Rdc : Ouverture du procès des tueurs présumés du meurtre d'un député

Publié le par 7/7.be

Quatre soldats de la garde présidentielle, un soldat déserteur et un civil, accusés du meurtre d'un élu du principal parti d'opposition en République démocratique du Congo (RDC), ont comparu lundi devant un tribunal militaire de Kinshasa, a constaté un journaliste de l'AFP.

Daniel Botethi, député et vice-président de l'assemblée provinciale de Kinshasa, a été abattu par des inconnus dimanche vers 02h00 du matin (03h00 HB) dans le quartier Ma Campagne (nord-ouest de la capitale congolaise), un secteur contrôlé par la Garde républicaine (GR, ex-Groupe spécial de séécurité présidentielle) alors qu'il revenait d'une fête de mariage.

Les six suspects ont été arrêtés sur la base des dénonciations d'un des assaillants blessé grièvement lors d'échange de tirs avec le garde du corps de la victime, a affirmé l'auditeur (procureur) du tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Ngaliema, Alpha Limbaya, au cours de l'audience de présentation des accusés au camp Kokolo, une des bases militaires de Kinshasa.

Selon l'auditeur militaire, deux autres suspects seraient encore en cavale.

"La victime était au volant de sa voiture et s'est arrêté quand il a vu une grosse pierre qui bloquait la route. Des hommes armés ont surgi devant eux et voulaient fouiller le véhicule. C'est lorsqu'ils ont constaté que le gardien du député était armé qu'ils ont commencé à tirer", a affirmé l'auditeur militaire.

"Le député a été atteint au niveau de la mâchoire au moment où il tentait de s'enfuir", a-t-il précisé, avant de lever l'audience jusqu'au lendemain.

Membre du Mouvement de Libération du Congo (MLC), le parti du sénateur d'opposition Jean-Pierre Bemba, M. Botethi était marié et père de deux enfants.

Dès dimanche soir, le MLC a annoncé la suspension de sa participation aux travaux de l'Assemblée nationale, du Sénat et de l'assemblée provinciale de Kinshasa, jusqu'à ce que des mesures soient prises pour assurer la sécurité dans le quartier de Macampagne.

Il a notamment exigé l'arrestation des auteurs de ces crimes et la "délocalisation sans délais des éléments de la GR" dans ce quartier.

Le secrétaire général du MLC, François Muamba, a accusé la Garde républicaine d'avoir ouvert le feu sur M. Boteti, le blessant mortellement.

Lundi soir, d'autres petits partis d'opposition ont annoncé qu'ils boycotteraient désormais aussi le parlement, en signe de soutien au MLC. La garde républicaine (GR) est l'héritière de l'ex-Groupe spécial de sécurité présidentielle (GSSP), commis à la protection du président Joseph Kabila, mais en intégrant d'autres éléments de l'armée congolaise.

Le MLC dispose de 64 des 500 sièges de l'Assemblée nationale et de quatorze des 108 élus au Sénat, dont l'ancien rebelle et vice-président Bemba, incarcéré depuis la semaine dernière à la Haye en vertu d'un mandat d'arrêt international émis par la Cour pénale internationale (CPI) pour des exactions commises par ses troupes en Centrafrique en 2002 et 2003. (afp/7sur7)

Publié dans L'AFRIQUE

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