Afrique - Internet : L'une des connexions les plus chères du monde

Publié le par Rfi

Initié sur le forum de l’Atelier des Médias, cet article s’est construit avec la contribution des membres de l’Atelier, la participation du Réseau International de correspondants francophones et celle des auditeurs de Radio France Internationale. De ces échanges sur la fracture numérique en Afrique, la question du prix d'accès à l'Internet a surgi comme l’un des obstacles majeurs à la connexion. Des témoignages confirmés par les chiffres de l’Union Internationale des Télécommunications : au regard des revenus des populations, la connexion internet en Afrique est, de loin, la plus chère au monde.

« Moi, j'habite à Madagascar, nous écrit Houssen. Ici il y a de plus en plus d'innovations en matière d'Internet mais le principal problème reste le coût qui reste très élevé. Par exemple, le coût de l'ADSL (le haut débit, ndlr) équivaut à 1 mois de salaire d'un ouvrier ».

Au Burundi, où Germain nous rappelle que l’accès se fait par satellite, « une connexion 7 jours sur 7 et 24 h sur 24 coûte aux utilisateurs de l'ordre de 100 USD par mois. » Même écho en provenance du Togo où, témoigne Nahmsath, « l'offre ADSL de l'opérateur historique frôle les 100 000 FCFA (140 € environ, ndlr) à l'acquisition pour le 128Ko. Et vous êtes autour de 54 000 FCFA TTC/mois (77 € environ, ndlr) d'abonnement pour le même débit. »

« Prohibitif », « très élevé », le prix d’accès à Internet « plombe sérieusement la vulgarisation de l’Internet », selon cet autre internaute. Les coupures d’électricité mises à part (cette fameuse « fracture électrique » comme la surnomme Sam de Dakar et que vous êtes très nombreux à rappeler), le prix de la connexion apparaît comme un vrai frein au développement de l’Internet en Afrique, surtout pour les jeunes générations, les plus motivées pour se connecter.

A l’Union Internationale des Télécommunications, Vanessa Gray s’occupe de recueillir les indicateurs dans les 53 pays du continent et elle confirme : « Oui, eu égard aux revenus des populations, vous pouvez dire que la connexion en Afrique est la plus chère du monde ». 

On comprend mieux que l’usage des « TIC » comme on les appelle souvent (pour Technologies de l’Information et de la Communication) ait si peu progressé en Afrique depuis 2005, partant de 4 % d’utilisateurs à 5,5 % seulement aujourd’hui quand l’ensemble des pays en voie de développement passaient de 9 à 15 % d’utilisateurs. Et même si, comme le rappelle Mike Jensen dans son rapport sur « Les TIC en Afrique, Etat des Lieux », le partage des médias fait que l'on trouve souvent près d'une dizaine de personnes derrière un seul compte Internet, la progression reste faible.

« Et encore, rappelle Vanessa Gray, les 5,5 % sont largement le fait des deux extrêmes du continent. » En clair, si l’on retire l’Afrique du Nord et celle du Sud, on est bien en dessous de ces chiffres. Comment pourrait-il en être autrement avec des abonnements qui représentent jusqu’à 1031 % du revenu mensuel d’un internaute burundais ?

Publié dans L'AFRIQUE

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