CENTRAFRIQUE - CRIMES DE KEMBE / PAOUA : LE DERNIER MOT REVIENT TOUJOURS AU PEUPLE

Publié le par LE CONFIDENT

LES CRIMES DE KEMBE AUX OUBLIETTES


 


Qui s'assemble se ressemble. Telle est la maxime qui nous permet de qualifier au mieux les Présidents Patassé et son tombeur le Général Bozizé. Comme s'ils étaient tous les deux sortis des mêmes entrailles puisque ayant des méthodes de gestions similaires. Les Présidents Patassé et Bozizé, tous, militants inconditionnels du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), allaient se séparer à cause des intérêts divergents mais, conservent de ce fait les mêmes manières d'agir.

En effet, on ne dira jamais assez de l'impunité avec tous ses corollaires qui ont élu domicile en République Centrafricaine où, certaines autorités politiques proches du soleil, jouissent tacitement de l'immunité que leur accordent souvent ses Présidents. C'est le cas des crimes de Kembé en l'an 2000 qui semblent-ils sont déjà envoyés aux oubliettes.

Le Tribunal Militaire Permanent qui s'était saisi du dossier s'est uniquement focalisé sur le cas des officiers qui ont mis à exécution cette mission sans pour autant se pencher sur celui des autorités politiques et militaires, commanditaires de ces évènements crapuleux.
 
Pour mémoire, il vous souviendra que le lieutenant Martin Gbodo, le maréchal de logis Apollinaire Ondet, commandant de brigade de Kembé à l'époque ainsi que quelques militants du Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC) qui avaient été accusés d'avoir organisé des mouvements de déstabilisation du régime de Patassé ont été tués par les forces de défense et de sécurité.
 
 Cette affaire, rappelons le avait fait couler beaucoup d'encre et de salive lors de la session criminelle de 2002 où, les juges ont en vain tenté de repartir les différentes responsabilités. Il s'en était suivi une répression anarchique et barbare exécutée par certains officiers sur commandement de l'autorité légitime.

Quand bien même les textes constitutionnels de notre pays prévoient la présomption d'innocence à tout individu jusqu'à ce que sa culpabilité soit établie à l'issue d'un procès équitable lui offrant toutes les garanties nécessaires à sa défense, ces textes ont été violés par ces Présidents qui ont pourtant solennellement prêté serment qu'il les respecteront.
 
Aujourd'hui, force est de constater que l'histoire n'enseigne jamais en Centrafrique car, depuis le 29 janvier 2006, la ville de Paoua est encore une fois de plus le théâtre de ces tueries organisées et instrumentalisées par les forces de défense et de sécurité. Cette pratique qui ressemble à une épuration ethnique doublée d'un esprit revanchard de la part de Bozizé qui y a fait un très mauvais score lors des élections présidentielles et législatives de mars et mai 2005, est digne d'un Etat barbare.
 
La recrudescence de cette nouvelle forme de justice populaire doit interpeller les autorités politiques de notre pays qui légalisent l'impunité et cherchent par tous les moyens à politiser l'appareil judiciaire.
Et comme nous avons affaire à des hommes politiques inconscients et ourdi par la seule défense de leurs intérêts égoïstes et partisans, ils finiront toujours par se faire rattraper leur passé sombre.
Somme toute, Patassé et Bozizé, c'est bonnet blanc, blanc bonnet.
Vendredi 24 Février 2006
Fleury - K
LE CONFIDENT.NET

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