Zimbabwe : « Eviter les germes d’une présidence à vie en Afrique » ( Raddho)

Publié le par Raddho

La Rencontre africaine de défense des Droits de l’Homme est très préoccupée par la situation au Zimbabwe. Dans un communiqué reçu à notre rédaction, l’organisation dirigée par Alioune Tine se dit inquiète « face à la catastrophe humanitaire qui menace ce pays et face au forcing électoral du 27 juin qui est un véritable défi à la communauté Africaine et internationale ». Et d’estimer, « qu’aucun compris bancal du genre sharing power ne peut être toléré sans remettre en question le sens et le contenu d’une élection libre et démocratique en Afrique ».

Pour la Raddho, « il s’agit d’un très mauvais précédent qui risque de bloquer le changement de régime politique par la voie démocratique et qui va conforter tous les leaders africains tentés par la présidence à vie ».

Elle argumente : « il suffit pour cela que les présidents en exercice organisent des simulacres d’élections ou remettent en cause les vrais résultats de l’élection présidentielle s’ils sont battus en créant un climat de violence de terreur d’intimidation ou de guerre civile et d’imposer des négociations de partage du pouvoir tout en gardant leur fauteuil présidentiel ». Alioune Tine et ses camarades « droits de l’hommistes » sont catégoriques : « il faut mettre un terme à cette tendance qui est une dangereuse imposture contre la démocratie en Afrique en refusant toute reconnaissance et toute légitimité au régime issue des élections du 28 juin 2008 au Zimbabwé ».

La Raddho s’en est, par ailleurs, vivement pris au président Sud Africain, Thabo Mbéki. Pour elle, « la responsabilité historique du président Sud Africain dans la dégradation de la situation au Zimbabwe est écrasante. Il faut absolument lui imputer la faiblesse, l’absence voire l’impuissance d’une réaction ferme de l’Union Africaine par rapport à la situation catastrophique au Zimbabwe. Le président Mbéki s’est comporté comme un fils et un allié politique objectif de Mugabé tout au long de sa médiation en se gardant de condamner ses dérives despotiques et les violences exercées sur les leaders membres du Mdc ».

La rencontre Africaine de défense des droits de l’homme (Raddho) demande l’ouverture d’une enquête internationale pour évaluer les crimes commis, situer les responsabilités et en tirer toutes les conséquences de droit. Elle a aussi exigé la libération immédiate et sans conditions de tous les détenus politiques. La Raddho a, en outre, mis en garde l’Union européenne et la communauté internationale contre toutes les sanctions contre le Zimbabwé qui risquent d’aggraver la situation sociale tragique des populations Zimbabwéenne et sans efficacité contre le régime de Mugabé.

L’organisation de défense des droits de l’homme n’a pas manqué de rappeler que depuis le premier tour de la présidentielle du 29 mars, les renseignements indiquent que 87 partisans de l’opposition ont été tués, 34000 personnes déplacées, et devant l’Ambassade de l’Afrique du Sud il y a eu 320 demandeurs d’asile. Au Zimbabwe, 400000 enfants sont menacés de famine à la suite c’est l’effondrement total du plan économique et social.

Publié dans L'AFRIQUE

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