Droits de l'Homme : Les députés européens font pression sur le Zimbabwe, l'Iran et le Tchad

Publié le par Fenêtre sur l'Europe

Le Parlement européen a adopté hier trois résolutions sur les droits de l'homme dans lesquelles il demande au Zimbabwe de publier immédiatement les résultats des élections, met en évidence les questions des droits des femmes et du nombre d'exécutions en Iran et enfin, appelle au dialogue entre le gouvernement et les groupes rebelles au Tchad.
Le 14 avril dernier, la Haute Cour du Zimbabwe a rejeté une requête urgente du groupe d'opposition – le Mouvement pour le changement démocratique – demandant la publication immédiate des résultats de l'élection présidentielle.

Alors que les résultats des élections présidentielle et parlementaire n'ont pas encore été rendus publics, les députés européens insistent pour que "les souhaits démocratiques du peuple zimbabwéen soient respectés" et invitent "la commission électorale à publier immédiatement tous les résultats originaux des élections, les retards étant désormais source d'anxiété et de spéculation, ce qui est préjudiciable à la paix, à la stabilité politique et aux perspectives démocratiques du Zimbabwe".

Condamnant les violences politiques et violations des droits de l'homme à l'encontre des partisans et des partis d'opposition, ils appellent le gouvernement zimbabwéen à respecter les engagements pris dans le cadre du traité de la Communauté de développement de l'Afrique australe (CDAA), de l'Union Africaine, de la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples et du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique.

Dans une autre résolution sur l'Iran, le Parlement déplore la détérioration de la situation des droits de l'homme dans le pays, notamment la forte augmentation du nombre d'exécutions mais se félicite de la libération d'une militante des droits des femmes et d'une autre Iranienne condamnée à mort pour adultère. La résolution votée hier mentionne le rôle du Guide suprême et du Chef du pouvoir judiciaire dans ces décisions. Le Parlement iranien est invité à maintenir la dynamique de réforme du code pénal.

Toutefois, la résolution condamne la répression menée contre les mouvements de la société civile en Iran, y compris les défenseurs des droits des femmes, à l'instar de ceux qui participent à la campagne "Un million de signatures". Les autorités iraniennes "sont instamment invitées à mettre un terme au harcèlement, à l'intimidation et à la persécution de ceux qui exercent pacifiquement leurs droits à la liberté d'expression, d'association et de rassemblement et à relâcher immédiatement et sans condition tous les prisonniers d'opinion".

En outre, le Parlement européen "réitère sa ferme condamnation de la peine de mort en général, demande un moratoire immédiat sur les exécutions en Iran et est horrifié par le fait que ce pays continue à avoir le nombre le plus élevé d'exécutions d'enfants délinquants dans le monde et que le moratoire sur la lapidation n'est pas totalement mis en œuvre".

Les directives récemment publiées par le chef du pouvoir judiciaire, M. Shahroudi, relatives à l'interdiction des exécutions publiques sans autorisation préalable et aux détentions de longue durée sans motif; représentent une lueur d'espoir.

Les députés appellent les membres du Majlis nouvellement élus à adopter rapidement la réforme attendue du code pénal iranien, dans le but, notamment, d'abolir la lapidation et les exécutions de délinquants mineurs ainsi que d'avancer sur la voie d'un moratoire sur la peine de mort.

La résolution du Parlement sur le Tchad, adoptée par 50 voix pour, 1 contre et 5 abstentions, met en lumière l'ampleur des problèmes auxquels est confronté le pays, avec des troubles politiques internes ainsi que d'un afflux massif de réfugiés des pays voisins. Les députés appellent au dialogue entre le gouvernement et les groupes rebelles et exhorte la communauté internationale à renforcer son aide au Tchad.

Il ya plus de 250 000 réfugiés soudanais dans l'Est du Tchad, plus de 57 000 réfugiés en provenance de la République centrafricaine et 180 000 personnes déplacées. Le gouvernement, qui doit faire face à des groupes rebelles (l'un d'entre eux est brièvement pénétré dans la capitale, N'Djamena, en février), est lui-même accusé d'avoir perpétré des atteintes aux droits de l'homme.

La résolution condamne les persécutions et les arrestations arbitraires d'hommes politiques et de journalistes de l'opposition; demande au gouvernement tchadien de clarifier la situation de tous les hommes politiques ou journalistes d'opposition encore emprisonnés et met en lumière le cas du leader de l'opposition Ibni Oumar Mahamat Saleh dont on reste sans nouvelles depuis son arrestation le 3 février 2008.

Les députés européens réaffirment enfin qu'un dialogue inter-tchadien effectif et complet entre toutes les parties doit être engagé aussitôt que possible et soulignent l'importance d'intégrer les groupes rebelles dans le processus politique.

Ils reconnaissent l'utilité de la mission PESD EUFOR Tchad-Centrafrique pour garantir, avec impartialité et dans la plus stricte neutralité, la sécurité des camps de réfugiés et de déplacés ainsi que des organisations humanitaires. Toutefois, le Parlement "regrette que, en termes de composition de troupes, l'EUFOR ne reflète pas suffisamment la diversité de l'Union européenne, et invite les États membres qui ne l'ont pas encore fait à contribuer à fournir les troupes nécessaires et du matériel ".

Publié dans DROITS DE L'HOMME

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