Le président soudanais inculpé par la CPI

Publié le par Afp

LA HAYE (AFP) - Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, a réclamé lundi aux juges de la CPI d'émettre un mandat d'arrêt contre le président soudanais Omar el-Béchir pour "génocide" au Darfour (Soudan), selon un communiqué.

"Luis Moreno-Ocampo, le Procureur de la CPI, a présenté aujourd'hui des éléments de preuve qui démontrent que le Président du Soudan, Omar Hassan Ahmad el-Béchir, a commis des crimes de génocide, des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre au Darfour", indique un communiqué.

"L'accusation a demandé la délivrance d'un mandat d'arrêt", précise-t-il.

Il s'agit de la première demande d'arrestation d'un chef d'Etat en exercice devant la CPI, le seul tribunal permanent pour juger les auteurs de crimes de guerre, contre l'humanité et de génocide.

La décision des juges, basée sur la solidité des preuves apportées par M. Moreno-Ocampo, devrait prendre plusieurs mois.

Le gouvernement soudanais s'est réuni d'urgence dimanche pour préparer la riposte. Samedi, il avait annoncé avoir demandé la tenue d'une réunion extraordinaire de la Ligue arabe à ce sujet.

Son ministre des Affaires étrangères a averti que toute mesure de la CPI contre M. Béchir pouvait "détruire le processus de paix" au Darfour.

Après avoir convoqué la procureur adjointe de la CPI vendredi, l'Union africaine a "mis en garde" la CPI, alors que les rebelles du Darfour la félicitaient au contraire .

La CPI a déjà émis deux mandats d'arrêt contre des Soudanais impliqués dans le conflit, mais Omar el-Béchir a toujours refusé de les remettre à la Cour.

Le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon se déclare très préoccupé par une éventuelle inculpation du président soudanais, dans un entretien publié lundi par Le Figaro.

"Cela aurait des répercussions négatives très sérieuses sur l'opération de maintien de la paix, y compris le processus politique. Cela me préoccupe beaucoup, mais personne n'est exempt du processus judicaire", dit-il.

"Le processus politique ne peut être durable sans respect du droit", ajoute-t-il.

Craignant le désordre, l'ONU a relevé le niveau d'alerte pour son personnel travaillant au Darfour, notamment au sein de la force mixte ONU-Union africaine (Minuad) chargée du maintien de la paix.

Depuis 2003, les affrontements entre forces gouvernementales et mouvements rebelles du Darfour ont fait jusqu'à 300.000 morts et déplacé 2,2 millions de personnes, selon l'ONU. Khartoum parle de quelque 10.000 morts.

Publié dans L'AFRIQUE

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