Afrique : Le Conseil de Paix et de Sécurité présente une situation sécuritaire contrastée

Publié le par Afrique en ligne

Sécurité – L'état de la paix et de la sécurité en Afrique est globalement contrasté, marqué par des avancées significatives et des impasses, selon un rapport du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine dont la PANA a obtenu copie, samedi, à Charm El Cheikh, en Egypte.

"Si des progrès notables ont été enregistrés depuis janvier dernier comme en témoignent, entre autres, l'évolution récente de la situation au Burundi, les avancées enregistrées dans le processus de paix en Côte d'Ivoire et la restauration de l'autorité de l'Etat comorien à Anjouan, d'autres situations continuent à être marquées par une impasse persistante", souligne le rapport du Conseil sur ses activités et la situation en Afrique.

"De nouvelles tensions, qui pourraient dégénérer en conflit ouvert si on n'y prend garde sont apparues", prévient par ailleurs le rapport sans d'autres précisions.

Concernant la situation aux Comores, le CPS note qu'elle a connu une issue encourageante avec le succès de l'opération "Démocratie aux Comores" conduite le 25 mars 2008 par l'armée Comorienne avec l'appui de la Tanzanie, du Soudan, de la Libye et du Sénégal.

Il s'agit maintenant, selon le rapport, pour le gouvernement comorien et les autres acteurs concernés de s'atteler à la réforme de l'architecture constitutionnelle de l'archipel et à l'amélioration de la gouvernance et la lutte contre la pauvreté.

Au sujet du Kenya, le rapport note que la crise a été surmontée avec la signature, le 28 février dernier, de l'Accord national et de la Loi de réconciliation. Depuis lors, des mesures ont été prises pour mettre en œuvre les engagements pris, souligne le rapport.

Pour la Somalie, le CPS fait observer que "si la situation sécuritaire et humanitaire continue à être précaire, la période sous examen a été marquée par une avancée notable dans le processus de réconciliation, avec la signature, à Djibouti, le 9 juin dernier, d'un Accord entre le Gouvernement fédéral de transition et l'alliance pour la re-libération de la Somalie (ARL), sous les auspices des Nations unies et avec l'appui de l'UA".

Le Comité de paix et de sécurité souhaite la poursuite des efforts pour amener les autres acteurs somaliens à se joindre au processus de paix et à renoncer à la violence.

En revanche, aucun progrès n'a été enregistré par le CPS concernant le différend frontalier entre l'Erythrée et l'Ethiopie et la mise en œuvre globale du processus de paix. Il note d'ailleurs que la mission des Nations unies en Ethiopie et Erythrée a retiré provisoirement son personnel de l'Erythrée et suspendu ses activités dans cette zone en raison des restrictions croissantes qu'elle rencontre.

La Déclaration sur la cessation des hostilités au Burundi entre le Gouvernement et le Palipehutu/FNL a relancé le processus de restauration de la paix et de la stabilité durable.

En République démocratique du Congo, le processus de stabilisation et de consolidation de la paix se poursuit. Les parties sont conviées à poursuivre leurs efforts pour mettre en œuvre les Actes d'engagement relatifs à la situation dans les Kivu.

Au sujet du Soudan, le CPS se réjouit de la détermination des parties à l'Accord de paix global (CPA) signé par le Gouvernement et le Mouvement populaire de libération du Soudan. Il reste maintenant à régler les questions pendantes dans la mise en œuvre du CPA.

Par contre, le processus de paix au Darfour reste toujours dans l'impasse, selon le CPS, malgré les efforts des envoyés de l'UA et des Nations unies. Les négociations officielles de fond n'ont pas encore commencé, en raison du manque de confiance entre les parties, souligne le CPS. Il s'y est ajoutée la dégradation des relations entre le Soudan et le Tchad, les deux pays s'accusant mutuellement de menées subversives.

A l'inverse, le CPS observe que la situation en République centragfricaine (RCA) a connu une évolution encourageante depuis février dernier. Le Comité préparatoire du dialogue inclusif a clôturé ses travaux et remis son rapport final au chef de l'Etat centrafricain. Il recommande que le dialogue se déroule à Bangui.

Pour la Côte d'Ivoire, le rapport fait état d'un climat politique serein depuis la signature de l'Accord de Ouagadougou. Le CPS note la bonne collaboration entre le président Laurent Gbagbo et son Premier ministre, Guillaume Soro. De même, les audiences foraines se sont bien déroulées et devraient permettre la tenue des élections le 30 novembre prochain.

La même appréciation prévaut pour le Liberia, où la situation continue à évoluer normalement. Le processus de reconstruction et de consolidation de la paix dans le pays a enregistré de nouvelles avancées, précise le CPS.
 
Charm El Cheikh - 29/06/2008

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