UNE MISSION EXPLORATOIRE DE LA FORMATION RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE DE LA COMMISSION DE CONSOLIDATION DE LA PAIX SERA À BANGUI LA SEMAINE PROCHAINE

Publié le par www.un.org

Le Président de la Formation République centrafricaine de la Commission de consolidation de la paix, M. Jan Grauls (Belgique), a annoncé ce matin qu’il conduirait la semaine prochaine une mission exploratoire dans ce pays, à l’invitation du Président de la République centrafricaine, M. François Bozizé.

M. Grauls a indiqué qu’il rencontrerait à Bangui les autorités nationales, le corps diplomatique, la société civile et les représentants de l’ONU sur le terrain afin d’établir des contacts préliminaires avant l’engagement de la Commission de la paix dans le pays.  À l’issue de cette visite, il présentera à la Formation République centrafricaine de la Commission de consolidation de la paix un rapport, auquel sera annexée une note d’information, qui aidera à orienter les discussions sur la nature et la portée de la Stratégie intégrée de consolidation de la paix pour la République centrafricaine.

Le Représentant spécial du Secrétaire général, M. François Lonseny Fall, s’est félicité de la décision prise le 12 juin par la Commission de consolidation de la paix d’inclure à l’ordre du jour de ses activités la République centrafricaine, quatrième pays après le Burundi, la Sierra Leone et la Guinée-Bissau.

La République centrafricaine, souvent décrite comme une orpheline de l’aide internationale, a besoin de cette assistance aujourd’hui plus que jamais, a-t-il dit.  Il est essentiel, a-t-il souligné, de consolider les résultats positifs obtenus jusqu’ici sur le terrain si l’on veut aider le pays à tourner la page de son histoire instable.  Cet effort est nécessaire, malgré les difficultés associées à la position de la République centrafricaine dans une région où des crises persistent au Darfour, au Sud-Soudan, au Tchad, en République démocratique du Congo (RDC) et même en Ouganda, a-t-il ajouté.

M. Fall a affirmé que son bureau à Bangui et l’Équipe de pays des Nations Unies travaillaient d’arrache-pied pour mettre en place des mécanismes visant à répondre aux besoins immédiats en matière de réforme de la sécurité afin de promouvoir la bonne gouvernance et l’état de droit et de revitaliser les communautés touchées par le conflit.  Il a ainsi précisé qu’il utiliserait la somme de 10 millions de dollars récemment versée au Fonds de consolidation de la paix.  M. Fall a en outre souligné l’importance de l’assistance bilatérale, offerte par plusieurs États Membres, ainsi que de l’Union européenne, la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, le Fonds monétaire international (FMI) et d’autres.

Le Représentant spécial a expliqué que l’ONU aidait le Gouvernement de la République centrafricaine dans ses efforts pour organiser un dialogue politique inclusif.  Les Centrafricains espèrent se lancer sur la voie du développement durable et de la stabilité, sur la base d’un système politique inclusif qui respecte les droits de l’homme, les valeurs de la vie humaine et la dignité et promeuve la justice et la responsabilité dans tous les secteurs gouvernementaux, a-t-il précisé.

Le processus préparatoire au dialogue politique inclusif a permis à la République centrafricaine de conclure des accords de paix avec tous les mouvements rebelles agissant dans les provinces du nord du pays, a-t-il dit.  Le dernier de ces accords, signé à Libreville le 21 juin, avec la facilitation du Président du Gabon, M. Omar Bongo Ondimba, a confirmé le cessez-le-feu auquel s’étaient engagés plus tôt les rebelles.

Outre les accords de paix, le Gouvernement a réussi, avec l’assistance de l’ONU, à réunir autour de la table les partis d’opposition du pays, les mouvements rebelles et la société civile dans le cadre du Comité préparatoire au dialogue.  De janvier à avril, le Comité a discuté de questions politiques et de gouvernance, de la situation en matière de sécurité et des groupes politico-militaires, ainsi que du développement économique et social de la République centrafricaine.  Les conclusions et les recommandations de ce Comité, contenues dans le rapport remis au Président François Bozizé le 25 avril, formeront les bases du dialogue politique inclusif, qui devrait s’ouvrir dans les semaines à venir.

Le succès de la mise en œuvre de cet Accord dépendra notamment du succès du dialogue politique inclusif, en menant à bien le processus de désarmement, de démobilisation et de réintégration, ainsi que la réforme du secteur de la sécurité.  Les Nations Unies peuvent fournir leur aide en élaborant des stratégies en vue de la réussite du processus complet de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR), a poursuivi M. Fall.

Le représentant du Gabon, qui a souligné l’attachement du Président Omar Bongo à la paix et à la stabilité de la région, a estimé que l’Accord du 21 juin conclu à Libreville constituait une étape majeure dans le retour à la concorde nationale, à la veille de l’ouverture du dialogue inclusif devant réunir les acteurs sociopolitiques du pays.  La représentante de la Fédération de Russie s’est intéressée, quant à elle, au financement des priorités à partir du Fonds de consolidation de la paix.  Le représentant de l’Égypte a demandé au Représentant spécial du Secrétaire général de préciser les plus grandes priorités auxquelles seraient consacrées les ressources financières.

Le Représentant spécial a expliqué que les ressources du Fonds de consolidation de la paix seraient affectées à trois questions majeures, à savoir la gouvernance et l’état de droit, la réforme du secteur de la sécurité et la réhabilitation des zones touchées par les conflits récurrents.

Le représentant de la République centrafricaine s’est réjoui de la décision de conduire une mission exploratoire de la Commission, la semaine prochaine dans son pays.  Cette mission, a-t-il dit, sera en mesure de constater une nouvelle donne sur le terrain, provoquée par la crise alimentaire et l’insécurité qui sévit dans certaines parties du pays considérées comme le poumon économique.

Le délégué a plaidé en faveur d’une « révolution verte » et d’une production agricole intensive pour mieux combattre la faim, le chômage et favoriser le partage des ressources.  Il a également assuré que son gouvernement prendrait à cœur les recommandations issues des recommandations de la Commission.  De même, il convient de matérialiser les engagements pris par la communauté internationale, a-t-il affirmé.

Par ailleurs, sur la base d’une liste qui lui avait été soumise par le Président du Comité d’organisation de la Commission de consolidation de la paix, la Formation République centrafricaine a invité de nouveaux États Membres, organisations régionales et sous-régionales et entités des Nations Unies à participer à l’ensemble de ses réunions.

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