Cour Pénale Internationale - Darfour : le procureur de la CPI va nommer des responsables de crimes

Publié le par Afp

LA HAYE (AFP) — Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) va présenter lundi "des preuves" de crimes commis ces cinq dernières années contre des civils au Darfour (Soudan) et "nommer" ceux qui en sont responsables selon lui, a-t-il annoncé dans un communiqué jeudi.

"Lundi 14 juillet, le procureur Luis Moreno-Ocampo présentera aux juges de la chambre préliminaire les éléments de preuve dont il dispose à propos des crimes commis ces cinq dernières années sur l'ensemble du Darfour. La requête sera publique et un résumé sera présenté", écrit le bureau du procureur dans un communiqué.

"Le procureur et le procureur adjoint résumeront les éléments de preuve, parleront des crimes et citeront la ou les personnes mises en cause", lors d'une conférence de presse organisée à cette occasion, lundi à 11H00 GMT, poursuit le communiqué.

Ensuite, les juges peuvent, s'ils estiment que les preuves présentées sont suffisantes et le justifient, émettre une citation à comparaître ou un mandat d'arrêt à l'encontre des personnes identifiées par le procureur.

Il s'agit de la deuxième affaire au Darfour, la CPI ayant déjà émis deux mandats d'arrêt contre des Soudanais impliqués dans le conflit et soupçonnés de crimes de guerre et crimes contre l'humanité.

M. Moreno-Ocampo réclame en effet depuis avril 2007 l'arrestation de Ahmed Haroun, ministre soudanais aux Affaires humanitaires, et Ali Kosheib, un chef de la milice pro-gouvernementale janjawid.

Il les accuse de 51 chefs de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, notamment le viol, le meurtre, la persécution, la torture, le transfert forcé, la destruction de biens, le pillage, les actes inhumains et l'emprisonnement.

Sous leur commandement, les attaques conjointes des janjawid et des forces gouvernementales sur des villes et villages habitées par les tribus des Four, des Masalit et des Zaghawa, ont eu pour conséquence "le déplacement forcé de villages et de communautés", avait alors argué le procureur.

"Cette stratégie a servi à justifier les massacres, les exécutions sommaires, les viols en masse et d'autres crimes graves contre des civils dont on savait qu'ils ne prenaient part à aucun conflit armé", selon lui. "Des centaines de villages au Darfour ont été pillés et détruits. Deux millions de personnes ont été déplacées de leur foyer", avait-il rappelé.

Depuis 2003, les forces gouvernementales appuyées par les milices arabes janjawid luttent contre des mouvements rebelles du Darfour. Le conflit a fait plus de 300.000 morts et entraîné le déplacement de 2,2 millions de personnes, selon l'ONU. Khartoum parle de quelque 10.000 morts.

En avril 2005, le Conseil de sécurité a ordonné dans une résolution au procureur de la CPI d'ouvrir des investigations afin de poursuivre les responsables de meurtres, viols ou pillages qui ravagent la région soudanaise.

La Cour pénale internationale est le premier tribunal permanent à juger les auteurs de crimes de guerre, crimes contre l'humanité et de génocide.

Publié dans L'AFRIQUE

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