CENTRAFRIQUE - "COUPEURS DE ROUTE" : LES ANTI –ZARAGUINAS MULTIPLIENT LES ACTES DE BRAVOURE

Publié le par Le Confident

Le village Toulé est situé à 50 km de Bozoum sur l'axe Bocaranga. Isolés, les habitants de ce village sont constamment la cible des bandits de grand chemin qui investissent les régions de l'Ouham- Pendé, de l'Ouham, de la Nana-Mambéré, de l'Ombella- M'Poko et de la Lobaye en en saison sèche. Pour la sécurité du village Toulé, les jeunes ont pris la ferme résolution de s'organiser en système d'autodéfense.

Ainsi, la semaine dernière, les éléments d'autodéfense de Toulé ont pris la ferme résolution de déloger un groupe de bandits qui écument la zone. Armés de leur courage, les jeunes de Toulé ont décidé d'organiser un ratissage à leur manière. Entrés en brousse, ils ont marché près de 20 km et ont découvert un campement où se réfugient les bandits de grand chemin après leurs forfaits. Bien embusqués, les éléments d'autodéfense ont ouvert le feu, surprenant les malfrats, qui semblaient désemparés car ils ne s'attendaient pas à une offensive aussi fulgurante.

Les bandits croyaient avoir affaire à l'armée régulière par le dispositif d'attaque et l'intensité des tirs. Se sentant acculés, les bandits de grand chemin ont préféré décamper, abandonnant derrière eux deux cadavres, deux fusils de marque AK 47 et cinq chargeurs vides qui ont été récupérés par les éléments d'autodéfense du Toulé.

Parmi les deux victimes abattues lors des échanges de tirs figure le célébrissime chef des coupeurs de route qui écument la région, surnommé Abba Rafal. La seconde victime, plus jeune est Oumar Hassan, d'identité établie au Tchad. Agé de 25 ans, il est né selon les indications recueillies sur sa carte d'identité le 1er Janvier 1983, à Moïs-sala, berger de son état, il s'est fait enrôler parmi les coupeurs de route, profession qu'il a peut-être jugée plus juteuse que celle d'un '''ganako'', mais qui comporte aussi des risques puisqu'il y a laissé sa vie.

Depuis l'enlèvement des médecins et agents de santé ainsi que le lâche assassinat du maire de la ville de Koui, les jeunes de l'Ouham Pendé et les antizaraguinas de la Nana Mambéré ont décidé de mieux s'organiser pour assurer leur propre défense; les forces de défense et de sécurité ne pouvant pas le faire pour eux. Les anti-zaraguinas ont doublé de vigilance et multiplient leurs arsenaux de flèches et de lances empoisonnées. Les villageois ont construit leurs propres groupes d'autodéfense pour assurer la sécurité des populations.

Les groupements villageois en ont assez de vivre dans la psychose continuelle d'attaques des bandits armés.

Récemment, à la suite de l'assassinat d'un instituteur dans la Nana Mambéré, les antizaraguinas, révoltés par cet acte, qui a privé leurs enfants d'école s'en sont pris à des coupeurs de route dont ils ont abattu quelques-uns. Comme le proclamait Charles Pasqua, un ancien ministre français de l'Intérieur: ‘‘Il faut terroriser les terroristes''. Cette expression a tout son sens quand on sait que si la société oppose une farouche résistance aux terroristes, ils sont contraints dans leur dernier retranchement.

Mais l'identité de ces bandits de grand chemin révèle que le malheur des Centrafricains vient d'ailleurs et qu'il faut un acte de bravoure pour mettre fin à ce mal. Cette histoire remet sur la table les débats sur l'insécurité galopante dans les villes de l'arrière pays.

Comment comprendre que les forces de défense ne peuvent pas venir à bout de ces bandits malgré les moyens à leurs disposition et que les villageois avec leurs flèches et lances parviennent à mettre en débandade ces bandits?

L'incapacité des forces de défense et de sécurité ressemble à une complicité de ces dernières à entretenir cette situation, pour quelle raison, on ne sait. Il y a de quoi réfléchir par trois fois sur cette histoire qui ressemble à un conte de fées.

Un pays qui ne peut pas assurer la sécurité de ses frontières et de sa population est un Etat qui ne connaîtra jamais la paix, quel que soit le nombre d'éléments de sécurité qu'il aligne et les ressources dont il dispose. La sécurité est la condition essentielle de tout développement et chaque pays doit assurer la sécurité de ses populations et biens pour l'épanouissement de son peuple.

Les jeunes de l'Ouham- Pendé, constitués en autodéfense et les antizaraguinas de la région ont finalement compris la leçon. S'ils se croisent les bras, en comptant sur les forces de défense et de sécurité, la vie des villages sera insoutenable. Alors, ils ont décidé de prendre leur sécurité, leur destinée en main, en épousant le principe de : ‘‘Aide-toi, le ciel d'aidera''.

Mercredi 07 Mai 2008
Tarcisuis Kpenglouvo

Publié dans ACTUALITES NATIONALES

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