Centrafrique : Le Dialogue Politique Inclusif débattra des grades illégaux selon Me H.POUZERE

Publié le par Le Confident

Les grades obtenus de manière illégale vont être débattus lors du dialogue politique et même enlevés, selon Henri Pouzère, Coordonnateur de l'Union des Forces Vives de la Nation (UFVN).

C'est au cours de la conférence de presse de l'UFVN, du 20 mai dernier, qui consiste à évaluer le processus du dialogue politique inclusif que l'idée a été émise. Répondant à la question sur le ralliement de Charles Massi, président de Forum pour la Démocratie et la Modernité (FODEM), Me Henri Pouzère a profité de l'occasion pour informer les hommes des médias de l'un des sujets retenus pour être débattus lors du prochain forum inter centrafricain. Ill s'agit des grades obtenus illégalement ou dont le processus d'attribution est contraire à l'esprit de la loi fondamentale.
Henri Pouzère, coordonnateur de l'UFVN, a déclaré qu'il est impossible qu'un militaire qui a choisi le domaine politique puisse continuer à bénéficier des promotions militaires. Il n'y a que les militaires de rang et qui continuent d'œuvrer en tant que militaires qui peuvent bénéficier des grades. Or, dans le cas qui préoccupe l'UFVN, pendant la période qui a suivi le soit disant sursaut patriotique, des officiers généraux et officiers des Forces Armées Centrafricaines (FACA) qui occupent des hautes fonctions politiques et/ou qui sont des leaders politiques ont bénéficié des grades militaires. Ces grades sont nuls et de nuls effets, a déclaré Henri Pouzère qui intervenait pour le compte de l'UFVN. Le dialogue politique inclusif devrait s'y pencher, a-t-il poursuivi.

En effet, il s'agit des grades de Général d'Armée pour François Bozizé, président de la République, Général de Corps d'Armée pour Timothée Maléndoma, président du parti politique Forum Civique (FC) et de grade de Colonel pour Charles Massi, président du parti politique Forum pour la Démocratie et la Modernité. L'attribution de ces grades s'est faite en dépit des dispositions de la loi fondamentale qui prévoit que tout militaire qui choisit de faire la politique doit enlever sa casquette. C'est-à-dire qu'étant leaders des partis politiques, ils ne peuvent bénéficier d'un grade supérieur. Mais nos dirigeants n'ont peut être pas été informés de ces dispositions de la Constitution du 24 décembre 2004. C'est ainsi qu'ils ont accepté ces grades.

Intérêts catégoriels contre l'intérêt général
 
Ce qui laisse perplexes les observateurs de la vie politique, c'est que pour le grade de Général d'Armée, c'est par mérite qu'on l' attribue au promu, mais il se l'est attribué. En ce début du 21e siècle où la démocratie est devenue le mode de gestion des affaires du pays, l'on continue de s'autoproclamer ou de s'attribuer un grade supérieur. En procédant de la sorte, la République Centrafricaine n'a-t-elle pas fait plusieurs pas en arrière où les despotes et tyrans s'attribuaient des titres et des grades selon leurs sentiments. Pour les autres cas, concernant Malendoma et Massi, ces promotions sont des récompenses du soutien et de la caution que les bénéficiaires avaient apporté à l'homme fort du 15 mars. D'aucuns se souviennent du discours tendancieux du leader du FC lorsqu'il proclamait haut et fort que la marionnette est désormais devenue le chef. Il s'agit également d'une exigence de nos leaders pour apporter un soutien au démocratiquement élu de 2005. Pour le public, il s'agit d'un acte qui consiste à acheter la conscience des uns et des autres pour renforcer sa position en vue de remporter les élections présidentielles de 2005. Mais le problème que ces attributions de grades posent concerne la violation de la Constitution du 27 décembre 2004, dont le principal acteur de ces grades est le même le géniteur. C'est dans ce sens que l'UFVN, qui pense que ces pratiques, si cela persiste, sont de nature à encourager les princes qui nous gouvernent à continuer de violer allègrement la Constitution sans être inquiétés !

En acceptant ces grades, nos dirigeants ont mis en avant leurs intérêts catégoriels par rapport à l'intérêt général qui doit faire partie de leurs préoccupations de tous les jours. Ces hommes politiques peu scrupuleux des sentiments de la population sont-ils dignes de représenter le peuple centrafricain ?

Jeudi 29 Mai 2008
Jérôme Modeste –P.

Publié dans ACTUALITES NATIONALES

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