Sécurité alimentaire mondiale au menu du sommet de la FAO à Rome

Publié le par L'Express

Face à la pression grandissante que fait peser la flambée des prix alimentaires sur les gouvernements du monde entier, 151 pays doivent participer de mardi à jeudi à la conférence de la FAO sur la sécurité alimentaire mondiale, à Rome.

L'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture, qui dépend des Nations unies, souhaite voir émerger de ce sommet des pistes pour soulager les pénuries qui frappent les régions les plus pauvres du monde et assurer une production agricole plus élevée et stable.

La conférence avait été programmée dès l'année dernière par le président de la FAO, Jacques Diouf, avant que la crise ne prenne son ampleur actuelle.

Le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, a annoncé l'allocation de 1,2 milliard de dollars en prêts et subventions pour les pays en proie à la flambée des prix de l'alimentation et du pétrole.

"Il est crucial de se concentrer sur des actions spécifiques", a-t-il déclaré. "Ce n'est pas comme avec le VIH/Sida, ou nous avons besoin d'une avancée scientifique. Là, nous savons ce qu'il faut faire."

La brutale hausse des matières premières alimentaires est liée à plusieurs facteurs, notamment de mauvaises récoltes, une baisse des réserves et une demande en hausse. La FAO s'attend à ce que les prix restent élevés pour au moins dix ans.

IMPACT DES BIOCARBURANTS

Selon Diouf, une quarantaine de chefs d'Etat ou de gouvernement devraient participer à la conférence de Rome.

Le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon sera présent, de même que les dirigeants français, espagnol, japonais, brésilien et argentin.

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad devrait également faire le déplacement, pour sa première visite en Europe occidentale en tant que chef d'Etat.

Des divisions ne devraient pas manquer d'apparaître entre les 151 pays représentés à divers niveaux, notamment au sujet du libre-échange, des biocarburants et des OGM.

"Les crises mondiales ne se résument pas à dire que telle chose est négative et telle autre positive", a déclaré Diouf à Reuters, à la question de savoir si la hausse de production des biocarburants serait critiquée lors de la conférence.

Les biocarburants, produits à partir de récoltes, sont souvent pointées du doigt pour leur rôle dans la flambée des prix.

"Ce qui est certain, c'est que le fait d'avoir détourné 100 millions de tonnes de céréales vers les biocarburants a eu un impact sur les prix alimentaires", a déclaré Diouf.

Il a souligné l'importance d'attribuer une aide aux populations les plus touchées, évoquant notamment des semences et des engrais pour les agriculteurs ainsi que des investissements dans le domaine agricole afin de garantir l'autosuffisance alimentaire des pays les plus pauvres.

Version française Gregory Schwartz

Publié dans LE MONDE

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