La mère d'un comédien d'Entre les murs, sans papiers, sous les projecteurs

Publié le par Le Point.fr

Les élèves-acteurs du film Entre les murs de Laurent Cantet, Palme d'or au Festival de Cannes, ont été accueillis, lundi, par des cris de joie dans leur établissement, le collège Françoise Dolto, 20e arrondissement de Paris. Mais si les 24 acteurs ont été récompensés par l'un des plus prestigieux prix du 7e art, c'est désormais la mère sans papiers de l'un des acteurs, nommé Boubakar, qui est sous les projecteurs.

D'origine malienne, Aissata, 48 ans, est en situation irrégulière tandis que son enfant, âgé de 16 ans, a la nationalité française. Mais son histoire a une chance de tourner au conte de fées : mercredi, elle aura rendez-vous à la préfecture de police en vue de sa régularisation. "Cet entretien est la conséquence directe du dossier qui a été déposé en novembre 2007 en vue de sa régularisation", précise au point.fr Nathalie Boissonnet, référente du Réseau éducation sans frontières (RESF) au collège Dolto. Et de confier : "On espère que le contexte particulier dans lequel nous nous trouvons jouera encore plus en sa faveur." D'autant plus que le réalisateur du film, Laurent Cantet, est engagé de tout coeur dans cette affaire, lui-même parrain de sans-papiers au collège Dolto. Néanmoins, ce dernier refuse de communiquer avant le rendez-vous d'Aissata, de crainte de se mettre la préfecture à dos et que tout tombe à l'eau. Autre préoccupation du réalisateur : ne pas mélanger le film et son engagement auprès des sans-papiers.

"Le film devait ressembler à la société tout entière"

Mais le succès de Entre les murs lève aussi le voile sur la situation du comédien prénommé Agam. Âgé de 17 ans, il craint de ne pas être régularisé lorsqu'il présentera son dossier à la préfecture à sa majorité, en octobre prochain. "Alors que l'ambiance était survoltée, un des élèves est venu se confier à moi pour m'expliquer sa situation et pour que je m'occupe de son dossier, rapporte encore au point.fr Nathalie Boissonnet. Néanmoins, comme il est né de parents titulaires d'une carte de résident de dix ans et qu'il est arrivé en France avant ses 13 ans, la préfecture de police ne devrait pas trouver d'obstacle à sa régularisation."

Interrogé à ce sujet, Jean-Claude Defaux, le principal du collège, refuse tout commentaire : "La seule chose qui m'intéresse est la participation des élèves au film", souligne-t-il.

Comme le suggérait le réalisateur du film Laurent Cantet, Entre les murs ressemble donc bien "à la société tout entière". Ce film "devait être multiple, foisonnant, complexe. Il devait y avoir aussi des frictions que le film ne cherchait pas à gommer", avait-il déclaré dimanche, entouré des 24 adolescents. Aujourd'hui, les propos de Laurent Cantet prennent un sens nouveau.

Publié dans SOCIETE

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