Déclaration ADP n°14/08 concernant la coordination d'une rebellion par un leader de parti politique

Publié le par Olivier GABIRAULT

Sans porter de jugement sur les motivations personnelles du Président du FORUM POUR LA DEMOCRATIE ET LA MODERNITE (FODEM) quant à sa décision d’être coordonnateur d’un mouvement de rébellion armée, l’ADP (ALLIANCE POUR LA DEMOCRATIE ET LE PROGRES) rappelle  et fait observer ce qui suit :

Le 05 0ctobre 2007, au cours de la réunion de concertation présidée par le Chef de l’Etat au Palais de la Renaissance au sujet de la préparation du Dialogue Politique Inclusif, certains membres de  son entourage et du Gouvernement dont Monsieur Charles MASSI,  Président du FODEM, à l’époque Ministre d’Etat, s’étaient opposés aux quotas des partis politiques de l’Opposition Démocratique en insinuant qu’ils allaient s’ajouter à ceux des mouvements de rébellion armée pour mettre en minorité le régime à l’occasion du Dialogue Politique Inclusif.

Le Président National de l’ADP avait pris la parole pour réagir fermement à cette accusation indirecte, déclarant que personne du régime au pouvoir n’a de leçon de patriotisme, de civisme à faire à l’Opposition Démocratique et surtout à  son parti qui a attiré depuis le 25 octobre 2005 l’attention sur les conséquences prévisibles, devenues visibles d’une rébellion encore naissante à l’époque.

L’ADP estime que les faits lui donnent aujourd’hui raison sous tous les angles et est fière de sa lutte qui s’inscrit non seulement dans un esprit républicain pour la paix, l’unité nationale, la démocratie, le développement du pays, mais de ses objectifs qui ne varient pas en fonction  d’une manne quelconque ou des intempéries, car recherchant et défendant uniquement l’intérêt supérieur de la nation.

Dans un pays où l’accession au pouvoir ne s’est faite la plupart du temps que par les armes, sans préjuger des raisons certainement légitimes des mouvements de rébellion qu’ils auront l’occasion d’exposer au  cours du Dialogue Politique Inclusif  actuellement en préparation, et comme l’ADP l’a réaffirmé le14 mai 2008 à la réunion de l’UFVN (Union des Forces Vives de la Nation), les partis politiques régulièrement constitués pour assurer l’animation de la vie politique et  présentement ceux de l’opposition regroupés dans cette entité, devraient jouer un rôle d’arbitre dans la présente crise opposant le pouvoir à la rébellion, faire ramener la paix, l’unité nationale nécessaires à la reconstruction nationale et surtout assurer par leurs actes,  leurs comportements, la promotion de la démocratie en Centrafrique afin  que le pouvoir ne s’obtienne uniquement  que par des élections libres et transparentes.

Par ailleurs, comme l’ADP l’avait exprimé  le 10 mai 2006 dans le cadre de l’UFVN, la population ne faisant plus confiance aux leaders et aux partis politiques à juste raison à cause de la recherche systématique de leurs propres intérêts au détriment de ceux du plus grand nombre qui croupit dans une misère noire, la condition de sa participation ou du maintien de sa présence dans ce groupement est que tout cela change désormais fondamentalement.

Comme l’ADP l’a également posé comme condition à sa participation ou adhésion aux conclusions de la Rencontre de l’Opposition de Paris de décembre 2006, tout devrait se faire par le dialogue pour le règlement de la présente crise.

Pour tout ce qui précède et fidèle à ses idéaux de paix, d’unité nationale, de démocratie pour la reconstruction, le développement du pays, l’ADP condamne fermement :

-         Le recours aux armes à la fois comme moyen d’accession au pouvoir ou de pressions dans le cadre d’une concertation nationale devant être sereine

     pour la recherche des solutions aux graves problèmes de la République ;

-         Les considérations basées sur la haine, les rancoeurs personnelles en ce qui concerne les questions et la gestion de la vie de la nation ;

-         Le recul de la démocratie par le recours aux armes dès tout échec politique quelconque ;

-         La perturbation du climat politique centrafricain par de nouvelles dissensions de nature à compromettre ou retarder inutilement la tenue d’un Dialogue Politique Inclusif destiné justement à rechercher, dans l’intérêt supérieur du peuple, des solutions durables à une crise déjà existante.

-         Le silence prolongé du Chef de l’Etat, Ministre de la Défense Nationale au sujet de cette nouvelle situation, créée de surcroît par un officier supérieur de l’armée.

L’ADP exhorte tous les acteurs de la vie nationale à faire preuve d’un sens élevé de la patrie au moment où le pays doit être sauvé grâce à un dialogue franc et sincère de l’ensemble de ses enfants, et à  mettre de côté des  intérêts égoïstes ainsi que des divergences personnelles.

                                                                      Fait à BANGUI le 16 mai 2008

 

                                                             Le Président National

E .O. GABIRAULT

Publié dans LES COMMUNIQUES

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