Brésil : Il faut équilibrer biocarburants et sécurité alimentaire

Publié le par Romandie News

SAO PAULO - Une délégation de sénateurs français, qui termine au Brésil une mission d'information, s'est dite impressionnée par l'industrie brésilienne des biocarburants, mais a souligné que l'Europe devait aussi prendre en compte le besoin de garantir la sécurité alimentaire.

"Nous avons rencontré la ferme du monde, un pays dont le dynamisme nous a fortement impressionnés", a dit à la presse Jean Arthuis, président (centriste) de la Commission des Finances du Sénat qui a dirigé cette mission de six jours.

Le Brésil est un des premiers exportateurs mondiaux de viande de boeuf, de poulet, de soja ou de jus d'orange. Il est aussi le deuxième exportateur mondial de biocarburants, qu'il fabrique à partir de la canne à sucre, après les Etats-Unis.

Le rapporteur de la mission de onze sénateurs, Philippe Marini (UMP), a ainsi affirmé que la délégation avait été "frappée par ces distilleries qui peuvent, selon les cours du marché, produire plus de sucre ou plus d'éthanol."

Il a ajouté que la mission avait également été frappée par la possibilité donnée par les constructeurs automobiles "de choisir entre un carburant et un autre carburant". Toutes les voitures neuves mises en circulation au Brésil fonctionnent indifférement à l'éthanol ou à l'essence.

"Il y a certainement des voies à emprunter pour mettre ces technologies nouvelles maîtrisées au service de nombre de pays qui aujourd'hui sont confrontés à la famine ou une insuffisance alimentaire", a estimé M. Arthuis.

Les biocarburants, encore récemment privilégiés dans la lutte contre le réchauffement climatique, sont aujourd'hui soupçonnés d'aggraver la crise alimentaire mondiale à l'origine de troubles violents dans certains pays pauvres.

M. Arthuis a blâmé la spéculation plutôt que les biocarburants dans la flambée des prix alimentaires.

"Aujourd'hui, il y a une spéculation, qui fait qu'on ne sait plus très bien où est la tendance de fond", a souligné l'ancien ministre des Finances.

Pour M. Arthuis, il faut équilibrer production d'éthanol et sécurité alimentaire. "Ceci nous oblige forcément de prévoir un certain nombre de mécanismes et de régulations en Europe et en France" afin "d'assurer la sécurité alimentaire", a-t-il dit.

Publié dans ECONOMIE

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