CAMEROUN - LUTTE CONTRE LA CORRUPTION : EXEMPLE OU ILLUSION ?

Publié le par afrique centrale info

Corruption : un bon début - 24/2/2006

Le président camerounais Paul Biya a limogé vendredi son ministre de l'Eau et de l'Energie Alphonse Siyam Siwé, soupçonné de corruption dans le cadre de ses anciennes fonctions de directeur général du port autonome de Douala (sud-ouest). Siyam Siwé, 53 ans, a été entendu cette semaine par les gendarmes dans le cadre d'une enquête ouverte par le parquet de Yaoundé pour des faits de corruption alors qu'il dirigeait le port autonome de Douala, a-t-on appris vendredi de source proche du dossier.
 
Selon certaines indiscrétions recueillies à Douala, le groupe Bolloré serait au centre de cette affaire. Si l’information est confirmée, c’est la deuxième fois en quinze jours que l’entreprise française aurait tenté d’acheter la complaisance de certains officiels africains.
 
On rappelle qu’au début du mois de février, l’état-major de Bolloré avait été mis en examen au Togo pour corruption active de magistrat dans le cadre d’un contentieux l’opposant au groupe espagnol de manutention Progosa. Les cadres inculpés avaient été contraints de déposer une forte caution
 
Le groupe Bolloré contrôle 100% du trafic conteneurs au port de Douala.
 
Le limogeage de  Siyam Siwé intervient trois jours après l'interpellation de trois anciens directeurs généraux d'entreprises publiques, inculpés mardi soir par un tribunal de Yaoundé pour corruption, détournement de fonds publics et faux et usage de faux, puis écroués.
 
Ces trois ex-directeurs généraux, Emmanuel Gérard Ondo Ndong du Fonds d'équipements intercommunal (Feicom), Gilles Roger Belinga de la Société immobilière du Cameroun (Sic) et Joseph Edou du Crédit foncier du Cameroun (CRC), sont actuellement détenus à la prison centrale de Kondengui à Yaoundé.
 
L'ancien directeur général de la société de développement du cacao (Sodecao) Joseph Ingwatt II et l'ex-inspecteur général du Crédit foncier du Cameroun (CFC) Dieudonné Nzoké, également maire d'Edea (200 km à l'ouest de Yaoundé), ont également été inculpés et écroués jeudi pour les mêmes délits, a-t-on par ailleurs appris vendredi de source proche de l'enquête.
 
Plus d'une dizaine de proches collaborateurs de ces personnalités ont eux aussi été inculpés et placés en détention ces derniers jours, a-t-on précisé de même source.
 
Les cinq anciens responsables figuraient tous parmi la vingtaine de présidents de conseil d'administration ou directeurs généraux d'entreprises publiques camerounaises limogés fin janvier par décrets présidentiels.
 
Classé par l'organisation non-gouvernementale Transparency International (TI) dans le peloton de tête des pays les plus corrompus au monde, le Cameroun tente depuis plusieurs mois de redorer son image en multipliant les initiatives pour lutter contre ce fléau.
 
Lors de ses voeux du 31 décembre, le président Biya avait sommé ses ministres de faire preuve de plus de "fermeté" et de "détermination" dans la lutte contre la corruption

Publié dans L'AFRIQUE

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