Joseph Kabila attendu en France cette semaine après sa visite au Vatican et au Tchad

Publié le par Digitalcongo.net

Le Président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila Kabange séjournera en France à partir de mercredi 25 juin 2008, à l’invitation de son homologue français Nicolas Sarkozy, apprend-on de sources diplomatiques.
Les Deux chef d’Etat qui se rencontrent pour la première fois feront le point de l’état des relations de coopération entre la France et la Répu­blique démocratique du Congo.

Le président Sarkozy met à profit cette visite du président Jo­seph Kabila pour réaffirmer la volonté de la France de soutenir le proces­sus démocratique et de consolida­tion de la paix en République démo­cratique du Congo. Sous la houlette de l’Union européenne, la France a soutenu le processus démocratique qui a abouti à la tenue des élections libres démocratique et transpa­rentes en République démocratique du Congo. Bien plus, la France sou­tient le vaste projet de la protection des forêts du Bassin du Congo. L’on croit savoir que sur ce volet précis, Nicolas Sarkozy assurera à son homologue congolais du soutien contre l’exportation illégale des bois en provenance des forêts du bassin du Congo.

Au moment où la France s’ap­prête à prendre la Présidence tour­nante de l’Union européenne, le gou­vernement français entend surtout faire avancer l’adoption d’une régle­mentation européenne stricte et effi­cace afin de lutter contre le commerce de bois illégal ou issu d’une exploitation forestière non durable. La France s’engage à aider la République démocratique du Congo à se doter d’une filière de bois transpa­rente dont les revenus seront large­ment partagés avec la population congolaise. A travers l’aide publique au développement, Paris exprime son soutien à un processus trans­parent et rigoureux de révision de la légalité des titres forestiers et de re­mise à niveau de la législation et du contrôle forestiers. Ce soutien devra se traduire par des mesures concrè­tes d’assistance financière et tech­nique afin d’aider l’Etat congolais à mettre en place une gestion durable et responsables des forêts de la Ré­publique démocratique du Congo.

Une gestion durable des fo­rêts

La visite du président Joseph Kabila en France avait déjà été an­noncé lors de la visite à Kinshasa, au mois de mai 2008, du ministre d’Etat français en Charge de l’Ener­gie et du Développement durable, Jean-Louis Borloo. Celui-ci a indiqué que la France soutient la politique de la protection des Forêts du Bas­sin du Congo et de sa biodiversité. Dans une déclaration faite à Paris, le 19 mars 2008, le ministre Jean-Louis Borloo a déclaré que la France s’est engagée vigoureusement dans la lutte contre le commerce illégal de bois  exotiques. “ Il s’agit de l’em­ploi du bois certifié, et de limiter les importations de bois tropicaux et boréals à ceux qui répondent aux exigences définies dans le Plan d’ac­tion européen “ Forest Law enforcement on Governance and Trade (FLEGT) ”.

Il faut dire que dans le cadre de la négociation des accords sur les changements climatiques, suite au Protocole de Kyoto postulat 2012, la France soutient l’adoption de mé­canismes financiers internationaux innovants permettant de lutter con­tre les émissions de carbone liées à la déforestation et la dégradation fo­restière. “La France qui se prépare à prendre la présidence de l’Union européenne entend jouer un rôle moteur en vue de l’adoption d’une position européenne ambitieuse dans la lutte contre la déforestation et les émissions de carbone qui en sont la conséquence, a déclaré Jean-Louis Borloo. Selon l’organisa­tion écologique Greenpeace, environ 20 milliards d’euros annuels seront nécessaires pour mettre un terme à la déforestation.

Les enjeux

Les forêts du bassin du Congo revêtent une importance majeure au niveau mondial. Elles couvrent plus de 172 millions d’hectares et consti­tuent le deuxième plus grand massif des forêts tropicales humides de la planète, après la forêt de l’Ama­zonie au Brésil. Elles s’étendent du Cameroun à la République démocra­tique du Congo, en passant par le Gabon, la République du Congo/Brazzaville, la République Centrafri­caine et la Guinée Equatoriale.

Elles sont essentiellement pour la survie d’espèces emblématiques très proches de l’homme comme les gorilles des montagnes, le bonobos, le chimpanzé. Pourtant, indique le pourcentage des étendues de forêts tro­picales humides encore intactes d’Afrique bénéficient du statut de Fo­rêts protégées.

La dynamique de la défores­tation

L’organisation écologique affirme qu’aujourd’hui, les forêts du bassin du Congo sont déjà victimes d’une exploitation forestière extensive, couvrant 50 millions d’hectares (presque la taille de la France). La République démocrati­que du Congo fait figure d’eldorado potentiel pour l’industrie forestière, car ses forêts constituent les deux tiers des forêts intactes de la région et sont encore relativement exploitées. Greenpeace poursuit que les chan­gements climatiques provoqués par l’accumulation dans l’atmosphère de gaz à effet de serre constituent la plus grande menace planétaire. Les émissions liées à la déforesta­tion représentent à elle seules 20% du total annuel mondial des émis­sions de CO2 liées à l’activité hu­maine.

La RDC déteint à elle seule 8% du carbone stocké dans les forêts vivantes au niveau mondial, c’est-à-­dire plus que n’importe quel autre pays d’Afrique, et le quatrième plus grand stock national de carbone fo­restier de la planète. Plus d’un quart du pays, environ 60 millions d’hecta­res, est toujours de grandes éten­dues intactes de forêts tropicales humides, a explique le responsable de la Campagne forêts de Greenpeace France, Grégoire Lejonc. Il a poursuivi en ajoutant: D’ici 2025, on estime que 40 pour cent des forêts de la RDC risquent de disparaître à cause de la déforesta­tion. Cette déforestation en RDC pourrait libérer juqu’ à 34,4 milliards de tonnes de CO2 soit l’équivalent.

Uni au cours des soixante dernières années

De l’avis de plusieurs observa­teurs, la visite de Joseph Kabila en France devrait, coup sûr, être l’oc­casion pour la France d’aider le gou­vernement et la Société civile con­golais à se restructurer de manière indépendante pour mener, de façon démocratique, la lutte contre la des­truction et la dégradation des forêts du bassin du Congo.

(Ern.)

Luc-Roger Mbala Bemba/L’Observateur

Publié dans L'AFRIQUE

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