d’un objectif primordial comme le GPPMP le démontre en ce moment, pour  la survie de son propre régime.

Par ailleurs, le vote automatique d’une majorité  à l’Assemblée Nationale ne rend pas forcément service au pouvoir, car il signifie que quels que soient les textes proposés, ils doivent être acceptés à cause d’une appartenance parlementaire à un régime.

Le vote automatique des lois augmentant les taxes et ayant une incidence directe sur la vie de la population, le silence complice des députés face au bradage des richesses naturelles du pays, la concession par une convention aux contours ténébreux des services de douane à un particulier, ce qui a fait perdre des recettes à l’Etat pendant plusieurs années en sont quelques cas parmi tant d’autres.

Cette mise au point étant faite, l’ADP n’entend pas entrer dans des polémiques stériles de bas étages et demande fermement à ceux qui veulent remettre en cause ses déclarations sur les questions d’intérêt national de recourir à un débat public, contradictoire et constructif dans l’intérêt non seulement de la nation, mais du pouvoir lui-même s’il aime réellement le pays.

     

                                                                         Fait à BANGUI le 20 Juillet 2008

 

                                                                                   Le Président National

 

                                                                        Emmanuel Olivier GABIRAULT

Publié dans LES COMMUNIQUES

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