Democratie : Manipulations électorales au Zimbabwe et en France

Publié le par Tribune de Genève

La démocratie est un idéal. En pratique les choses sont beaucoup plus compliquées. La volonté populaire ne peut pas toujours s’exprimer correctement. A Singapour les électeurs ne sont informés que des positions du gouvernement car il n’y a pas de liberté de la presse. Au Zimbabwe les résultats défavorables ne sont pas publiés. En Floride, tous les bulletins ne sont pas comptés. En France, les dissidences organisées, les candidatures opportunes et les pactes secrets entre partis « opposés » permettent à certains de s’affranchir de l’incertitude de la souveraineté populaire.

Jean Pierre Raffarin a fait un pas supplémentaire vers la dictature la semaine dernière (Cf article du figaro en lien). Il a proposé une réforme du mode de scrutin des régionales de 2010 qui permettrait à un parti minoritaire de remporter la majorité des sièges en s’affranchissant des contraintes des autres points de vue. Il a proposé une proportionnelle à prime majoritaire à un tour. Ce mode de scrutin permettrait à une UMP (ou un PS) de pouvoir contrôler les régions avec seulement 35% des voix. La France se rapprocherait de la situation démocratique du Zimbabwe avec les exécutions physiques des opposants en moins.

« Il faut dégager des majorités » est le leitmotiv de Raffarin. M. Raffarin déplore le manque de réserves de voix au second tour. Il craint que l’année suivante les Assemblée Régionales ne soient ingouvernables – faute pour l’UMP ou le PS de savoir fédérer. Dégager des majorités, certes, mais ces majorités doivent être des majorités populaires et pas des majorités factices. C’est la condition de l’efficacité dans une démocratie.

Dégager des majorités doit se faire par l’écoute et le respect des idées de chacun et pas en niant la volonté populaire des électeurs. M. Raffarin ne se rend même plus compte que la prochaine étape de son raisonnement c’est de supprimer totalement les élections, la seule manière de garantir totalement les majorités quelques soient les avis des électeurs.

François Fillon est lui favorable personnellement au mode de scrutin proportionnel. S’il ne suit pas son point de vue « personnel » alors il reviendra aux électeurs de rappeler qui est le souverain en France !

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